Archive pour la catégorie ‘Stéphanie Gendron’
De retour à Québec
Bonjour!
Me voici maintenant de retour à Québec. En effet, j’ai quitté le sol africain samedi le 9 août et j’ai finalement retrouvé le confort de ma maison après deux jours de galère dans les aéroports et les avions. Je reviens heureuse de revoir mes amis, ma famille, de retrouver tous les petits luxes que l’on apprécie seulement quand on revient de voyage, mais en même temps, je suis nostalgique d’avoir quitté le Burkina Faso et tous les gens fantastiques que j’ai rencontré sur place :
Au revoir… Azizou, Issakou, Zacharie, Abdoulaye, Abdoul Ady, Lazarre, Jérémy, Raphaël, Karim Kader, Salimata, Aïcha, Abou, Nana, Robert, Alice, Boureima, Issaka, Alassane, Simon et tous les autres.
À bientôt… Anne, Benoît, Marie-Claude, Nicolas, Mathilde, Lou, Anna, Catherine, Aski, Joanie, Géraldine, Antoine, Sara, Serge, Angèle, Pathe et tous les autres.
Maintenant, c’est le dur retour à la réalité : retour au travail, début de la session d’automne qui approche, rapport de stage à terminer, etc. Mais aussi, c’est la satisfaction d’avoir accomplie quelque chose durant mes trois mois en Afrique de l’Ouest et l’espoir que les projets initiés vont continuer à être utile pour le Réseau des Jeunes de la Sissili et du Ziro. Merci aussi, à tous ceux et celles qui ont consulté et commenté mon blog tout au long de cette belle expérience!
Stéphanie
La lutte contre le “vie chère” au Burkina Faso
La lutte contre la « vie chère » est un sujet d’actualité et depuis plusieurs mois, on en parle quotidiennement partout en Afrique. Les médias internationaux dressent aussi un portrait dramatique de la situation et ici, au Burkina Faso, les effets de la hausse des prix des produits de base se font sentir. Bien que le Burkina soit un pays assez stable, depuis quelques temps des manifestations ont lieu à Ouagadougou et à Bobo.
Ce sujet se retrouve dans toutes les discussions, surtout depuis que la saison agricole a débutée. L’année dernière, une conférence de presse du Premier Ministre annonçait un soutien aux paysans producteurs de céréales, mais jusqu’à aujourd’hui cette aide se fait toujours attendre.
En février dernier, la montée des prix des produits de consommation a débouchée sur de violentes manifestations. Quotidiennement, la population doit subir les conséquences de cette flambée : 51% d’augmentation du prix du riz, 142% pour les huiles et 118% pour le lait (Hebdomadaire l’Indépendant, 17 juin 2008). La population du Burkina Faso, déjà dans une situation précaire : moyenne d’un repas par jour par personne, incapacité pour la grande majorité de défrayer les frais de scolarité et de consultations médicales, est la première à subir les effets directs de cette situation sans toutefois en connaître les causes exactes.
L’inflation se fait aussi sentir dans plusieurs autres secteurs économiques comme les transports et les travaux publics. Cela s’explique par les prix élevés du pétrole, ce qui se répercute directement sur les coûts des transports et des matériaux.
Quelques actions ont toutefois été mises en place par le gouvernement. Suite aux manifestations de février, l’Assemblée Nationale mettait en place, en mars, une commission chargée de faire des propositions à la recherche de solutions pour lutter contre la « vie chère ». Aussi, en juin dernier, le Mouvement Burkinabé des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) donnait une formation à douze de ses militants sur la « vie chère », le pouvoir d’achat et le contrôle des prix (Journal Sidwaya, 27 au 29 juin 2008). Donc, beaucoup de discours et de papiers mais pour l’instant on peut dire que les actions concrètes se font toujours attendre…
Au début juin, Ouagadougou accueillait la Conférence épiscopale Burkina-Niger. Pour l’occasion, les évêques et personnalités religieuses se penchaient sur la question de la « vie chère ». Suite à leurs réflexions, les évêques ont tenus à livrer un message aux « fils et filles de l’Église-Famille de Dieu ». Ce message, quelque peu surprenant (pour modérer mes propos!) les convie « d’une part à redoubler d’efforts au travail et d’autre part à revoir leurs habitudes de alimentaires, afin d’éviter de sombrer dans le cercle de la société de consommation » (L’Observateur, 17 juin 2008). La société de consommation au Burkina Faso est un concept totalement absent et inviter la population à la retenue, alors qu’elle ne possède que très peu et ne peut rien s’offrir me semble complètement irrationnel. Si l’on veut que le phénomène de la « vie chère » n’ait pas trop de répercussions négatives sur le Burkina Faso, les autorités devront rapidement trouver des solutions réalisables à court terme et qui profiteront à la majorité des populations touchées.
Visite au Sahel
La fin de semaine dernière, nous avons pris des vacances du travail pour nous rendre quelques jours dans le nord du pays, au Sahel. Nous sommes donc partis, quatre autres coopérants canadiens, deux guides et moi en direction du désert. L’intérêt de ce voyage : découvrir la culture peulh, dormir à la belle étoile au milieu du désert et aller voir le coucher de soleil sur les dunes à dos de dromadaire. Notre premier arrêt était le village de Bani, où l’on peut visiter les sept mosquées dont l’architecture est totalement différente de la plupart des autres mosquées du Burkina Faso. La plus grande des mosquées se trouve au centre du village et on doit escalader la colline pour découvrir les autres mosquées qui l’entoure. Puis, nous nous sommes rendu à Gorom-Gorom une ville reconnue pour son marché qui accueille tous les artisans des villages avoisinants. C’est en périphérie de cette ville que nous avons passé la première nuit dans le désert, à la belle étoile. Le lendemain, nous sommes partis très tôt pour nous promener sur les dunes d’Oursi, avant que le soleil se lève, pour éviter la chaleur. Mais, déjà à 8h du matin, le soleil plombait et on attendait presque un mirage! On a donc pris une pause de notre marche dans le désert pour visiter le site archéologique d’Oursi Hu-Beero, qui date du Xe siècle et qui a été découvert il y a quelques années par une équipe d’étudiants allemands. En fin d’après-midi, nous sommes partis à dos de dromadaires voir le coucher de soleil sur les dunes. Après une deuxième nuit un peu plus éprouvante dans le désert (il y a eu tellement de vent que nous nous sommes réveillés couverts de sable!) nous avons repris la route vers Ouagadougou en passant par un village nommé Kaya pour visiter le marché d’artisanat et faire quelques achats. En bref, une belle fin de semaine, beaucoup de souvenirs et de photos, mais je ne suis pas mécontente de retrouver le « confort » de ma maison! Voici quelques photos de notre périple et à bientôt!
Un petit service et une belle rencontre…
Je me permets d’utiliser ce blog afin de rendre service à une collègue de travail québécoise, Marie-Pierre, qui avant mon départ, m’avait demandé de transmettre des enveloppes à sa famille d’accueil à Ouagadougou. Je me retrouve donc la semaine dernière en plein centre-ville, dans un taxi, avec deux enveloppes sur lesquelles est inscrit quelques noms et une adresse un peu imprécise : sur le goudron, entre la mosquée et le cinéma, à l’arbre… En plus, le séjour de Marie-Pierre remonte à près de 10 ans… alors l’arbre est peut-être coupé et la mosquée devenue une chapelle!?! Heureusement, le numéro de téléphone n’a pas changé et une dame du nom de Orokia Ouedraogo vient me rejoindre devant la fameuse mosquée. Elle est accompagnée de son plus jeune fils, Steve qui a 9 ans. Il ne connaît pas Marie-Pierre, l’a vu seulement en photos et est un peu confus à savoir si cette Marie-Pierre imaginaire et moi ne sommes pas la même personne… Mme Ouedraogo nous invite, moi et Benoît un autre coopérant québécois qui m’accompagne, à boire un coca à la maison. Son mari, M. Desiré Ouedraogo se joint à nous et devient tout de suite le meilleur ami de Benoît… on à même droit à de la bonne bière fraîche et une rencontre avec tous les habitants de la cour. Tout le monde me regarde les yeux plein d’eau, comme si j’étais la messagère miracle qui apporte des nouvelles après presque 10 ans. Il faut dire que Marie-Pierre était bien appréciée dans le quartier!!! Mme Ouedraogo me décrit de quelle façon elle s’adaptait à la vie africaine et mangeait assise par terre avec les enfants. Malheureusement, les deux fils aînés de la famille sont à l’extérieur de la ville, pour leur session d’examens à l’université. Plus tard, nous nous rendons dans la cour d’une vielle dame, pour qui j’ai aussi une enveloppe. En lisant la lettre et en regardant les photos de Marie-Pierre, de son bébé et de sa famille, la vieille dame est au bord des larmes, me tient la main et n’arrête pas de me transmettre ses félicitations… C’est un moment très touchant! Finalement, tout le monde échange ses coordonnées et nous organiserons un souper lors de ma prochaine visite à Ouagadougou…L’hospitalité burkinabé! Alors voici quelques photos de cette belle journée et merci Marie-Pierre de m’avoir permis de rencontrer ta famille, des gens vraiment extraordinaires et accueillants…
La protection de l’arbre à karité
Le 29 mai dernier, avait lieu à Léo, la Journée pour la conservation de l’arbre à karité. Cette activité était organisée conjointement avec le Réseau des Jeunes, l’Union des groupements de productrices de produits de karité (UGPPK) et le CECI. Au Burkina Faso, le karité constitue la troisième ressource génératrice de devises après le coton et le bétail. En Afrique de l’Ouest, le karité est considéré comme « l’or vert des femmes », car il procure du travail à plus de 40 000 femmes au Burkina Faso. À Léo et dans les communes avoisinantes, ces femmes ont choisies de se regrouper en unions et en associations afin de mettre en commun leurs expertises et leur force de travail.
Le karité est un arbre qui peut vivre près de 200 ans et qui joue un rôle écologique essentiel dans la protection des écosystèmes locaux. Sa survie est donc essentielle autant pour les femmes qui en retirent un revenu, que pour l’environnement. Les fruits du karité sont comestibles et les noix peuvent être transformés. En effet, un processus de transformation traditionnel et réservé aux femmes permet de produire le beurre de karité utilisé pour la confection de produits cosmétiques ou dermatologiques. Les feux de brousse, la désinformation et la coupe à blanc sont les principales menaces pour l’arbre à karité.
L’Union des groupements de productrices de produits de karité (UGPPK) de Léo a obtenu sa certification biologique et équitable, ce qui lui permet d’offrir aux productrices un meilleur prix pour leur travail. Une partie des surplus ainsi générés est utilisé pour soutenir les orphelins et enfants vulnérables (OEV) de la région. Un programme de prise en charge permet de défrayer les frais de scolarité et de cantine pour ces derniers. Depuis quelques mois, une entente a été signée et fait du Réseau des jeunes le seul distributeur de savon de l’UGPPK au Burkina Faso. La vente des savons dans les villages est assurée par de jeunes filles mères, ce qui leur permet d’acquérir une certaine autonomie financière, tout en amassant quelques fonds pour le fonctionnement du Réseau.
La journée du 29 mai, qui a mobilisée près de 200 personnes, a permis de sensibiliser les instances et la population à la conservation et à la protection de l’arbre à karité. Les productrices ont organisées une marche symbolique et la troupe de théâtre du Réseau des jeunes avait préparé des sketches de sensibilisation et d’information. Je vous joins quelques photos de la marche, des festivités et des acteurs de la troupe de théâtre, un peu stressés avant leur prestation…





