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Mon dernier blogue avant mon « entre deux ! »
Mon dernier blogue avant mon « entre deux ! »
Nous sommes le 1er décembre et en théorie j’ai terminé mon stage Managers Sans Frontières hier le 30 novembre ! Mon statut a quelque peu changé : mon mandat ayant été renouvelé pour 7 mois à partir d’aujourd’hui, je suis donc considérée dès maintenant comme une coopérante volontaire long-terme 1 an ! Wow !
J’ai donc décidé de me prendre quelques jours de congés pour retourner au Québec en décembre. Je devrais y être en ce moment mais mon vol a été annulé et j’en ai profité pour reculer la date d’une semaine. J’arriverai donc le 6 décembre à Montréal pour revenir au Burkina le 6 janvier ! Cela me laisse plus de temps pour préparer mon départ temporaire au niveau de la logistique et du suivi des projets de l’ACEE.
Mes derniers moments sont bien sûr, je ne vous surprends pas, remplis d’action encore une fois ! L’atelier de deux jours avec les partenaires d’Oxfam-Québec s’est très bien passé et a donné des résultats positifs. Les partenaires savent plus à quoi s’attendre de nous et nous comprenons mieux leurs besoins. Par ailleurs j’ai pu entre temps accompagner l’ACEE lors de sa présence aux Journées Entrepreneuriales Burkinabés. J’ai encore une fois été surprise de leur débrouillardise de dernière minute ! Je dois dire que j’ai souvent été témoin d’anecdotes assez croustillantes à ce niveau : vraiment je crois qu’à force d’être toujours à la dernière minute ils ont développé un sens de débrouillardise, de réflexe, de « patentage broche à foin » qui, ma foi, donne de très bons résultats ! Moi qui suis extrêmement organisée, j’essayais toujours de tout planifier au moins une semaine à l’avance (déjà je trouve cela très court !). J’ai appris à faire confiance à mes partenaires dans leur gestion du temps car ils trouvent toujours un moyen de tout arranger les fameux imprévus à la toute dernière minute et cela donne tout de même de bons résultats ! Un peu stressant, mais efficace… haha ! Chacun de notre côté, on réussi tranquillement à s’habituer à la façon de travailler de l’un et l’autre. Vraiment, je dois dire que j’ai vécu des anecdotes croustillantes à tous les niveaux ici… je pourrais en parler des heures !
Mon guide de formation est enfin terminé et je ne le réalise pas ! Je travaille sur ce guide depuis juillet et à la fin j’en avais vraiment marre, j’avais presque hâte de le faire imprimer juste pour le brûler… haha ! Finalement je suis bien fière de moi, j’ai fini par le finir ! Je le présente demain à l’association ADEP et j’ai bien hâte. Le fait que je revienne dès janvier en plus est très avantageux à ce niveau car nous aurons l’occasion d’en rediscuter et même d’entamer quelques étapes dans le processus de création d’activités génératrices de revenus.
Maintenant je me prépare pour mon retour temporaire au Québec. Côté boulot je dois m’assurer avant de partir que tout se passera bien pendant mon absence. Je ferai le suivi à distance avec l’ACEE sur les 2 projets : le concours de plan d’affaires et le projet de centre de développement d’entreprises dont nous signerons le protocole d’entente officialisant le démarrage du projet cette semaine. Au retour en janvier, avec le représentant, nous recadrerons les tâches de mon poste qui seront plus ciblées vers l’ACEE. Dès mon retour j’appuierai l’association à sélectionner les lauréats du concours et à commencer le recrutement des participants du centre pour ensuite débuter les formations.
Côté logistique tout se passe bien ! Mes jours de vacances sont pris, mes billets d’avion sont réservés et j’ai presque tout acheté mes cadeaux de Noël! Ma coloc et moi avons trouvé une jolie maison qui nous plaît beaucoup, nous aurons deux chats et nous aurons une nouvelle femme de ménage et cuisinière. Notre liste de trucs et cadeaux à rapporter du Québec est rédigée, nous avons déjà planifié quelques voyages au retour, dont un au Mali, avec des copains et ma famille de Bobo… donc nous sommes très enthousiastes ! De plus, j’ai su que ma coloc de l’été dernier, Stef, revient faire un stage en médecine l’été prochain au Bénin ! Je planifie donc peut-être un petit voyage dans cet autre coin de l’Afrique de l’Ouest !
Côté loisir j’en ai profité le week-end dernier, comme nous avions un férié pour la Tabaski (la fête du mouton) pour aller à Banfora chez Fabrizio avec Annie et Lina, deux nouvelles coopérantes. Ce fut trois superbes jours à visiter le coin en moto en traversant de petits villages parsemés de petites maisons, de palmiers, d’enfants qui rient et qui courent derrière nous! Résultats : de très beaux moments, des images superbes gravées dans ma tête !
Cette semaine nous avons aussi un cocktail de prévu dû à la visite de l’ACDI sur le terrain ainsi qu’un 5 à 7 chez l’ambassadeur vendredi ! Samedi, je prévois bien sûr inviter ma délégation burkinabé et québécoise à venir boire un pot à la maison avant mon départ !
Côté personnel et bien je vis tout un mélange d’émotions ! Comme le mentionne mon titre, mon passage au Québec représente véritablement un « entre deux ». Maintenant que je me suis habituée à ma vie burkinabé, je devrai me réadapter au Québec pour ensuite revenir ici … ! D’un côté j’ai hâte de revoir mes proches, respirer l’air pur du Lac-St-Jean, jouer dans la neige, fêter Noël et manger de la bonne « bouffe » des fêtes ! Je compte vraiment profiter de tous mes moments passés en famille et avec mes amis car 1 mois passe vraiment très vite. D’un autre côté je me sens bien ici au Burkina, je sens que je me suis bien adaptée (même si selon moi cette adaptation se fait de façon continue) et j’ai l’impression qu’une partie de moi restera ici ! J’ai hâte de voir comment mon séjour va se passer, je l’appréhende vraiment beaucoup et me considère très chanceuse de vivre tout cela. Je ne réalise pas que je serai au Québec dimanche soir, ouf, j’ai si hâte !
Je suis très heureuse de mon stage, j’ai appris énormément de choses autant au niveau professionnel que personnel. J’ai compris bien des facettes du développement, quelles soient positives ou négatives, et je sais maintenant que j’ai choisi la bonne voie! J’ai aussi eu des moments plutôt difficiles mais tout est une question de temps. J’avoue par ailleurs que j’ai eu beaucoup plus de moments merveilleux. Je repense au travail acharné et motivé de mes partenaires, à la rencontre avec mes amis Burkinabés et à mes multiples voyages à travers le pays. Je comprends de plus en plus que l’Afrique ne peut être une simple terre de passage; pour vraiment l’apprécier, il faut la vivre ! Il y des moments, heureux ou non, qui ne s’expliquent pas, qu’on ne peut pas vraiment décrire ou même représenter en photo; il faut être là pour les vivre.
Je me sens de plus en plus à l’aise et tout cela a mené à un renouvellement de mandat et je dois vous avouer que je suis bien fière de moi.
J’ai hâte de revenir poursuivre ce que j’ai commencé ici, je n’idéalise pas exactement tout ce qui m’arrive car je sais que la vie n’est pas toujours rose mais je vais faire de mon mieux. J’ai confiance en la vie, elle ne nous mène jamais nulle part !
Sur cette belle phrase philosophique(!), je souhaite à tous ceux qui sont actuellement sur le terrain ou qui le seront sous peu de vivre une expérience incroyable et de ne jamais perdre de vue vos objectifs: profitez le plus possible de chaque moment !
Et merci à tous ceux qui m’ont lu et qui m’ont encouragé ! Alors, on se croise peut-être au Québec, au Burkina Faso, ou dans un autre coin merveilleux de la planète… qui sait !
Magali
La fin ? Pas vraiment !!!
Avouez que mon titre titille votre curiosité ! Je suis certaine que vous n’en pouvez plus de ne pas savoir quel est mon « scoop » et je vous imagine rivés sur votre écran à vous ronger les ongles. D’accord, j’irai donc droit au but tout en élaborant un peu et détournant un peu le sujet, comme le fait si bien les Africains, afin de revenir au point principal, le tout pour vous donner un peu de suspense. Alors allez vous préparer du « pop corn » !
OK, j’en mets un peu… mais sachez que ce « scoop » est un véritable changement dans ma vie. Tout a commencé un beau matin sous le soleil de plomb bien assise sur ma mobylette à me poser milles questions existentielles tout en essayant de ne pas me faire percuter par les autres motards burkinabés. Je suis vraiment devenue une pro de la « P50 » puisque je réussi à réfléchir tout en conduisant ! Un exploit ! Je me disais entre autre à quel point ce pays est merveilleux, que je me suis fait de bons amis, qu’il commence à s’installer un climat vraiment très jovial au boulot et que les projets avec mes partenaires avancent vraiment bien. Tout cela mis ensemble me faisait donc bien de la peine à devoir partir ! Mais, il faut ce qui faut dans la vie ! Toute chose a une fin !
C’est alors que de multiples événements surgirent tous en même temps dans ma vie ! Entre autre, je revenais tout bonnement du Sahel avec Fabrizio quand soudain j’aperçus que ma nouvelle coloc était arrivé à la maison ! Mais que vois-je ? Oui oui, encore deux autres nouveaux coopérants arrivent au bureau ! S’en suivirent des soupers au restaurant, des discussions délirantes et un comité social sera maintenant formé sous peu.
De plus, mes copains Burkinabés se donnèrent tous le mot pour me dire en d’autres mots à quel point je suis sauvage de partir d’ici et qu’ils savent très bien que je ne reviendrai jamais car les « expats » disent toujours qu’ils reviennent un jour mais que ce n’est pas vrai !
De plus…mais, attendez… oui, on me dit à l’instant que le projet FDD de l’ACEE a été accepté après tous nos efforts intenses à retravailler ce projet 50 fois ! Il pourra débuter en décembre ! L’ACEE est heureuse et moi je ne me peux plus ! Ah non… mais je ne peux pas les abandonner comme ça avec tous leurs projets ?
Que faire ? Je me rappelle donc toutes les fois où mes collègues, mes amis locaux, les employés de la bâtisse, mon boss m’ont littéralement harcelé afin que je reste ! Vais-je céder ?
Suite la semaine prochaine… Ah mais non, je vais vous le dire maintenant
Avec tous ces facteurs positifs j’ai pris la grande décision de courir tel une gazelle jusqu’au bureau du représentant d’Oxfam pour lui demander les éventuelles possibilités qui s’offrent à moi ! Je dois quand même noter ici que mon billet d’avion pour mon retour au Québec est acheté et que j’arrive à Montréal le lundi 30 novembre à 17h15, s’il n’y a pas trop de retard ! C’est alors qu’il s’est empressé de « skyper » le siège à Montréal. Après même pas une heure de stress et de mains moites, le siège appelle ! Verdict : (roulement de tambours ou de « djembés » comme vous voulez) le siège m’offre un nouveau contrat de 6 mois de janvier à juillet !!!!!!!!!!!!!!!!
Tout le monde saute partout sur les bureaux et on lance des confettis ! Bon OK, pas tant que ça, mais on est content ! Je retourne donc au Québec pour tout le mois de décembre afin de remettre mon rapport, finaliser mes études (j’ai fini mon Bacc !!!), fêter Noël et je reviens au début janvier pour mon tout nouveau contrat !
Nous sommes en train de travailler sur ma description de poste. Je reviens donc au Burkina Faso non pas comme stagiaire mais comme coopérante volontaire pour le même poste : Conseillère en Entreprenariat et Employabilité Jeunesse. Mais maintenant on va me faire un mandat sur mesure selon l’appui que je peux offrir et selon les besoins de l’ACEE et en autonomisation des jeunes.
N’est-ce pas merveilleux ? Comme ma nouvelle coloc, qui est super géniale, retourne aussi au Québec en décembre, on s’est fait une super liste de trucs à ramener, entre autre : du sirop d’érable, de la sauce « hot chicken » et du beurre de « peanut » ! Bien sûr que je vais en profiter pour ramener des petites surprises à mes copains Burkinabés ! D’ailleurs, hier mon ami Cires m’a sauté dans les bras quand je lui ai appris ma bonne nouvelle !
Nous devons aussi déménager car mon retour n’était pas prévu et une nouvelle coopérante prend ma maison pour 2 ans. Nous allons donc déménager dans un autre quartier qui nous permettra d’être plus près du bureau et de nos amis. Ah non… on va devoir nous magasiner une maison… mais quelle tâche abominable ! hihi
Bref, je crois que vous sentez mon émoustillement face à cette nouvelle ! Plus sérieusement je dois dire que je suis très heureuse d’avoir la chance de revenir appuyer l’ACEE, cette association qui mérite grandement qu’on l’accompagne dans ses projets qui sont à mon avis si novateurs ! J’aurai donc la chance de voir se concrétiser les projets que j’ai entamés et appuyé à élaborer avec mes partenaires. Les gens que je côtoie sont merveilleux et je vais avoir l’occasion d’en profiter encore un autre 6 mois ! A mon VRAI départ ( !) je vais avoir été 1 an sur le terrain sur le même poste et je dois avouer que cela est une opportunité incroyable que je ne pouvais vraiment pas laisser passer !!! Je reviendrai donc au Québec vers juillet et je commencerai ma maîtrise en septembre.
Alors en ce moment, je rédige mon rapport semestriel pour Oxfam-Québec, je devrais fortement commencé celui de Managers Sans Frontières, je travaille à planifier le projet FDD accepté (le Centre de Développement d’Entreprises de l’ACEE), à organiser une activité pour la semaine prochaine pour le projet MRI (le concours de plan d’affaires), à me préparer pour l’atelier de la semaine prochaine de 3 jours avec tous les partenaires d’Oxfam-Québec, à finir mon guide AGR au plus vite et à préparer la formation qui se fera quelques jours avant mon retour au Québec ! Oui je suis bien occupée, alors je vous récrirai un peu avant mon retour ! Bonne semaine !
Ma première mission et mon passage au Sahel !!!
Quoi déjà novembre ?! Le mois d’octobre fut un courant d’air on dirait dans ma vie ! Et oui, je suis toujours en plein dans le feu de l’action ! Depuis mon dernier message, je n’ai pas arrêté une minute, que ce soit au boulot ou dans mon quotidien.
Tout d’abord, mon traitement contre mes parasites s’est enfin terminé jeudi dernier, et il était temps ! Vraiment il m’empêchait de dormir une nuit complète et même de manger… je me forçais le plus possible mais les nausées prenaient pratiquement toujours le dessus. Pour aider à ma cause j’ai décidé de retrouver quelques habitudes québécoises : me cuisiner de bons petits plats. En effet, le fait d’avoir été malade a vraiment confirmé mon « écoeurantite » de riz sauce huileuse ! J’en ai tellement mangé les 3 premiers mois que je crois que je peux me permettre de me gâter un peu ! Alors en me cuisinant mes repas cela a aidé un peu à ma cause. Cela fait maintenant environ 4 jours que mon traitement est terminé et j’ai déjà repris beaucoup de force !
C’est donc en présence de mes parasites que j’ai réalisé ma première mission ! Mais je dois dire que cela s’est tout de même bien passé, malgré la fatigue constante. Je suis partie à Bobo-Dioulasso en automobile avec le chauffeur d’Oxfam-Québec du 26 au 29 octobre dernier. En général je suis très heureuse des résultats de cette activité. Je vous rappelle les objectifs de la rencontre :
- Lancer officiellement la compétition de plan d’affaires auprès des jeunes des CEE ;
- Former ces jeunes au canevas de montage de projet et de plan d’affaires ;
- Offrir une formation en innovation et créativité ;
- Réaliser la première rencontre annuelle de tous les CEE et prévoir la prochaine ;
- Élaborer le plan d’action de l’année ;
- Permettre aux CEE de se rencontrer, d’échanger et d’avoir réponses à leurs questions auprès de leur association : l’ACEE.
Mon rôle fut tout d’abord d’appuyer l’ACEE à organiser et faire le suivi de cette activité, qui est l’une des nombreuses composantes du projet MRI. Je vous disais justement dans mon dernier message que nous avons couru partout pour réaliser tout à temps ! Je dois dire que l’ACEE a fait preuve d’une grande débrouillardise et que j’étais très fière de les accompagner dans ce projet. L’objectif de ma mission était donc de représenter Oxfam-Québec à la cérémonie d’ouverture et tout au long de l’activité, d’appuyer l’ACEE dans l’organisation, de m’assurer que leurs propres objectifs de la rencontre soient atteints, que les formations aient lieu et soient gérées de façon adéquate et de m’assurer du suivi de la rencontre ainsi que du respect du budget alloué à cette composante. Le contenu a été génial ! Tout s’est bien déroulé, les formations étaient participatives et en plus offertes par des membres de l’ACEE. J’y tenais fortement car l’ACEE voulait prendre un consultant même s’ils ont les compétences ! Finalement ils se sont très bien débrouillés et cela a apporté plus de crédibilité auprès des jeunes. De plus, c’est moi qui ai lancé officiellement le concours avec mon discours et nous avons été interviewé par la télévision nationale. Et oui, mon interview a passé aux nouvelles Burkinabé !
Une seule remarque négative : leur retard TRES considérable. Il est arrivé à 3 reprises que le comité organisateur de l’ACEE est arrivé avec 1h ou même 1h30 de retard ! J’ai eu de mauvais commentaires des jeunes à ce niveau… non mais je veux bien croire qu’on est en Afrique mais il ne faut pas abuser hein ! Ils devront mettre cet élément dans le rapport et à mon niveau je vais essayer de travailler avec eux, dans la mesure du possible avec le temps qui me reste, à améliorer leur gestion du temps ! Si je n’ai pas le temps, cela fera partie des renforcements des capacités que le prochain coopérant qui me remplacera aura à travailler avec eux. Justement, je compte préparer un bon dossier pour ce nouveau afin qu’il puisse reprendre le travail et savoir ce que j’ai fait. Mon mandat ne présente pas des objectifs concrets : je fais partie d’un processus, d’une étape. Alors je dois pouvoir passer le flambeau adéquatement !
Par ailleurs, à mon retour de mission jeudi dernier, je devais préparer la rencontre mensuelle de l’équipe du bureau pour le lendemain car c’est moi qui devais la présider. Tout s’est très bien passé et les Québécois ont bien apprécié ma citrouille et mes bonbons pour l’Halloween ! Cette fête que nous avons au Québec n’est pas connue ici, alors il a fallu un peu expliquer tout cela aux Burkinabés qui étaient un peu confus de manger des bonbons à 8h le matin hihi !
Décidément, je suis tellement occupée pour mes 4 dernières semaines que je ne pourrai malheureusement pas prendre mes vacances comme prévu. Mon ami qui devait venir me rejoindre ne peut plus venir alors j’ai tout mis cela de côté. La touriste en moi était bien triste de ne pas aller au Pays Dogon et au Sahel comme prévu ! Mais comme par miracle un jour férié s’est pointé par surprise : lundi c’était la Toussaint alors cela nous faisait un long congé ! D’autant plus que le bureau ferme à 13h le vendredi ! Alors comme mon collègue de Banfora, Fabrizio, était en ville pour la rencontre mensuelle, nous avons décidé de partir à l’aventure dans le Sahel ! Oh j’étais si contente que je gambadais dans ma maison en faisant mes bagages !
Vraiment le Sahel c’était génial ! Pour bien s’imprégner de la vie nomade et désertique il faut y rester un peu plus de temps bien sûr, mais nous n’étions pas en vacances, nous devions nous faire un itinéraire assez stricte et précis ! Nous sommes partis dans un bus tellement débâti que si je n’avais pas été accompagné de Fabrizio je crois que je serais descendue ! Les sièges déchirés, des trous dans le plancher camouflé par des planches de bois, des vitres cassées… ! Mais on s’était informé et puis on nous disait que le bus était en bon état… haha ! Le voyage s’est heureusement très bien déroulé, les trous dans les fenêtres faisaient passer le vent donc on était bien hihi ! Après 7h30 de route, parfois asphaltée, parfois ensablée, nous sommes arrivés dans la ville de Gorom-Gorom au nord du pays. Un ami du logisticien d’Oxfam-Québec nous avait conseillé un guide là-bas et en effet il nous a fait un itinéraire super ! Nous avons dormi dans un campement dans une case en banco et toit de paille, nous avons visité un musée et des ruines archéologiques présentant un village datant du 10e siècle qui a contribué au commerce du sel, de l’or et des esclaves. De plus nous avons eu la chance de se rendre à Oursi, une genre d’oasis entourée de dunes de sable construit sur les bords d’une magnifique mare de nénuphars où viennent s’abreuver tous les animaux des élevages nomades et sédentaires : bœufs, chèvres, chevaux, dromadaires, etc. Justement nous avons fait une petite promenade de dromadaire avec des Touaregs et c’était génial ! Nous étions chanceux car dimanche c’était le marché d’Oursi. C’est vraiment un endroit authentique où j’étais encore plus dépaysée qu’à l’habitude. De voir les gens Touaregs, Peuls, Bellas, etc., vêtus de leurs plus beaux habits colorés, les hommes avec leur « sheish » (genre de turban) et leur grand sabre, et les femmes arborant pleins de bijoux… vraiment c’était de toute beauté ! Le plus beau c’est que ce n’est pas du genre « attrape-touriste », les gens portent véritablement ces vêtements pratiquement à tous les jours, surtout les jours de marchés, et non pour attirer les touristes comme on peut le voir à bien d’autres endroits dans le monde. Bref, j’ai tellement passé une belle fin de semaine ! J’étais en bonne compagnie et j’étais en plus si émerveillée du paysage : les campements nomades, les gens, les dromadaires, la savane aride, les acacias et surtout la vue des dunes de sable ! Ce premier contact avec le désert m’a fait gambader une fois de plus les pieds dans le sable brûlant et les tresses dans le vent… j’étais aux petits oiseaux ! Haha !
Je suis maintenant de retour au boulot pour mon 5e mois, mon sprint final ! Je vous reviens bientôt sur les détails de cette fin de périple qui approche à très grand pas…
Que d’imprévus!
Bonjour !
Vraiment, le mois d’octobre passe comme l’éclair, novembre approche ! Je commence à voir venir la fin de mon mandat (le 30 novembre), je dois justement remettre mon rapport semestriel final à Oxfam-Québec pour le 5 novembre ! Comme le montre bien le titre de mon message, ma vie est parsemée d’imprévus ! Je ne vous ferai pas une liste détaillée car ce serait bien long mais je vous donne un petit aperçu. Autant que cet été tout était tranquil que maintenant tout arrive en même temps, que ce soit au boulot, dans ma vie quotidienne et même dans ma vie au Québec. Au moins, le moral est bon !
Je ne vous ai pas écris la semaine dernière car je suis malade depuis un certain temps. Le moment que j’avais prévu à mon horaire pour vous écrire, en fait je l’ai passé en consultation chez le médecin. J’ai finalement eu les résultats cette semaine et puis j’ai pleins de petits amis dans mon ventre communément appelés des parasites ! Ils m’ont donné la vie dure la semaine dernière : fatigue, crampes, nausées…aller-retour aux toilettes… ! Et ils me grugent mon énergie car je les nourris en mangeant et ils se multiplient… ouach ! J’ai un traitement de 10 jours qui devrait tout éliminer ces petits vilains. Et j’en ai aucun doute car c’est un traitement très fort m’a-t-on dit. Effectivement, les effets secondaires sont quelque peu perturbants : nausées, vertige, insomnie, fatigue. En tout cas, au moins ils ne reviendront plus ! Je ne sais pas exactement d’où ils viennent, mais je vais redoubler ma prudence sur les aliments que je mange, surtout les légumes crus. Mais il ne faut pas s’inquiéter car je vais quand même bien, je me repose beaucoup malgré tout le travail à faire !
En effet, au boulot depuis 2 semaines vraiment, c’est le « rush ». Tous les membres de l’équipe du bureau ont dû repasser ses documents respectifs de projets avec ses partenaires en entier, retranscrire ses projets dans de nouveaux canevas, refaire du travail déjà fait, faire des réunions d’urgence, retravailler le contenu des projets et retravailler encore ces mêmes projets ! Vraiment, autant ici qu’au siège à Montréal, on ne chôme pas ! En effet, des petites surprises sont arrivées : de nouveaux canevas de travail et des nouveaux critères de projets à respecter !
Bref toutes ces péripéties de projets nous ont fait courir partout, nous et nos partenaires ! Maintenant que nos projets sont enfin finalisés et soumis, nous attendons de voir lesquels le siège va accepter de mettre en œuvre. En espérant que celui avec l’ACEE, le projet « Incubateur d’entreprise » dont je vous ai déjà parlé, sera de ceux-là ! Nous gardons espoir pour chacun des projets tout en gardant en mémoire qu’ils ne pourront pas tous se réaliser. À suivre!
Finalement, tout cela a tout de même fait retarder l’avancement de mon guide en création d’activités génératrices de revenus pour ADEP. Mais j’ai repris le travail en force cette semaine et l’association m’a même contactée pour que je puisse donner la formation sur le guide bientôt. Parallèlement, je suis en train de courir partout pour préparer avec l’ACEE leur prochaine activité du projet MRI qui se déroule mardi et mercredi prochain à Bobo-Dioulasso : la rencontre annuelle de tous les CEE du pays et le lancement du concours de plan d’affaires ! C’est ma première mission et j’ai bien hâte ! Je dis « courir partout » car encore une fois certains imprévus ont fait que l’activité a dû être reportée et que certaines choses se font un peu trop à la dernière minute à mon goût… disons que nous avons des manières de travailler un peu différente et il faut savoir s’ajuster hi hi !
Je vous raconte tout cela pour vous faire part de mon vécu des dernières semaines et non pour critiquer bien sûr. Il arrive que des difficultés hors contrôle surgissent et il est important que j’en prenne compte. De toute façon, je crois que peu importe où nous soyons dans le monde, il est rare qu’il arrive exactement ce que nous avions prévu ! Ici je me rends compte en plus que même si je me fais un horaire, il finit toujours par être modifié ! Alors j’apprends à négocier avec ces imprévus. C’est aussi pourquoi, à mon avis, on m’a donné un mois pour retravailler mon mandat et faire mon plan de travail quand je suis arrivé en juin. Finalement, nous avons dû le refaire 3 fois ! Je crois que souvent on arrive sur le terrain et puis finalement certains imprévus font que notre rôle à jouer ici sera plus ou moins semblable à ce que nous avions prévu. Oui il s’agit évidemment de bien savoir faire une planification mais selon mon expérience, je crois qu’il faut savoir être flexible et reconnaître que même si on avait un but concernant notre mandat avant de partir, ou même une fois arrivé, celui-ci peut très bien changé en cours de route. Car ce qui est important finalement ce sont les besoins de nos partenaires, des gens pour qui on est venu travailler ici. Je ne veux pas généraliser, cela dépend des mandats, bien sûr ! C’était une petite (ou longue…) parenthèse!
Finalement, je dois vous avouer qu’à mon niveau, toutes mes péripéties de vie m’ont été très constructives, et puis en ce qui concerne le boulot, j’en ai beaucoup appris sur les projets d’Oxfam en les retravaillant autant!
En ce qui concerne ma vie personnelle ces temps-ci, comme je suis malade je ne sors pas beaucoup et je me couche très tôt. Mais j’ai souvent de la visite de mes amis Burkinabés qui ont bien hâte que je me remette sur pied ! J’ai aussi eu de la visite de Bama ! Et oui, Mylène, une des Managers, est venue passer quelques jours avec moi avant de quitter pour le Québec. Je suis également allée passer un week-end à Bobo chez ma parenté. C’était vraiment bien de pouvoir me baigner dans la piscine sous les cocotiers en me disant qu’il neigeait à ce moment-là au Lac-St-Jean hi hi !
Ce week-end je compte bien me reposer mais je devrai sans doute travailler un peu aussi. Mais j’ai tout de même quelques petites activités de prévues avec des copains ! Alors bon week-end à tous !
Au coeur de mon mandat
Déjà octobre! Il me reste exactement 7 semaines et demie à passer en terre burkinabé! Et cela est relativement court quand je pense que la durée complète de mon séjour est de 23 semaines, il ne m’en reste que très peu. Octobre est le mois pilier de mon mandat : mon guide de formation pour ADEP doit se terminer, la formation doit commencer, certains dossiers doivent se finaliser et comme la rentrée des classes est officiellement le 15 octobre les étudiants sont maintenant disponibles. Ce qui veut dire que nous pouvons commencer à organiser et à réaliser les activités prévues au programme du projet MRI de l’ACEE. Ce programme a été revu en entier et nous l’avons validé hier. Malheureusement pour moi, ce projet se déroulant jusqu’en août 2010, plusieurs des activités se feront inévitablement suite à mon départ! Par contre je suis très heureuse de pouvoir participer à la constitution et à la planification du programme, deux éléments extrêmement important pour la réussite d’un projet. En bref, à la fin octobre nous réaliserons une rencontre à Bobo-Dioulasso (la deuxième ville économique du pays à environ 4h30 de route de Ouaga) de tous les Clubs Entrepreneurs Étudiants du pays, qui regroupent 1500 membres, afin de réaliser une conférence sur l’innovation et la créativité en entreprenariat et pour lancer officiellement le concours de plan d’affaires. Je suis actuellement en train de réviser le canevas qui servira de guide aux participants pour monter leur projet. En novembre, l’ACEE participera activement aux Journées de l’Entreprenariat Burkinabé afin d’y mener des actions de sensibilisation et de plaidoyer. Alors ce sont les deux principales activités de l’ACEE dont j’apporte un soutien dans la planification et l’organisation, mis à part le soutien administratif que j’apporte au bon déroulement du projet, dont des rapports narratifs et budgétaires à réaliser à des échéances données.
Le projet continuera après mon départ : en décembre les jeunes remettront leur dossier et le comité du jury sélectionnera 15 projets selon les critères de sélection qui seront établis. En janvier, suite aux congés des fêtes, les promoteurs des 15 projets se verront offrir une formation de 15 jours afin de les aider à mettre en œuvre leur projet d’entreprise. Suite à la formation, les 7 projets les plus réalisables seront retenus et les lauréats seront soutenus dans le processus de création par un cabinet qui leur offrira un appui technique jusqu’en août. Ils recevront de plus de l’aide financière grâce à un partenariat avec la Banque Régionale de Solidarité du Burkina Faso, protocole que nous sommes à même de finaliser avec cette dernière. Le but est de créer au moins 5 entreprises distinctes. C’est donc un projet pilote et s’il remporte le succès attendu il pourra être renouvelé d’années en années et ainsi augmenter le nombre d’entreprises créées et donc par défaut, aider à augmenter avec le temps le nombre d’emploi et diminuer le chômage. De plus, l’ACEE est soutenue dans le renforcement de ses capacités organisationnelles afin qu’elle devienne autonome et n’aie plus besoin de l’aide financière et technique d’Oxfam-Québec. L’autonomie des partenaires est d’ailleurs le but principal de l’organisation. Alors nous souhaitons que ces projets puissent pérenniser et ce, indépendamment d’Oxfam. Il faut alors toujours travailler en fonction de cela, ne pas faire à leur place mais plutôt les accompagner dans leurs activités, que ce soit des tâches administratives ou des projets à mener, jusqu’à ce qu’elles puissent le faire seules.
Parallèlement, j’ai réussi à approcher le Conseil National de la Jeunesse pour discuter d’un éventuel partenariat avec l’ACEE et nous nous rencontrerons dans 2 semaines! En ce qui concerne leur projet Incubateur (le centre d’appui technique pour les jeunes entrepreneurs) dont je vous avais déjà parlé, la demande a été envoyée au siège à Montréal pour analyse et nous attendons le verdict.
En ce qui concerne le guide de formation en activités génératrices de revenus que je conçois pour ADEP, mes travaux avancent trop lentement à mon goût… avec la planification et les activités de l’ACEE le temps me manque un peu. Alors je me suis fais un calendrier que je devrai respecter si je veux finir à temps pour donner la formation aux futures formatrices avant de rentrer au Québec. Comme je ne connais toujours pas la date de cette fameuse formation, qui devrait se faire soit à la fin octobre ou en novembre, je dois être prête à tout moment! Je n’ai pas la moitié du guide d’élaboré, mais j’ai déjà tout le contenu des modules, il ne reste qu’à l’ajouter au guide et à peaufiner la méthodologie d’enseignement. J’espère que je réussirai à terminer à temps! Je suis confiante
Voici donc les derniers développements de mon travail ici, au moins en ce qui concerne mes partenaires. Parce qu’il y a aussi des tâches administratives à faire auprès d’Oxfam : des comptes-rendus des projets, des analyses de nouveaux outils, des rapports de rencontres, des participations à des campagnes d’Oxfam International, etc. Je considère que je fais un stage très intéressant! Malgré que l’entreprenariat ne soit pas un domaine dont je suis spécialiste, mon mandat étant plus au niveau de la gestion et de la coordination des projets, je crois que j’arrive à apporter un bon soutien à mes partenaires. J’apprends énormément de choses surtout. Souvent il est difficile d’évaluer le changement réel qu’on apporte en tant que coopérant. Puisque c’est un travail d’accompagnement, les résultats ne sont pas toujours concrets, le temps avance vite et on a parfois l’impression que les projets n’avancent pas au même rythme. Je comprends de plus en plus que le développement est un processus extrêmement long. Je crois que c’est avec le recul que je verrai plus exactement ce que j’ai apporté ici. À suivre!
Alors finalement, comme mes fins de semaine sont maintenant comptées, autant en profiter : je retourne visiter ma parenté à Bobo-Dioulasso! Bonne fin de semaine à tous et à toutes!