Archive pour la catégorie ‘Mylène Savard’
Bye bye Burkina
Voilà! (Bien dit à la burkinabé!!) C’est la fin de ma mission. Avec ce retour de chaleur en force qui a fait repasser mon corps par la même acclimatation qu’il y a cinq mois, je prépare mes au revoir au Burkina et à Bama. J’ai l’impression de bouclée la boucle en revoyant pour une dernière fois (avant la prochaine fois!) tous les gens que j’ai rencontrés durant mon séjour. Les partenaires, les autorités, les amis en ville, ceux au village, mon cher tailleur!
C’est aussi le cas au travail, bien que j’aie finalement compris que je ne peux tout finir avant de quitter puisque par la nature du projet, les choses ont une suite et les nouveaux dossiers continuent de rentrer! Toujours est-il que j’avais rencontré les femmes lors de leur assemblée générale et que j’en ai organisé une autre pour signaler mon départ et faire ensemble le bilan de notre coopération. Elle ferme pour moi officiellement ma collaboration avec leur Union. L’exercice se voulait aussi préparatoire aux résultats de fin de campagne et servant à inspirer confiance et courage aux membres de l’UGER-B pour la suite. Je crois que le gestionnaire et moi avons bien pris le temps de le préparer à assumer seul ses fonctions. Mon dernier effort de renforcement s’est concentré sur la vision long terme, la persévérance et la confiance qu’il est nécessaire d’avoir en le projet pour le mené à bien.
Par la suite, j’ai également passé par l’évaluation et la paperasse officielle de départ auprès d’Uniterra. De toutes les façons, je suis personnellement très satisfaite de mon mandat et de nos accomplissements. Je ressens doublement et même triplement la même chose chez les bénéficiaires alors pour moi c’est mission accomplie. Les objectifs ont tous été rencontrés alors l’évaluation objective tripartite est aussi très positive.
Les au revoir ne seront certes pas faciles, mais je quitterai mes gens dans la joie de tant de moments agréables passés ensemble. En ayant été seule étrangère dans le projet et au village, je me suis beaucoup rapprochée des gens. Mes collègues sont devenues des amis, mes voisins de la famille, tous m’ouvrant grandement la porte sur leur monde. J’ai tout de même bien hâte de retrouver le mien, et malgré tout un peu peur du choc de retour. Mais en en étant consciente, on va bien gérer! Alors voilà Burkina, et inchallah on se reverra!
Mylène
Le début de la fin
Et bien ça fait un moment! Que se passe-t-il avec la petite blanche de Bama!? C’est qu’elle est de moins en moins blanche, en tout cas dans ses habitudes! On m’a renommée Mylène Ouédraogo depuis que j’ai surpris tout le monde en intervenant dans leur conversation en moré. On ne peut plus rien me cacher, je connais trop bien le contexte pour être totalement perdue :P
Le rythme africain est maintenant le mien. Les nouveautés sont moins fréquentes. Après avoir rencontré tellement de personnes, je m’adonne maintenant et approfondir les relations plutôt qu’à en commencer de nouvelles. Et s’en est d’ailleurs toute la richesse. Le travail a même fini par devenir routinier. Non, quand même pas sans surprises à chaque matin, mais les surprises sont maintenant la routine ;P On gère au quotidien ce qui nous tombe dessus en essayant d’en prévoir quelques coups. Bien que ça me laisse beaucoup moins de temps pour travailler aux documents que j’ai à mettre en place pour mon mandat, travailler à deux avec quelqu’un qui prend des forces de jour en jour en gestion me plaît beaucoup. Je crois que le plus dure pour lui à mon départ ne sera pas de faire le travail seul puisque nous allons nous assurer qu’il est bien outillé pour le faire, mais de ne plus avoir un deuxième avis pour gérer toutes les questions qui jaillissent. Entre l’étuvage, les 329 étuveuses, les 16 membres du bureau exécutif, le partage des responsabilités, le riz étuvé, le riz blanc, les prix, les clients, les bénéfices, les charges, les investissements, le crédit, les remboursements, les trois petites caisses différentes pour aller avec les trois comptes de banque différents selon les partenaires…! Je vous assure qu’un deuxième avis est toujours très apprécié. D’autant plus dans mon cas qu’il faut ajouter les différences culturelles, ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, ce qui se dit, ce qui ne se dit pas, et dans quelle langue en plus! Donc vous comprenez bien que je suis là pour appuyer mon homologue, mais il m’a beaucoup appuyée aussi avec ses opinions et ses traductions qui ont accéléré d’un cran la tenue des réunions.
J’entame maintenant mon 5ième mois de 5. Avec la dernière semaine réservée à l’évaluation et le retour en ville pour prendre l’avion, ça sonne un peu fin de mandat tout ça. J’ai rencontré cette semaine mon responsable d’Uniterra pour la dernière fois avant qu’il ne vienne m’arracher à ma vie parallèle africaine. On a discuté des derniers objectifs à atteindre d’ici la fin. Entre temps il sera au Canada, je crois pour signer officiellement son nouveau contrat. Parce qu’en fait j’ai changé de responsable pendant leur longue absence pour les vacances du mois d’août. Au retour, mon partenaire terrain était devenu mon responsable Uniterra, et ne l’ayant pas remplacé dans son ancien poste, je n’ai plus de partenaire terrain.. J’ai gagné un homologue, mais en même temps j’ai perdu mon partenaire terrain :P Ahhhh l’Afrique J J’ai oublié de lui demander de me ramener un souvenir du Canada !!!
Donc début de la fin, les meilleurs moments, la dernière bouchée. Il faut bien en profiter. Je vais donner tout ce que je peux pour bien terminer mon mandat et partir rassurée de savoir l’Union entre bonne main et sur la bonne voie. Mais c’est déjà pas mal le cas. Cette première campagne n’aura pas été facile, mais ça ne pourra que mieux aller pour les suivantes.
Je vous en redonne des nouvelles, mais j’avoue que je commence à être un peu perdue dans ce que j’ai déjà dit ou pas. Entre les messages à ma famille, les rapports mensuels, le rapport pour Uniterra, mon rapport final de stage, les comptes-rendus aux partenaires, les discutions avec les voisins, mon copain au téléphone et ce blog, c’est fort possible que j’en oublie des bouts, et encore plus que je me répète !! Alors soyez indulgents, le rapportage sur le terrain est aussi pire que ce qu’on nous a raconté dans les cours de développement international :P
Mylène
Ma nouvelle passion; le tailleur!
Les habits burkinabés sont l’une des premières choses qui frappent ici. Ces belles grandes noires bien droites portent avec tellement de prestance des tissus aux motifs et aux couleurs très vivifiantes et aux coupes très singulières. C’est donc tout un autre monde de la mode que je découvre ici, et surtout une tout autre façon de la consommer; le tailleur!
Contrairement au prêt-à-porter qui donne lieu à une certaine uniformité de l’habillement, ici l’originalité est plus facile à trouver. Dans la mesure où pour se confectionner un vêtement, on effectue pratiquement nous même toutes les étapes, celui-ci devient ensuite quelque chose de très unique et renferme toute une histoire.
Pour ma part, j’y ai très rapidement prix goût. Pourtant, j’avais au Québec perdu totalement tout intérêt pour le magasinage et l’achat de vêtements était devenu un mal nécessaire que je repoussais au maximum. Ici, c’est une longue épopée; Je choisis d’abord mes tissus au fil de différentes rencontres avec les vendeurs du grand marché, ou au cours de voyages à travers le Burkina. Je garde ensuite mes tissus un bout de temps à la maison, le temps d’imaginer ce que je pourrais bien tailler dedans. Je me rends ensuite chez mon tailleur (Et oui! Un HOMME!) et nous discutons ensemble des modèles. C’est très spécial de discuter avec un homme de la coupe d’une jupe ou de la manière dont tombe un chemisier cintré à la taille, mais ici le métier de tailleur est essentiellement masculin. Et ils sont très minutieux! Je dessine moi-même les morceaux, et je me fais très inventive! Parfois même un peu trop.. ce ne sont pas tous les essaies qui sont convaincants!
Alors voilà, comme je ne pourrais dépenser mon argent à m’offrir de petites gâteries du style restaurants ou divertissement puisque ces choses sont inexistantes à Bama! je m’offre le luxe qui semble être celui d’ici de se faire confectionner des habits, non seulement pour le résultat final, mais pour l’activité que cela constitue en soi. Attendez de voir les résultats! (Je me demande si cela sortira aussi bien chez nous à travers toute la neutralité de nos teintes unies… vous allez me voir arriver de loin
Mylène
Saison des pluies
Qui l’eut crut! Elle a fini par arriver, et en force
Au mois de juillet on criait famine pour 2010, changement climatique, la saison des pluies nous fausse compagnie..! Mais voilà maintenant que le mois d’août lui ne laisse pas sa place. Il pleut! Tant mieux pour les producteurs, mais pour les étuveuses de riz.. pas facile comme on le dit si bien en Afrique! Il se trouve qu’à notre niveau, on a besoin de soleil pour faire sécher le riz avant de pouvoir le vendre. Et comme la saison avance et que le riz se fait plus rare, les affaires sont bonnes pour nous… à condition de pouvoir répondre à la demande. Celle-ci se chiffrait à 13 tonnes dimanche dernier, mais sans soleil, ce n’est pas même un seul grain de riz que nous pourrons livrer. Mais ça ira!
Avec la pluie un peu de fraicheur? Oui en effet, après la pluie on a presque «froid». Pourtant le plus bas que j’ai vu s’afficher sur mon thermomètre-cadran c’est 25.5 degrés celsius ce matin, et ça a quand même réussi à monter durant la journée jusqu’à 32-34. En fait le temps se réchauffe beaucoup, mais cela fini par exploser dans un orage du tonner! où la pluie rétablie l’équilibre jusqu’à ce que le temps se recharge pour une autre rafale. Alors je réussi encore à me plaindre que j’ai chaud, mais rien à voir avec le mois de mai. C’est maintenant assez confortable et disons-le, comme on souhaiterait avoir nos étés au Québec!
Sinon c’est la boue et les herbes qui dominent. Je dois prendre mon vélo pour traverser la mare près de chez moi et me rendre au bord du goudron!! Je me suis fait avoir aussi à emprunter une route un peu hors piste que j’avais découvert avant les pluies.. résultat, les pieds dans l’eau jusqu’au genou (et l’eau était bouillante au soleil!) à côté de mon vélo, tordue de rire à me demander de quoi je peux bien avoir l’air en ce moment, et si à ce stade c’est mieux de continuer ou de rebrousser chemin!! (goût de l’aventure très aiguisé, j’ai continué!)
D’ici la fin, j’airai le temps de voir le paysage s’assécher un peu et de contempler les bienfaits de ces pluies sur le riz rendu à maturité.
Mylène
Mi-mandat : Après l’escalade, la descente rapide!
Et oui! Mi-mandat!! Après avoir compté presque chaque soir les semaines restantes durant le premier mois, j’ai finalement très bien réussi à arriver à grimper jusqu’au pic de la moitié du séjour. Une fois en haute, le compte à rebours se met à descendre de façon fulgurante. Trop même! Heureusement dans mon cas, la moitié dure quand même encore deux mois et demi, mais deux semaines plus tard et c’est deux mois seulement, puis ensuite le dernier mois…! En tout cas je peux dire à ce stade que vraiment je m’y plais bien et que je suis contente d’avoir pris 5 mois au lieu de 4 pour bien entrer dans mon milieu d’accueil.
Mylène