Archive pour la catégorie ‘Joël Teurtrie’

Les surprises de la cuisine népalaise

Je me suis récemment laissé surprendre par une particularité de la cuisine népalaise. Voici l’histoire :  

La semaine dernière nous étions en déplacement à l’extérieur du patelin où je travaille et, avec les collègues, nous sommes allés dans un restaurant ou l’on sert des grillades. En général, les Népalais ne mangent de la viande qu’une fois par semaine lorsqu’ils en ont les moyens ou, plus communément, lors des grandes fêtes qui se produisent seulement une ou deux fois par année. Certains sont végétariens par principe mais je dirais que la plupart le sont plutôt par nécessité, ils n’ont simplement pas les moyens de manger de la viande régulièrement…  

Puisqu’on était en déplacement, la Coopérative payait la note alors les employés voulaient en profiter pour manger de la viande. Vous comprenez pourquoi cette sortie était spéciale. 

Par tradition on ne mange pas de bœuf au Népal, la vache étant un animal sacré.  Par chance cette règle ne s’applique pas aux autres bovidés locaux, le yak ou le buffle. Tout le monde a donc pris du buffle grillé avec un accompagnement de cyurah. Je n’avais aucune idée de ce que c’était mais je leur ai fait confiance et commandé la même chose.  

Imaginez ma surprise lorsque j’ai reçu mon assiette (les Népalais ne mangent pas dans un plat commun, ils servent la nourriture comme nous dans des assiettes séparés). Le cyurah ce n’est ni plus ni moins que du Riz soufflé, d’authentiques Rice Krispies !! Dans mon assiette j’avais des morceaux de viande grillés d’un côté avec des Rice Krispies de l’autre, juste ça. 

Et les Népalais adorent ça. En fait ils n’envisagent pas d’autre manière de déguster leurs grillades qu’avec des Rice Krispies.

Passé le premier moment de surprise, je m’y suis attaqué comme les autres. En fait c’est assez bon comme accompagnement, un peu sec mais la sauce piquante remédie à cela. Et la viande de buffle était délicieuse ! 

On apprend des nouveaux trucs tous les jours, spécialement lorsqu’on est à l’étranger, mais ça j’avoue que je ne l’avais pas vu venir et cela m’a fait sourire. 

J’ai expliqué à mes collègues que chez nous le riz soufflé se mangeait traditionnellement le matin avec du lait, une quantité variable de sucre (dépendamment des croyances alimentaires des nos mères) et quelque fois des bananes ou des fraises. Mais pas de viande, en fait, surtout pas avec de la viande. Je pense qu’ils ce sont dits, comme bien souvent d’ailleurs, que le jeune bedeschi (le blanc) leur racontait encore des salades et ils ont poursuivis leur dégustation de grillades accompagnées de Rice Krispies. 

Le plus génial c’est que, lorsqu’on y ajoute la sauce, le riz soufflé fait vraiment Cric Crac Croc, comme dans mes souvenirs ! 

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Bus népalais et musique indienne

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J’adore écouter la musique indienne qui est omniprésente au Népal. Spécialement dans les bus quand je circule d’une ville à l’autre. Ils l’a font toujours jouer à plein volume, au point où le son n’entre plus seulement par les oreilles mais bien par tout le corps. L’isolement que procure le fait de ne pas s’entendre penser compense le fait que les gens sont tellement tassés les uns sur les autres qu’ils n’ont plus vraiment de bulle personnelle. En fait, sans la musique, on est tellement serré dans ces bus que notre voisin nous entendrait probablement penser lui-même.

 

Lorsqu’on écoute cette musique, on a toujours l’impression que ce n’est pas juste une voix avec quelques instruments que l’on entend jouer comme c’est généralement le cas chez nous mais plutôt 100 chanteurs et probablement dix fois plus de musiciens qui ont enregistrés ensemble. Ça donne une impression de multitude, d’affluence. Et comme il y a généralement presque autant de monde dans le bus (ou sur le bus, ou accroché aux côtés ou à l’arrière du bus) que dans les chansons indiennes, je trouve que les deux vont bien ensemble…

  

Sur les frontières

Paysage classique du Terai

J’en suis presque à la moitié de mon mandat mais je commence à peine à saisir la complexité de la culture népalaise. Petit pays pris entre deux géants, l’Inde et la Chine, et lui-même posé sur les plus hautes montagnes de la terre.

Il est vrai que sa «verticalité» est impressionnante, le pays héberge 10 des 14 plus hauts sommets du monde. Les montagnes sont toujours présentes dans le paysage, elles donnent un sens, une orientation au pays, un peu comme dans la vallée du St-Laurent on se sert du fleuve comme point de repère pour se diriger.

Malheureusement, depuis que je suis arrivé, à travers les brumes de la mousson, on ne distingue pas clairement les sommets enneigés. Il faudra que je m’en rapproche un peu, que je monte un peu aussi pour pouvoir vous en parler davantage.

Parce que la région où je suis installé n’est pas vraiment l’image typique que l’on se fait du Népal. Je suis dans le Terai, une grande plaine agricole qui s’étend aux pieds des montagnes sur toute la longueur du pays et qui fait frontière avec l’Inde.

Ici, il faut oublier les images de Yaks et de neiges éternelles. Ce que l’on croise en se baladant c’est plutôt des buffles et le vert tendre du riz qui pousse dans les rizières.

Et comme probablement sur toutes les frontières du monde la culture d’ici est un mélange de ce que l’on trouve des deux côtés de la ligne. Je n’ai jamais mis les pieds en Inde mais de là où je suis on en entend déjà la musique, on en regarde déjà les films. L’iconographie et les pratiques religieuses semblent les mêmes. Sans parler de la nourriture et de tous les produits d’exportations indiens qui entrent ici à pleins camions.

Pourtant lorsque je discute de cela avec mes collègues népalais, ils m’affirment tous que je me trompe, que la langue est différente (les deux sont issus du Sanskrit, leur latin à eux) et que la culture et les mentalités ne sont pas les mêmes.

Ils me disent que, de toute façon, il n’existe pas une seule culture népalaise mais bien des dizaines. Que sur les 23 millions de population que compte le pays, on dénombre plus de 90 cultures ou ethnies distinctes et au moins 24 langues parlées et que ce serait réducteur d’amalgamer tout cela en une seule identité.

Et je les crois. Après tout je ne suis qu’un bedeschi, c’est-à-dire un étranger, un blanc, et je ne suis ici que depuis à peine 6 semaines. Je ne peux pas comprendre toutes ces subtilités qui font la différence entre une culture et l’autre.

Sur un T-shirt en me promenant dans un bazar à touristes de Katmandou j’avais trouvé l’inscription suivante: « same same but different », J’imagine que c’est une bonne manière de résumé la situation.

On verra si je comprends un peu mieux au bout de trois mois. Et au pire, si nécessaire, je reviendrai… C’est assez agréable par ici.

Introduction et salutations

Me voici au Népal alors que je ne me suis même pas encore présenté. Je vais prétexter la rapidité de mon départ à l’étranger pour m’en excuser. 

Voici en gros mon histoire :

Je m’appelle Joël Teurtrie. Il y a deux ans, après avoir étudié en économie et administration au premier cycle, j’ai fait partie de la deuxième cohorte du programme de Développement International et Action Humanitaire offert par la faculté d’administration de l’Université Laval. J’avais reçu une assez bonne formation de premier cycle mais je cherchais un moyen de me rapprocher du monde plutôt fermé de la coopération internationale. Ce programme m’en a procuré la clé. Grâce à lui j’ai pu partir en stage au Congo avec une ONG internationale, Action Contre la Faim. J’ai bien aimé mon stage avec eux et, même si le travail ou l’adaptation à ce milieu à été quelques fois difficiles, je n’ai pas hésité une seconde lorsque l’équipe sur place m’a offert de rester comme salarié à la fin de mon stage. Je suis parti pour le Nord Katanga gérer une base opérationnelle et je ne l’ai jamais regretté. Une fois mon contrat terminé au Congo, j’ai accepté un poste avec la même organisation en Guinée et c’est à cet endroit que j’ai passé la dernière année.  

En rentrant au Canada en avril, j’avais l’intention de me magasiner une maîtrise intéressante pour septembre et j’ai commencé à faire la tournée des universités pour cela. Rapidement, je me suis rendu compte que je pouvais faire la maîtrise qui m’intéressait à Laval (ok, ça va faire la pub pour Laval !) alors je suis retourné voir les gens de MngSF pour collaborer avec eux de nouveau.

Et c’est là que mes plans pour cet été ont pris le bord. Voyez-vous, je comptais débuter ma maîtrise en septembre et me la couler douce en attendant cet été. Mon plan était de profiter du soleil, des terrasses, de toute la gelato italienne dont j’ai été privé depuis deux ans et d’arriver frais et dispo en septembre prochain, prêt à entreprendre des cours de deuxième cycle avec tout le sérieux nécessaire (vraiment, je le jure !).  

Malheureusement, le destin avait décidé que la crème glacée italienne ce ne serait pas encore pour cette fois-ci. Alors que je franchissais toutes les étapes nécessaires pour mon inscription, on m’a soudainement offert de partir avec le CECI faire un contrat de trois mois au Népal. Si vous me connaissez un peu, vous savez que la décision n’a pas été difficile à prendre. Exit les terrasses et la gelato, cela ne fait pas le poids contre l’attrait d’un nouveau pays à découvrir et de nouvelles aventures à vivre. 

Et voilà comment, moins de quinze jours après qu’on m’ait offert le poste, je suis au Népal.

Je suis à Katmandou pour encore une semaine. Je dois y suivre des cours intensif de Népalais. Après je me dirigerai vers le Terai qui est la région des plaines faisant frontière avec l’Inde. C’est là que je serai basé, dans le district de Chitawan.  

Dans mon prochain message, je vous expliquerai en quoi consiste mon mandat et je vous brosserai un aperçu général du Népal.  En attendant je dois retourner étudier mon Népalais, peu de gens parlant l’anglais là où je me dirige. Cela n’a rien de facile surtout qu’ils utilisent une écriture complètement différente de la nôtre !

Comme il m’arrive de procrastiner, particulièrement en matière d’écrit à rédiger, je vous souhaite d’avance une bonne St-Jean !

 A+

Joël

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