Archive pour la catégorie ‘Timur Ridjanovic’
Un petit tour au Cambodge
J’etais assis bien peinard sur un banc, dans une position frolant le contortionnisme, avec mes genoux pointant vers la diagonale gauche. Bizarre direz-vous? Dans un autobus ou tous les gens semblaient parfaitement confortable, je peux seulement dire que le manque d’espace est relatif. Si je mesurais moins de six pieds, je dirais probablement que la distance entre chaque siege etait parfaitement adequate. Cependant, je dois avouer qu’avec ma grandeur, peu commune en Asie du Sud-Est, 10 heures d’autobus peuvent se reveler une epreuve d’endurance assez intense. Apres avoir endure une douleur pointue dans les genoux et dans les fesses, l’autobus s’est finalement arrete peu apres la frontiere dans une petite ville du nom de Poipet. Une journee et une nuit dans cette ville etaient requises avant de poursuivre la route vers Phnom Penh, la capitale du Cambodge. J’etais visiblement le seul touriste, du moins le seul touriste blanc, dans cette ville. Pour la premiere fois de ma vie, tous les regards se poserent sur moi en raison de la couleur de ma peau. Heureusement pour moi, l’accueil etait plus que chaleureux. Les enfants riaient et me disaient “hello, hello”, les filles ricanaient en groupes et les hommes me regardaient avec un leger sourire, avec un air de curiosite. Toute cette attention etait definitivement une experience inconnue pour moi jusqu’a ce moment la. Meme a Mae Sot, en Thailande, ou il y avait tres peu de touristes, les gens ne semblaient pas autant curieux de voir un blanc. Il faut le dire, c’etait assez special a vivre.
Arrive a Phnom Penh, le temps commencait a presser. Tout comme mon collegue Guillaume, il me restait deux reportages a faire et la tache s’est averee beaucoup plus difficile que ce que l’on peut imaginer. Il me restait un reportage a faire sur la sante maternelle et un reportage dont le sujet m’etait libre de choix. Pour mon topo libre, j’ai finalement choisi de le faire sur un sujet assez difficile a digerer: le trafic humain. Dans un des pays les plus pauvres de l’Asie du Sud-Est, vendre un enfant peut s’averer une solution profitable pour ceux qui luttent pour survivre. Comme je l’explique dans mon reportage, plus d’un tiers de la population vit avec moins d’un dollar par jour au Cambodge. Sur 1000 enfants nes au pays, 143 n’atteindront pas l’age de cinq ans. Lorsqu’un membre de la famille tombe malade ou qu’il ne reste plus rien a manger, certains parents decident de vendre leurs enfants a un prostituteur local, une boue de secour bien troublante. Il arrive meme que les trafiqueurs viennent directement voir les parents afin de les persuader de vendre leurs filles. D’autres fois, ils font des prets, laissant les familles endettees et forcees a vendre un enfant.
C’est assez difficile d’avoir des chiffres exacts, mais des estimations qui m’ont ete fournies par Oxfam Quebec, suggerent qu’il y a entre 30 000 et 100 000 femmes et enfants victimes de trafic humain au Cambodge. Environ le tiers de ce nombre total sont des Vietnamiennes, apparamment preferees par les prostituteurs locaux en raison de la blancheur de leur peau comparativement a celle des Khmers. Souvent, elles sont recrutees avec de fausses promesses de meilleurs emplois ou d’un futur meilleur. Je suis alle visiter un taudis d’une communaute vietnamienne a Phnom Penh, le village Psa Touch. Riverkids, une ONG supporte par Oxfam Quebec, concentre ses efforts dans ce petit village ou les jeunes sont a haut risque d’esclavage sexuel. Le taux de chomage est tres eleve et le taux d’education tres bas. On y retrouve plusieurs problemes sociaux comme la pedophilie, la violence domestique, la toxicomanie, la dependance aux jeux d’argents, etc. Riverkids tente d’implanter plusieurs programmes de prevention. Ils fournissent des formations a vocation professionnelle et organisent des ateliers educatifs expliquant les impacts du trafic humain aux enfants et aux parents. Si les enfants developpent des competences leur permettant de gagner un salaire, ils peuvent contribuer aux finances de leurs parents. Ainsi, ces derniers seront moins portes a les vendre.
Les ONGs que j’ai contactees oeuvraient majoritairement dans la prevention. Il est extremement complique d’obtenir une permission pour interviewer des gens travaillant pour des ONGs impliquees directement avec les victimes, soit pour des raisons ethiques, soit pour des raisons de securite. De plus, je me suis dit que j’etais peut-etre mieux de rester dans la prevention etant donne la lourdeur du sujet.
Je pense qu’il est aussi important de mentionner que la prostitution et le trafic humain ont atteint leur apogee avec l’arriver de UNTAC en 1992, en mission de la paix au Cambodge. Plusieurs accusations suggerent que la presence de 22 000 soldats de l’ONU auraient considerablement augmente le nombre de prostitues et de bordels dans le pays. Selon Refugees International, le nombre de prostitues aurait augmente de 6000 a 25 000 entre 1992 et 1993, accompagne d’une hausse du taux d’infections au VIH. Ces accusations sont assez troublantes vu la nature de la mission de ces soldats. Toujours selon Refugees International, plusieurs Cambodgiens se sont plaints des comportements du personnel d’UNTAC: consommation d’alcool et association avec des prostitues. Le representant special du Secretaire general, Yasushi Akashi a replique: “Boys will be boys”. Aucune sanction disciplinaire n’a ete prononcee.
Maintenir la paix c’est bien beau, mais a quel prix?
Pain baguette, drogues et developpement
Les restaurants comme La Terasse et Le Provencal et les rues avec des noms francais comme la rue Francois Ngin, nous rapelle que le Laos est une vieille colonie francaise. D’ailleurs, il est meme possible de parler en francais avec les generations plus agees et d’acheter du pain baguette a plusieurs coins de rue.
Le Laos vit au rythme du Mekong, donc avec douceur et sans stress. Les gens sont gentils et sourrient beaucoup, tout comme en Thailande. Toutefois, les chauffeurs de tuk tuk semblent avoir une plus grande determination encore a vendre quelque chose, du moins d’apres mon observation. Dire “non” au tour de tuk tuk amene generalement a une tentative de vente de drogue ou bien de seances de massage. En effet, il y a quelques annees, le Laos etait le 3e plus grand producteur d’opium dans le monde. Aujourd’hui la production de l’opium et le nombre de toxicomanes ont grandement baisses a cause d’une lutte gouvernementale contre la culture du pavot a opium. Toutefois, on ne peut esperer d’un des pays les plus pauvres en Asie du Sud-Est et des moins developpes du monde de venir a bout, tout seul, de ce probleme. Comme j’ai pu en temoigner, la consommation de drogue reste toujours tres presente a Vientiane, la capitale du Laos.
C’est dans le but de faire un reportage sur le 8e objectif du millenaire: Etablir un partenariat mondial pour le developpement, que je suis alle a Vientiane. Deux entrevues avec deux employes de la Banque Mondiale, une entrevue avec un employe de l’UNDP et une entrevue avec une activiste independante m’ont permis d’avoir plusieurs perspectives differentes sur le sujet.
D’un cote, il semble y avoir eu beaucoup de progres en termes de developpement. Le Laos se situe dans une region dynamique ou plusieurs pays ont une economie en expansion, ce qui doit considerablement aider a reduire le taux de pauvrete. Il y a environ 3 ans, les routes principales etaient bosselees et les routes secondaires faites en terre battue. Ca prenait plus d’une heure se rendre a Vientiane apres avoir traverse la frontiere. Aujourd’hui, le meme chemin se fait en vingt minutes. C’est ce que Cayentano Casado, recherchiste et analyste pour la Banque Mondiale m’a explique. De plus, des progres notables ont ete remarques en ce qui concerne la mortalite infantile et la sante maternelle, meme si le chemin qui reste a faire est encore bien long. Effectivement, la mortalite maternelle est encore la plus elevee du Sud-Est asiatique apres le Cambodge.
D’un autre cote, les relations entre les ONGs et les autorites sont d’autant plus complexes qu’il y a de corruption. Un employe de la Banque Mondiale m’a partage qu’on peut meme qualifier “d’immoral” pour un officier de ne pas aider sa famille en utilisant les fonds publics. En Occident, on voit ca comme de la corruption. Semblerait-il que c’est tout ce qui a de plus normal au Laos. Effectivement, c’est un probleme des plus complexes quand on veut etablir un partenariat mondial pour le developpement.
Mon entrevue avec une activiste independante a egalement ete interessante. Elle a voulu garder son anonymat pour des raisons de securite. D’ailleurs si j’ai pu remarquer une difference entre la Thailande et le Laos, c’est que les gens au Laos ont beaucoup plus peur de se faire filmer qu’en Thailande. Si on parle mal contre le gouvernement ou qu’on parle tout simplement de sujets qui ne flattent pas l’image du Laos, il est possible de perdre son emploi ou de subir d’autres consequences non desirees. J’imagine que c’est pour ces raisons que les gens n’apprecient pas toujours de se faire filmer. Comparativement en Thailande, ou les gens me remerciaient presque lorsque je sortais ma camera, la difference etait assez flagrante.
Donc, pour en revenir a l’entrevue, parce qu’elle ne voulait pas etre “politically correct” et qu’elle voulait reellement dire ce qu’elle pensait, en ce qui concerne la situation du Laos en termes de developpement, l’activiste independante a desire rester dans l’anonymat. Pour elle, ce qui est le plus urgent n’est pas necessairement l’aspect economique du pays, mais bien tout ce qui touche le social et les droits humains. Bien sur, elle considere que le developpement economique est important, mais elle pense que celui ci ne sert a rien si les droits humains fondamentaux et les lois du pays ne sont pas respectes. Construire des routes c’est important, mais il y a trop peu d’investisseurs “progressistes” qui sont pret a donner de l’argent afin de reduire les problemes sociaux. De plus, les fermiers vivent constamment dans la peur de perdre leurs terres, me confit-elle. Les titres de propriete et les taxes payes sur les terres ne veulent apparamment rien dire. Pour elle, les objectifs du millenaire, sur papier c’est un beau reve. On lit la theorie et on dort bien la nuit. Mais lorsque vient le temps d’implanter les nouveaux programmes, elle dit que les organisations veulent tous garder leurs propres philosophies et leurs propres methodologies. En bref, si on ecoute cette activiste, la cooperation entre les organisations n’est pas tres fameuse.
Egalement, les experts etrangers peuvent venir et offrir leur aide. Cependant, sans vraiment developper les capacites du gouvernement, l’aide international n’est que provisoire. Par exemple, depuis 1999, une nouvelle politique gouvernementale a ete enclenchee afin d’arreter la production de l’opium. Pour cette raison, plusieurs fermiers ont du abandonner leurs pratiques traditionnelles d’agriculture. Afin de s’adapter a cette nouvelle situation, ces fermiers avaient besoin de beaucoup de support, mais plusieurs d’entres eux n’ont pas recus les sommes qu’ils etaient supposees recevoir a cause d’un manque de transparence gouvernementale.
Toutes ces discussions me font comprendre a quel point le developpement est une tache ardue. Sur papier, c’est bien beau, mais qu’en est-il dans la vraie vie?
Les enfants de la rue
26 juin 2008
Pour 2$ canadiens, j’ai reussi a nourrir 6 enfants de la rue. Pour seulement 2$… ll faut dire que c’etait dans un restaurant assez « souterrain ». Il etait situe dans une allee sombre; il n’y avait aucun signe, aucun menu et aucune decoration a part les 2 tables et quelques chaises en plastiques. Le plancher n’etait pas termine et les murs auraient bien pu recevoir quelques coups de peinture. Vous pouvez constater que ce n’est pas la casa grecque, mais au moins on n’a pas besoin de reserver! C’est ces enfants de la « rue » qui m’ont amenes la bas lorsque j’ai accepte de leur payer quelque chose a manger.
Afin d’effectuer un reportage, j’etais de retour a Mae Sot, ou on peut trouver plusieurs enfants qui mendient dans la rue. Ils errent autour des marches dans l’espoir de trouver soit de la nourriture, soit du plastique, du carton ou d’autres materiaux recyclables qu’ils echangent pour quelques sous. La nuit, ils dorment sous ce qu’ils peuvent trouver: des planches de bois, des boites en carton, etc.
Mes parents viennent de Sarajevo, la capitale de la Bosnie, ou on peut egalement trouver plusieurs enfants qui mendient dans les rues, la plupart d’eux des Tsiganes (Gitans). N’importe qui qui habite dans une region ou il y a plusieurs mendiants vous dira qu’apres quelques jours, ou memes quelques heures, on developpe rapidement une resistance a l’envie de donner. Certains d’entres eux montent meme des scenarios fictifs pour inciter les gens a donner de l’argent par pitie. Je me souviens avoir vu assez souvent, a Sarajevo, une femme qui pleurait agenouillee sur son enfant qui faisait semblant de mourrir. La premiere fois, c’etait assez traumatisant a voir, mais quand on decouvre qu’elle fait la meme chose plusieurs fois chaque jour, on commence a developper des doutes sur la veracite de son acte.
Ce phenomene n’echappe pas la Thailande ; il y a des petits enfants partout qui essaient de vendre des fleurs ou des colliers aux touristes. Toutefois, lorsqu’on donne de l’argent a des enfants de la rue, on ne sait jamais a qui l’argent va reellement et pour quelles raisons. La plupart du temps, leur donner de l’argent les eloigne des services sociaux auxquelles ils pourraient avoir acces. Cela les encourage a rester dans la rue, hors de l’ecole, et a continuer a mendier ou a vendre toutes sortes de choses. C’est pour ces diverses raisons que je prefere acheter de la nourriture aux enfants plutot que de leur donner de l’argent.
Mes repas coutent habituellement beaucoup plus cher que ce que j’ai paye aux enfants. C’est surement parce qu’en tant qu’occidental, je suis habitue a plus de variete. Meme si l’idee de manger que du riz, des patates et un peu de legumes 3 fois par jour ne me semble pas etre si deplaisant que ca, je ne suis pas autant desespere a epargner de l’argent. C’est pourquoi j’opte pour les restaurants qui ont des menus.
Ce jour la, j’etais en compagnie de Cya, une Thailandaise qui travaillle pour Compasio (une ONG fondee par Allan Brown. Voir post precedent pour plus de details). Je l’ai rencontre lorsque je suis alle visiter une des maisons dont Allan et sa femme ont achetee pour quelques enfants qui autrefois dormaient dans la rue. Allan m’a raconte qu’Aisha et son petit frere Ali l’avaient approches lorsqu’il etait avec Cya dans un restaurant. Aisha, une fille d’environ 12 ans, quetait un peu d’argent pendant qu’Ali, age d’environ 1 an et demi, n’etait pas loin, accroupi entrain de faire « ses besoins » dans la rue. Aisha et Ali avaient une famille, mais ils dormaient dans la rue assez souvent car ils etaient terrifies de rentrer chez eux les jours ou ils n’amassaient pas assez d’argent, en raison des punitions corporelles qu’ils recevaient. Lorsque Cya a vu la peur dans les yeux des enfants, elle a decide de les heberger chez eux pour la nuit en attendant de trouver une solution a plus long terme. Plusieurs jours plus tard, elle a reussi a obtenir une permission de garde, et c’est a ce moment qu’Allan et sa femme ont achete une maison a Mae Sot pour les heberger de facon permanente. Cette maison abrite maintenant 6 enfants. Comme j’ai mentionne dans le post precedent, Compasio tente de procurer un abri secure, de la nourriture, une education et, comme Allan le dit si bien, surtout de l’amour pour les enfants qui sont consideres a « risque ».
Lorsque je suis alle visiter cette maison, ce qui m’a le plus frappe, c’est l’affection que les enfants demontraient, meme envers moi, un etranger total. Aisha est venue vers moi et m’a embrasse en me remerciant. « Thank you, thank you » qu’elle disait, toute fiere des quelques mots anglais qu’elle savait prononcer. J’imagine qu’elle pensait que j’etais un ami d’Allan et que je meritais de me faire remercier pour ce qu’il faisait pour eux. Allan m’a confie que le comportement des enfants a drastiquement change en quelques jours. Au debut, ils etaient tous effrayes et ne sourriaient pas, mais a ce moment la, je les voyais sauter partout, jouer entres eux et avec les enfants d’Allan, et rire a haute voix.
Aisha et son petit frere Ali dans ses bras
Les enfants de la maison Compasio
Dans le cas d’Aisha, Allan et Cya etaient particulierement inquiets pour elle car son age et ses conditions de vie etaient propices a la mener vers la prostitution. En plus, son caractere tres affectueux aurait facilement pu etre mal interprete entre de mauvaises mains et ainsi engendrer une situation que je decrirais d’horrible. Malheureusement, ces situations ne sont pas rares et plusieurs enfants doivent subir ces horreurs. Le trafic humain est egalement tres present en Thailande et de nombreuses jeunes filles en sont victimes.
Par ailleurs, je dois dire que c’est particulierement facile de s’attacher a des enfants comme ceux dont jai rencontre a Mae Sot. Leur passe sombre et leur joie de vivre combines ensemble creent de profondes marques dans l’esprit et procurent un sentiment d’espoir. Personellement, ca m’a inspire de nombreuses reflexions.
Si on examine le premier objectif du millenaire, la definition de la pauvrete se limite a la pauvrete de revenu, ce qui est tout a fait acceptable etant donne que les autres objectifs parlent de d’autres formes de privation ou de denuement humain. Toutefois, lorsque je regarde une enfant rayonnante comme Aisha et que je la compare a un enfant en occident qui pense que la fin du monde approche parce qu’il ne pourra pas avoir un X Box a noel, ma vision de la pauvrete se retrouve tout a fait chamboulee. L’environnement dans lequel on vit forge notre caractere et notre facon de penser, ce qui m’amene a croire que le developpement, idealement, doit tenir compte de tous les aspects humains qui visent un bien etre commun et individuel. Tout semble interrelie, et c’est pour ca que tous les objectif du millenaire doivent etre interrelies et doivent etre examines en tant qu’un tout.
L’objectif 1 est de reduire de moitie la proportion de la population dont le revenu est de moins d’un dollar par jour. Je suis conscient « qu’un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas », mais j’ai l’impression que cette conception de la pauvrete ne reflete pas la realite des conditions de vie dans les pays en developpement. Plusieurs personnes peuvent gagner 2$ par jour mais ne sont tout de meme pas en mesure de satisfaire leurs besoins alimentaires, leurs besoins de sante, de logement, d’education, etc. Le fait de delimiter la pauvrete d’une telle facon, il me semble, limite les aspirations au changement social et neglige la vision des objectifs en tant qu’un tout. Par exemple, l’objectif 3 parle des droits des femmes. Le rapport de l’ONU indique que sans egalite des sexes, ni la lutte contre la pauvrete, ni la faim, ni la maladie n’est possible. Un des buts de l’objectif est de combattre la disparite de revenu entre les sexes, ce qui contribuerait a diminuer la pauvrete. Toutefois, plusieurs de ces femmes gagnent probablement un salaire de plus de 1$ par jour et se retrouvent ainsi excluent du premier objectif. Peut-etre suis-je trop critique ? C’est possible. Neanmoins, toutes ces pensees me laissent sur cette inevitable question : Quels sont les besoins vitaux essentiels, au 21e siecle, qui doivent etres assouvis afin de permettre l’epanouissement de toutes les composantes qui structurent l’existence humaine ?
P.S.
Pour ceux et celles qui n’avaient toujours pas remarque, un autre de mes reportages se retrouve maintenant sur le site de TVA. Le reportage s’intitule: « Beaucoup plus qu’une ecole » : http://tva.canoe.com/stations/cfcm/videos.html
Mai pen rai, mai pen rai
16 juin 2008,
J’ai cherche le mot “galerer” dans le dictionnaire et voici les differentes definitions que j’ai trouvees:
1. Etre dans une situation penible et precaire.
2. Vivre au jour le jour, sans revenus assurés.
Les galeriens etaient des esclaves condamnes a ramer dans les galeres. Ainsi, les galeriens travaillaient dur, sans revenu et sans but particulier qui leur etait propre.
Pourquoi je vous parle de galeriens? Et bien, c’est parce que ces derniers 10 jours j’ai galere! J’ai “rame dans le vide”! Je m’explique. Tout a debute lorsque j’ai rencontre un homme fort sympathique lors d’un de mes nombreux trajets en autobus. Je lui ai bien sur parle de mon projet, car normalement, une des premieres questions que les gens me posent lorsque je leur parle est: “Qu’est ce qui t’amene en Thailande?”, ou plus precisement: “So what brings you here?”
“Je suis un correspondant pour managers sans frontieres” (Je vous epargne les details de ma reponse habituellement beaucoup plus longue par soucis de convenance.) Cette reponse sonne plutot bien et ca permet d’inserer un bon element de socialisation. Parfois, j’ai meme droit a des “bonus”. En effet, l’homme que j’ai rencontre dans l’autobus semblait interesse par mon projet et m’a invite a venir le voir a son bureau a Chiang Mai, au nord de la Thailande. Il me donna sa carte d’affaire. Sur le dessus de celle-ci, le nom d’Allan Brown, un Canadien qui a fonde une ONG du nom de Compasio. Compasio s’occupe des enfants de la rue. Elle place les enfants a risque dans des maisons pour enfants ou ils recoivent les conditions de survie necessaires : un abri secure, de la nourriture, des soins de sante et une education. Qu’est ce qu’un enfant a risque? La plupart d’entres eux etaient sans-abris, dormaient sous des planches de bois ou des abris improvises et/ou etaient victime de trafic sexuel et/ou d’abus physique. La plupart du temps , ces abus sont commis par leur propre famille. Certains parents battent leurs enfants lorsqu’ils ne ramenent pas assez d’argent de leur collecte quotidienne de mendiant. Certaines meres vivent dans l’extreme pauvrete et sont tellement desesperees qu’elles vendent leurs enfants a des etrangers pour se faire de l’argent. Compasio tente d’intervenir dans ce type de situations.
Les autobus en Thailande ont des sieges assignes. Pour cette raison, ma discussion avec Allan Brown ne fut que tres breve etant donne qu’on n’etait pas assis a cote l’un de l’autre. Il reussit tout de meme a me donner quelques contacts supplementaires qui pouvaient m’interesser a Chiang Mai et me dit de le contacter des mon arrivee dans la ville. Convaincu, la destination Chiang Mai se presentait comme une opportunite d’or a mes yeux. J’avais l’occasion de faire 2 ou 3 reportages interessant dans un tres court laps de temps:
1) Reportage sur Compasio, une ONG s’occupant des enfants de la rue.
2) Reportage sur Agape Home, une ONG s’occupant des enfants qui ont le SIDA
Petit enfant avec un benevole chez la maison Agape
3) Reportage sur CEDAW, une ONG qui promouvoie l’elimination de toutes formes de discrimination envers les femmes. Une des activites qui m’avait ete proposee concernait des formations en leadership pour des femmes indigenes a Chiang Mai et l’encouragement de la participation des femmes aux elections gouvernementales.
Quelques jours plus tard et sans hesitation, c’est avec confiance et determination que j’ai achete mon billet d’autobus pour Chiang Mai. Les choses allaient bien! Hakuna Matata (pour ceux qui n’ont jamais vu le film le roi lion – est-ce possible? – ca veut dire sans aucun soucis.) Toutefois, toute chose a une fin (du moins dans la vision materielle et conceptuelle de la plupart des occidentaux. Oublions les notions d’infinis et de temps cyclique pour la commodite de ce blog.) En arrivant a Chiang Mai, jai appele Allan sur son cellulaire. Tout autant sympathique, il me confia qu’il etait occupe en ce moment, mais qu’on pouvait se rencontrer le lendemain.
Tout au long de mon sejour a Chiang Mai, j’etais en contact avec Agape Home et CEDAW. Jane, une femme travaillant a Agape Home trouvait mon projet interessant mais devait verifier, aupres de son superviseur, les procedures a suivre en cas de filmage. Je devais la rappeler dans 2 jours.
Une autre femme, Amarsanaa, quant a elle, travaillant pour CEDAW, m’expliqua la pertinence de quelques unes de leurs activites par rapport a mon projet. Nos echanges se faisaient par l’intermediaire de e-mails, un nombre presque interminable de e-mails. Ca me fait encore douter de mon postulat anterieur: “toute chose a une fin”. Chaque email etait court et rajoutait ou rectifiait des details concernant les activites de CEDAW.
Deux jours plus tard, lors de ma rencontre avec Allan Brown, il m’a donne quelques documents informatifs sur son organisation et est alle nous preparer du cafe. On a discute de tout et de rien, en passant par la culture thai versus la culture canadienne, en prenant un detour pour parler un peu des enfants de la rue et de leurs conditions, pour ensuite terminer par… une sonnerie de cellulaire. Et oui, notre rencontre plutot breve tirait a sa fin. Allan devait malheureusement quitter. Mai pen rai, mai pen rai (thai pour “pas de problemes, pas de problemes ). Avant de partir, il me dit que si je voulais faire une entrevue avec lui, ca serait possible dans 2 jours.
Par ailleurs, j’avais rappele Jane pour avoir une mise a jour concernant la possibilite pour moi de faire un reportage sur les activites de Agape Home. Elle m’avoua que sa superieur ne voulait pas que je filme les enfants qui habitent dans le batiment principal d’Agape, et ce en raison du besoin d’obtenir une permission des parents ou tuteurs de chaque enfant pour les filmer. A cause du nombre plutot eleve de ces enfants qui resident dans cette enorme maison, obtenir la permission pour chacun d’eux etait trop complique. Cependant, elle avait une alternative pour moi. Je pouvais filmer les enfants et les familles des enfants qui font partie du projet “Lek”. Le projet Lek est un projet qui consiste a fournir de l’aide financiere et des soins de sante a des familles d’enfants qui ont le SIDA et qui n’ont pas les moyens de s’offrir des traitements. Ce projet contribue egalement a garder les enfants dans leurs familles respectives, contrairement aux enfants qui resident dans « la maison Agape », qui eux sont separes de leurs familles, ou orphelins. Donc, Jane me confirma que quelqu’un du nom de Yo, m’attendrait chez Agape Home dans 4 jours pour me faire un tour guide. Le temps file, le temps file. Mai pen rai, mai pen rai.
Tous ces delais me laissaient quelques jours de conges que j’ai passe a visiter la ville, rencontrer des touristes et discuter par e-mails avec Amarsanaa. Finalement, dans un de ses nombreux emails, Amarsanaa me dit qu’elle venait a Chiang Mai pour la fin de semaine. On se donna donc un rendez vous dans un cafe pour discuter de nos options. La fin de semaine arrivee, nous nous sommes installes chez Art Cafe, elle pour boire un cafe, moi pour boire un “shake” aux fruits (J’adore les “shakes” aux fruits frais qui se vendent a chaque coin de rue et dans tous les restaurants et cafes. C’est definitivement quelque chose qui va me manquer lorsque je vais retourner a Quebec. Ils sont pas chers en plus.) Nous avons parle de mon fameux projet, sur les traces des managers sans frontieres. Malheureusement, du moins pour moi, apres de nombreux emails et une rencontre, j’ai su qu’aucune activite de CEDAW n’avait lieu durant l’ete. Tous les projets etaient desormais termines. Apparemment, je n’etais en retard que d’une semaine. Amarsanaa avait cependant trouve une autre ONG qui avait organise un seminaire de formation pour les femmes qui veulent se lancer en politique. Toutefois, ce seminaire se deroulait en meme temps que mon rendez-vous chez Agape Home. Etant donne que j’avais deja donne mon accord a Jane, j’ai du refuser l’offre qu’Amarsanaa me proposait. Mai pen rai, mai pen rai.
Prestation d’une petite fille dans le marche
Un elephant dans les rues de Chiang Mai
Une opportunite de reportage tombe a l’eau, il m’en restait tout de meme encore deux. Le jour de mon rendez-vous avec Allan etait arrive. Un tuk tuk m’a amene a son bureau ou j’etais sense faire une entrevue avec lui. Arrive a destination, camera a porte de la main, j’etais pret pour commencer. L’entrevue s’est tres bien deroule, mais une autre nouvelle, moins bonne celle-ci, m’attendait. Il semblait que les projets de Compasio dans les alentours de Chiang Mai n’etaient qu’en phase d’introduction. Si je voulais faire un reportage interessant, avec des images interessantes, Allan m’a dit que je devais aller a Mae Sot, un endroit ou j’etais deja alle auparavant pour faire mon reportage sur l’ecole CDC (voir “post” anterieur). Donc, après ma session de tournage chez Agape Home, je devais prendre un bus d’environ 6 heures en direction de Mae Sot. A ce moment la, deja une semaine etait passe depuis mon arrive a Chiang Mai. Je vous rapelle que je suis sense faire un reportage par semaine. Mai pen rai, mai pen rai.
Enfin, le jour ou j’allais pouvoir faire ma premiere capsule video a Chiang Mai etait arrive. Assis sur un banc dans l’immense maison au toit rouge qu’est Agape Home, j’attendais Yo, mon guide thailandais qui allait m’amener voir les familles faisant partie du projet Lek. Les minutes passaient mais toujours pas de signes de Yo ou de Jane. Je me disais que les Thais ont un rythme de vie beaucoup plus detendu et que Yo finirait par arriver. Mon rythme cardiaque etait encore assez bas. Finalement, un employe de la place voulant m’aider, a appele Jane pour savoir ce qu’il se passait. Il se trouve que Yo etait malade, un phenomene assez rare a ce qu’il parait, et que malencontreusement, il fallait reporter notre petite session de tournage dans quelques jours. Mai pen rai, mai pen rai.
Je devais donc prendre un bus pour Mae Sot après avoir passé une semaine a Chiang Mai sans avoir tourne absolument quoi que ce soit, pour ensuite retourner immediatement a Chiang Mai lorsque mon reportage sur Compasio etait termine. Suis-je un galerien? Mai pen rai, mai pen rai.
Suite dans quelques jours…
P.S.
Pour voir mon autre reportage qui est passe a TVA le 20 juin, alle sur ce site: http://tva.canoe.com/stations/cfcm/nouvelle/20080620.html
Le nom du reportage est: Sortir les Lahus de l’extreme pauvrete.
Sur la piste des refugies
Il y a quelques jours, je voyageais de nuit dans un bus a 2 etages qui m’amenait a Mae Sot. Le trajet etait plutot paisible. Les seuls bruits qu’on entendait ou presque, etaient ceux des emissions thais qui jouaient a la tele. A un moment donne, l’autobus s’est arrete et des officiers d’immigration sont embarques et ont fait sortir quelques personnes. Mae Sot est une ville pleine de refugies et de migrants birmans qui viennent en Thailande, soit pour des raisons economiques, soit pour fuire le regime militaire, ou tout simplement, en attente d’immigration dans d’autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l’Angleterre. Le gouvernement thailandais semble tolerer ces migrants et refugies birmans a Mae Sot mais a installe des “check points” un peu partout pour empecher ceux-ci d’aller ailleurs.
Un benevole que j’ai rencontre la bas m’a explique que plusieurs Birmans paient des sommes assez elevees afin de pouvoir venir secretement a Bangkok pour y travailler. Lorsqu’ils ramassent assez d’argent, la facon la plus economique de retourner en Birmanie est de prendre le bus, se faire arreter par des officiers d’mmigration et se faire deporter. Bien sur, il y a egalement beaucoup de cas ou les gens sont deportes sans le vouloir intentionellement.
Il existe une enorme economie benevole souterraine a Mae Sot. La majeure partie des gens qui viennent faire du benevolat y vont pour fournir de l’aide aux refugies et aux prisonniers politiques de la Birmanie. Certains gens disent que la communaute birmane a Mae Sot est plus grosse que la communaute thai. Les Birmans, pour la plupart, n’ont pas de statut legal et ne peuvent pas avoir acces aux soins medicaux ou a l’education thai.
La clinique Mae Tao s’occupe de fournir les soins de sante dans la region. J’etais venu a Mae Sot initialement pour faire un reportage sur la clinique, mais finalement les procedures pour pouvoir filmer etaient de loin trop compliquees. La clinique occupe un statut semi legal. Beaucoup de gens contestent sa legitimite car les employes qui offrent les soins la bas, bien qu’ils recoivent des formations, n’ont aucune certification reconnue. Pour cette raison, je me suis fait rediriger dans le domaine de l’education. Je suis alle voir l’ecole CDC, ou Child Development Center, qui est finance par CUSO, une ONG canadienne. L’ecole va de la garderie jusqu’a l’annee 12, donc ils offrent l’education primaire et secondaire. L’ecole sert egalement de logement pour une grande partie des eleves qui n’ont pas d’habitation. Je suis alle filmer l’ecole et j’ai interviewe une professeure qui m’a donne plusieurs infos sur la situation de l’education dans la region, et plus particulierement sur l’ecole CDC.
J’ai egalement rencontre un Anglais qui travaille avec VSO, l’equivalent de CUSO pour l’Angleterre. Il s’occupe de preparer des curriculums, bases sur l’education thai et anglaise mais adaptes aux besoins des jeunes, pour les ecoles de Mae Sot. En parlant de l’objectif du millenaire lie a l’education avec lui, il m’a explique que le focus en ce moment etait beaucoup sur l’acces a l’education. Il m’a dit qu’il pensait qu’il devrait y avoir beaucoup plus d’efforts investis sur la retention scolaire. Beaucoup trop d’eleves commencent le primaire, et meme le terminent, mais abandonnent apres. Il y a extremement peu d’eleves qui restent pour faire leur secondaire. Il a ajoute que peut etre que l’ONU devrait rajouter a leur objectif certains programmes de retention scolaire qui permettraient aux eleves de continuer leur education apres le primaire. D’apres lui, dans cette region specifique, terminer le primaire n’est pas assez si on veut vraiment ameliorer les conditions de vie. Le probleme c’est que la pauvrete est tellement elevee chez les migrants et les refugies birmans que les parents ne peuvent pas se permettre de laisser leur enfant a l’ecole quand il pourrait travailler et ramener de l’argent a la maison. J’ai cru comprendre qu’habituellement, c’est a la fin du primaire que les parents retirent leurs enfants des bancs d’ecole.
Apres avoir filme mon reportage sur l’ecole CDC, je suis partie a Chang Rai afin d’aller voir les tribus montagnardes. C’est un cooperant de CUSO qui m’a accueillie et m’a explique la situation des tribus. La majorite des tribus ont immigres en Thailande pour fuire des conflits politiques et pour repondre a leurs besoins environnementaux. Ces tribus pratiquaient la culture par brulis. Donc, ils brulaient la vegetation avec du feu afin de creer des champs. Cette pratique se faisait de maniere cyclique et exigeait un mode de vie semi nomade. Plus tard, lorsqu’ils revenaient sur le meme territoire, normalement la terre avait le temps de se regenerer donc ca ne causait pas vraiment de problemes environnementaux. C’est lorsque les pratiques commerciales sont entrees dans le décor qu’il est apparu une surexploitation des sols deja degrades. Certaines tribus ont commences a faire leur culture dans des zones escarpees, ce qui a accelere l’erosion. A cause des politiques du gouvernement thai contre la deforestation, les tribus montagnardes ont ete expulsees des zones forestieres, sans se faire offrir des solutions.
Chez les differentes populations thais, les tribus montagnardes sont definitivement parmis les plus defavorisees. La majorite d’entre eux ne savent meme pas c’est quoi un acte de naissance, donc la plupart n’ont pas de citoyennete thailandaise. Le concept des frontieres leur etait inconnus auparavant. A cause qu’ils n’ont pas de citoyennete, ils ne peuvent pas avoir acces aux services publics comme l’education, la sante, les prets du gouvernement pour les fermiers, etc. Plusieurs organisations non gouvernementale essaient de les aider en fournissant des formations aux fermiers pour tenter d’adapter leurs methodes traditionelles d’agriculture avec des methodes plus modernes. Il y a egalement des groupes qui s’occupent de preter de l’argent aux fermiers et d’aider les montagnards qui vivent en Thailande depuis des generations a obtenir le statut legal de citoyen.
En ce qui me concerne, je vais toujours bien. Je me considere plutot chanceux d’avoir un ami quebecois en Thailande qui parle le thai. Chaque fois que j’ai des problemes de communication, j’apelle son numero et je dis: “Phil, j’ai besoin de tes talents d’interprete!” Apres un bon rire d’environ 5 secondes, je lui explique ce que je veux dire a la personne concernee et hop, il regle tout pour moi. D’ailleurs, un employe de Fedex etait suppose venir chercher ma casette a 5h PM le 3 juin a mon hotel. Moi qui pensais que j’avais toute la journee pour completer ma narration pour mon reportage, j’ai vu arriver l’employe de Fedex un peu apres midi. Bien sur, je n’avais pas encore fait ma narration alors j’essayais de lui faire comprendre, sans succes, qu’il devait attendre 15 minutes, le temps que je m’enregistre. Apres de longs regards confus de sa part, j’ai decide d’apeller Philippe pour qu’il lui explique ma situation. Apres quelques mots thai, dont je ne comprenais absolument pas le sens, et quelques “ahan, ooooooh” en signe d’approbation, il s’est assis sur la chaise dans ma chambre. J’en ai conclu qu’il avait compris et qu’il m’attendait. Pendant que je m’efforcais a terminer mon enregistrement en vitesse, une femme de menage est venue cogner a ma porte. Pour cette raison, et je m’en excuse, quelqu’un a TVA va entendre ma narration interrompu par un cris:”Can you come back in 15 minutes, I’m busy now!” J’espere toutefois que le resultat final, malgre les intemperies, sera adequat. Sur ce, a la semaine prochaine.
Timur