Archive pour la catégorie ‘Thijs Hemeryck’
busy, busy
“You’re so busy” est la phrase que j’ai le plus entendue chez mes collègues. Les dernières semaines ont, en effet, été très occupées. J’ai fait une évaluation des aspects organisationnels dans les “Staff & ART clinics” (ART : antiretroviral treatment).
Dans les grandes lignes, les problèmes ressemblent à ceux des “mobile clinics”.
Pas assez de personnel : une infirmière voit 200 personnes par matinée, avant de partir pour les cliniques mobiles.
Pas assez de matériel ou de médicaments (sauf pour les ARV – traitement contre le sida). J’ai trouvé que 70% des médicaments n’étaient pas disponibles. Avec 8 centres de santé en ville, sous responsabilité de BCA, ça fait assez sérieux. Autrement dit, les malades ne peuvent pas être traités dans 8 endroits (de première ligne) de la Ville de Blantyre. Malheureusement, il n’y a pas de pharmacien (gestionnaire de stock) donc l’infirmière chef doit s’en occuper. En plus, le planning financier – il faut payer les médicaments – n’est pas facile car il n’y a aucun support du gouvernement ou d’ailleurs.
En même temps, j’ai préparé et donné une formation sur le système informatisé pour la gestion des données du “family health unit”. C’était très amusant, avec des participants motivés. Ils arrivent maintenant à manipuler Excel, à remplir et imprimer les rapports et à modifier et créer des rapports.
(S’il y a un rapport qui change, ils sauront comment s’adapter, c’est important pour la pérennité).
Cette semaine, les gens du bureau de World University Service Canada à Lilongwe m’ont demandé de faire une évaluation des activités reliées au VIH/Sida pour voir comment ils peuvent s’impliquer dans ces activités avec BCA. J’ai jusqu’à lundi, donc ça bosse dur pour y arriver.
Mardi, je pars vers Lilongwe pour voir les gens de World Food Program (pour discuter comment ils peuvent aider BCA dans la mise en place de traitements pour les enfants mal nourris). J’espère que ça donnera quelque chose car en ce moment, les enfants doivent se déplacer (minimum 8 km) pour le traitement et dans un pays ou la plupart des gens vivent en dessous du seuil de la pauvreté, le temps et l’argent que ça prend est trop important.
Alors voilà, c’est tout pour le moment.
Vendredi prochain, je prends l’avion direction Canada.
Donc à bientôt!
Thijs
Blantyre 1 avril
Salut tout le monde,
quelques jours avant Pâques, je vous ponds un petit article sur mon blog. Je me rends compte que ça fait déjà un petit moment.
Saviez-vous que je traîne toujours mon parapluie ici, à Blantyre ? La saison des pluies est presque terminée, mais il y a encore souvent des orages. D’ailleurs, un jour j’avais décidé de laisser mon fidèle compagnon parapluie à la maison, mauvaise idée : deux orages – assez exceptionnels – et trempé jusqu’à l’os.
J’ai eu pas mal de travail les dernières semaines. En fait, c’est assez difficile de réellement changer des choses vu que Blantyre City Assembly est une grande organisation qui souffre d’un manque chronique de fonds et de personnel. Résultat : bon nombre de personnes sont sous-qualifiées pour les postes qu’elles occupent. En plus, le tout est mélangé à une certaine lourdeur bureaucratique, ce qui allonge le temps de réaction de l’organisation. Ce n’est pas toujours évident quand on est ici seulement pour trois mois et qu’on veut faire des choses, mais c’est très intéressant à vivre. Soit, je finis ma partie éditoriale pour vous faire un résumé des dernières semaines.
J’ai contacté DFID et l’ambassade norvégienne pour discuter des inégalités salariales que le Emergeny Human Ressources Program a créées. Pas de réponse de la part de DFID, mais avec les Norvégiens, j’ai eu des échanges de courriels intéressants. Il y avait une évaluation du projet en cours, la partie qui me concernait était évaluée mais je pense que la personne de contacte parlait du sujet à l’équipe d’évaluation. Malheureusement, les Norvégiens n’ont pas voulu qu’on envoie une délégation du BCA à Lilongwe pour leur présenter le problème de vive voix.
Pour les problèmes pratiques, après avoir parlé de vitamine A et des balances avec ma collègue, Nora Mangunde, Acting nursing officer (acting depuis 4 ans), elle a fait une courte session de rafraîchissement sur ces deux sujets. Dans les visites que j’ai pu faire ultérieurement, j’ai, à mon grand plaisir, pu constater que ces deux points étaient effectués de façon correcte.
Il n’y avait pas de balance d’adultes ni de tensiomètre pour les cliniques – surtout les cliniques prénatales. Par la générosité des responsables de programmes d’Interaide (ong française) dans le district de Mulanje, j’ai reçu un tensiomètre et ce point est résolu à court terme.
Pour résoudre les problèmes de financement des suppléments de nutrition et du matériel de base, j’ai rencontré le directeur aux finances, en compagnie de l’administrateur du département de santé. Le directeur m’a poliment écouté parler des enfants mal-nourris qu’on laisse crever et du manque de matériel de base dont souffrent les cliniques mobiles. Il m’a répondu qu’en ce moment, BCA souffre de manque de revenus. Une journée plus tard, j’ai appris qu’en septembre dernier (le mois ou les suppléments de nutrition ont été cessés), tout le personnel a reçu une augmentation de salaire de 20 %…
J’ai donc entrepris de contacter, par courriel car le téléphone ne marche pas, Unicef Malawi (pas de réponse), Save the Children (pas de réponse) et le Programme Alimentaire Mondial. Cette dernière organisation m’a répondu et maintenant, je suis en train de préparer un dossier pour appuyer ma demande.
Ça m’a pris beaucoup de temps à trouver les bons chiffres, mais j’ai réussi. (Tout est fait manuellement, vous souvenez-vous ?)
La plus grande partie de mon travail est la mise en place d’un système de recueil des données informatisé pour l’unité de santé familiale. J’ai donc construit des feuilles Excel protégées et commencé à former les infirmières à l’ordinateur. Ceci n’est pas tout nécessairement évident, l’une d’elles n’arrive presque pas à lire sur l’écran à défaut de lunettes appropriées. Cette difficulté, m’a conduit à consulter quelques personnes de l’équipe pour trouver les personnes appropriées pour ce type de travail. Finalement, je vais former des secrétaires (3) au remplissage des feuilles Excel. On travaillera également sur la modification des feuilles Excel car si les rapports changent et personne ne sait modifier les feuilles, tout le système tombera à l’eau.
Cette semaine, j’ai commencé des observations dans les Staff clinics qui se déroulent le matin avant que l’équipe parte pour les cliniques mobiles. Je vous réserve mes réflections sur le sujet pour un autre article .
Profitez de vos congés de Pâques,
Thijs
PS. Ici, on a une fin de semaine de 4 jours à l’occasion de Pâques – une belle occasion pour sortir de la ville et d’aller au Lac Malawi.
Blantyre, semaine 6
Salut tout le monde,
déjà 6 semaines passées, soit la moitié de mon mandat.
Blantyre a passé deux semaines sous la pluie, mais maintenant les gens pensent que la saison de pluie est sur la porte de sortie.
Les deux dernières semaines ont été très intéressantes au niveau travail. J’en avais glissé un mot dans mon article précédent. J’ai maintenant complété une évaluation des aspects organisationnels et la gestion des données des cliniques mobiles faits par l’Unité de Santé Familiale (USF) de BCA.
Voici l’essentiel de mes observations :
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Les cliniques mobiles n’ont pas le matériel nécessaire pour fonctionner correctement. Il y a des balances pour peser les enfants (ceux d’Unicef), mais pas de tensiomètre pour mesurer la tension artérielle chez les femmes enceintes lors de la clinique prénatale. Les infirmières font une référence à l’hôpital pour avoir cette donnée lorsqu’elles le pensent nécessaire.
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Il y a des lacunes au niveau de l’administration de la vitamine A et de la vérification des balances. (chaque poste il faut contrôler qu’ils sont bien à 0 grammes quand rien n’y est accroché – j’ai observé des écarts de 300 grammes, sur un enfant de 5kg ça fait beaucoup de différence)
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Il n’y a pas de suivi rapproché des enfants mal-nourris depuis septembre 2009. Faute de fonds ou d’autre chose. Les enfants se font référer au centre de santé. Ce dernier est souvent très (trop) loin.
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Il y a un manque flagrant d’infirmières. Dans l’USF, qui devrait compter 6 infirmières, il y en a deux ! Au BCA on vise 35 infirmières mais il n’y en a que 9. Tout d’abord, il y a un manque général dans le pays, avec le VIH, toute une génération est décimé. Il y a cependant un autre élément. Il paraît que le gouvernement reçois un appui budgétaire spécifiquement pour augmenter les salaires des infirmières mais ceci ne s’appliquerai pas aux infirmières qui travaillent dans les services des villes, seulement au niveau ministériel et district. Le « brain-drain » vers l’Angleterre semblerai arrêté – du moins par les voies officielles – mais celle à l’intérieur du pays bat à son plein.
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La gestion des données se fait à la main : une des deux infirmières prend deux jours de travail par mois pour compiler au moins 6066 ( j’ai vérifié !) différents types de données dans trois rapports différents. Elle fait ça avec une calculatrice et recopie tout ça à la main. De la même façon, elle fait des rapports trimestriels, annuels et la gestion des stocks.
Comme vous voyez, il y a beaucoup de sujets à explorer. Malheureusement mon superviseur était en congé les deux dernières semaines, je n’ai donc pas pu avancer aussi rapidement que j’aurai voulu. Cependant, au niveau de la gestion des données – un sujet qui ne passionne – j’ai crée des feuilles sur excel dans le but d’apprendre à l’infirmière comment faire ses rapports de façon informatisé. Malheureusement, elle a déjà 57 ans ( prend ça retraite dans 3 ans) et n’a jamais vu un ordinateur de prêt. Mais elle est très motivé et ça me donne le goût de m’essayer.
Pour les point pratiques, j’ai discuté avec les infirmières et elles vont faire une session de formation ( style rafraîchissement) pour l’équipe afin de régler le problème.
alors voila, j’espère que vous arrivez à vous faire une idée de ce que je fais ici,
à bientöt,
Thijs
blantyre partie 3
je réalise que l’article qu je croyais avoir posté il y a 2 semaines n’est pas là, donc prise 2.
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Salut tout le monde,
pas d’internet la semaine passé, j’étais avec l’ensemble des Volontaires de Entraide Universitaire mondiale Canada à Salima – au bord du Lac Malawi pour une formation sur la culture au Malawi.
Les onze tribus principaux parlent tous des langues différents et ont tous une vision du monde très différente. Le grand point, qu’elles ont en commun est la structure patriarcale, qui est très prononcé partout dans le pays. Les femmes n’ont pas grand chose à dire sur les affaires de la famille. L’homme décide de tout. Alors la femme n’a presque aucun pouvoir économique et, par conséquent, n’arrive pas à faire valoir ses opinions face à son conjoint.
Dans le nord du pays, les structures familiales sont patrilinéaire, ce qui veut dire que la femme mariée ira vivre dans le village de la famille de son conjoint. Cette famille paye une dote pour la femme et elle, ainsi que les enfants qui résultent du mariage, deviennent donc leur propriété. Elle reste dans ce village même après le décès de son marie. Si elle est encore jeune, elle mariera son frère.
Dans le Sud, les structures familiales sont d’avantage matrilinéaire. Le marie va vivre dans le village de sa femme lors du mariage. La femme reste parti de sa famille à elle. Les enfants du mariage sont, traditionnellement, la responsabilité de l’oncle maternelle. Son rôle est très important dans la vie familiale. Dans les faits, les femmes sont un peu moins vulnérable dans le système matrilinéaire mais la différence reste minime.
Si vous êtes intéressés dans la vulnérabilité des femmes dans les pays du Sud, je vous invite à lire Paul Farmer. Médecin et anthropologue renommé, Farmer dénonce, ce qu’il appelle « la violence structurelle » contre les femmes, soit la discrimination systémique qui résulte dans une absence de choix et une vulnérabilité accrue face au VIH. Dans son premier livre, Farmer parle de la violence structurelle et le VIH en Haïti. Quoique plusieurs éléments culturels diffèrent, je suis convainque qu’il est facile de transférer le concept de « violence structurelle » aux dans le contexte du Malawi.
À Partir du mercredi, nous avons bénéficié d’un cours sur la langue locale : le Chi-Chewa : la langue des Chewa. Les Chewa sont la plus grande tribu du Malawi et, dans le années 70, leur langue a été choisi comme langue officiel. Après ces trois jours, je me sens un peu plus à l’aise de dire que phrases simples. Mon petit livre « chi-chewa pour touristes » aide pas mal aussi.
De retour à Blantyre, j’ai toute de suite replongé dans le travail. Je suis assigné à l’Unité de Santé Familiale, (USF) au Département de la santé du conseil de la Ville de Blantyre. Mon mandat sera composé de deux parties. En premier lieux, je me concentrerai sur les cliniques mobiles : on y fait de la vaccination, surveillance du poids et de la nutrition des enfants, les visites prénatales et le planning familial. En deuxième lieu, je m’investirai dans les clinique pour le personnel de la ville et les cliniques ART (voir blog nr 3) . Le fait d’être infirmier et de ne pas pouvoir faire de soins directs occasionne toujours dans des questions mais, mes interlocuteurs directes savent à quoi de dois me tenir.
Le but de mon mandat est d’accompagner la gestionnaire de l’équipe dans son travail, observer la qualité du travail et de l’enregistrement des données épidémiologiques. Ensuite je ferrai un rapport et, dans une réunion consultative nous discuterons des façons que l’équipe pourra augmenter la qualité de son travail ainsi la justesse des données épidémiologiques. Le but est de réduire la charge du travail de l’équipe tout en gardant les données nécessaires aux autorités sanitaires.
Hier et aujourd’hui j’ai commencé a accompagner les infirmières de l’USF aux cliniques mobiles. En voiture, on voyage aux quartier à l’entrée et la sortie de la ville et l’équipe y prodigue des soins préventifs à environs 100 à 150 personnes par jour. Mes premiers observations sont encourageantes, mais je vous garde la surprise pour mon une prochaine fois.
À bientôt,
Thijs
semaine 3
Salut tout le monde,
pas d’internet la semaine passé, j’étais avec l’ensemble des Volontaires de Entraide Universitaire mondiale Canada à Salima – au bord du Lac Malawi pour une formation sur la culture au Malawi.
Les onze tribus principaux parlent tous des langues différents et ont tous une vision du monde très différente. Le grand point, qu’elles ont en commun est la structure patriarcale, qui est très prononcé partout dans le pays. Les femmes n’ont pas grand chose à dire sur les affaires de la famille. L’homme décide de tout. Alors la femme n’a presque aucun pouvoir économique et, par conséquent, n’arrive pas à faire valoir ses opinions face à son conjoint.
Dans le nord du pays, les structures familiales sont patrilinéaire, ce qui veut dire que la femme mariée ira vivre dans le village de la famille de son conjoint. Cette famille paye une dote pour la femme et elle, ainsi que les enfants qui résultent du mariage, deviennent donc leur propriété. Elle reste dans ce village même après le décès de son marie. Si elle est encore jeune, elle mariera son frère.
Dans le Sud, les structures familiales sont d’avantage matrilinéaire. Le marie va vivre dans le village de sa femme lors du mariage. La femme reste parti de sa famille à elle. Les enfants du mariage sont, traditionnellement, la responsabilité de l’oncle maternelle. Son rôle est très important dans la vie familiale. Dans les faits, les femmes sont un peu moins vulnérable dans le système matrilinéaire mais la différence reste minime.
Si vous êtes intéressés dans la vulnérabilité des femmes dans les pays du Sud, je vous invite à lire Paul Farmer. Médecin et anthropologue renommé, Farmer dénonce, ce qu’il appelle « la violence structurelle » contre les femmes, soit la discrimination systémique qui résulte dans une absence de choix et une vulnérabilité accrue face au VIH. Dans son premier livre, Farmer parle de la violence structurelle et le VIH en Haïti. Quoique plusieurs éléments culturels diffèrent, je suis convainque qu’il est facile de transférer le concept de « violence structurelle » aux dans le contexte du Malawi.
À Partir du mercredi, nous avons bénéficié d’un cours sur la langue locale : le Chi-Chewa : la langue des Chewa. Les Chewa sont la plus grande tribu du Malawi et, dans le années 70, leur langue a été choisi comme langue officiel. Après ces trois jours, je me sens un peu plus à l’aise de dire que phrases simples. Mon petit livre « chi-chewa pour touristes » aide pas mal aussi.
De retour à Blantyre, j’ai toute de suite replongé dans le travail. Je suis assigné à l’Unité de Santé Familiale, (USF) au Département de la santé du conseil de la Ville de Blantyre. Mon mandat sera composé de deux parties. En premier lieux, je me concentrerai sur les cliniques mobiles : on y fait de la vaccination, surveillance du poids et de la nutrition des enfants, les visites prénatales et le planning familial. En deuxième lieu, je m’investirai dans les clinique pour le personnel de la ville et les cliniques ART (voir blog nr 3) . Le fait d’être infirmier et de ne pas pouvoir faire de soins directs occasionne toujours dans des questions mais, mes interlocuteurs directes savent à quoi de dois me tenir.
Le but de mon mandat est d’accompagner la gestionnaire de l’équipe dans son travail, observer la qualité du travail et de l’enregistrement des données épidémiologiques. Ensuite je ferrai un rapport et, dans une réunion consultative nous discuterons des façons que l’équipe pourra augmenter la qualité de son travail ainsi la justesse des données épidémiologiques. Le but est de réduire la charge du travail de l’équipe tout en gardant les données nécessaires aux autorités sanitaires.
Hier et aujourd’hui j’ai commencé a accompagner les infirmières de l’USF aux cliniques mobiles. En voiture, on voyage aux quartier à l’entrée et la sortie de la ville et l’équipe y prodigue des soins préventifs à environs 100 à 150 personnes par jour. Mes premiers observations sont encourageantes, mais je vous garde la surprise pour mon une prochaine fois.
À bientôt,