Archive pour la catégorie ‘Jennifer Hamel’

Semaine 11: Ma famille guatémaltèque

Hola todos!

Côté travail, il ne me reste que quelques petits détails à régler et tout sera terminé et satisfaisant! Ma supérieure est très heureuse, et moi aussi d’ailleurs! Elle me parle déjà de m’offrir un autre mandat à l’été 2011! :)

Grâce à ce stage, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs personnes, toutes plus intéressantes les unes que les autres. En plus de toutes ces belles rencontres, j’ai eu le privilège de me faire «adopter» par une famille guatémaltèque! Je suis officiellement rendue avec 18 cousins, 3 frères et soeurs, 12 oncles et tantes, une mère, un père et des grand-parents! Haha! J’ai toujours celle à Québec que j’adore, ne vous en faites pas!

Cependant, j’ai pu partager le quotidien de cette immense famille, et mon expérience culturelle aurait été totalement différente sans ça! J’ai accompagné mes soeurs à l’école, j’ai aidé mon frère dans ses devoirs de français (il va au collège français), nous avons dîné ensemble presque tous les dimanches, nous avons ri, nous avons joué au futbol, nous avons voyagé les fins de semaine, et j’en passe! Bref, je garde un souvenir impérissable de cette expérience, et définitivement, la séparation sera difficile samedi prochain!

Petite anecdote: l’autre fin de semaine, nous sommes allés visiter des ruines mayas au Honduras. En arrivant là-bas, les prix affichés sont de 3$ pour les gens d’Amérique Centrale et 60$ pour les étrangers! Ouh la! Mon «papa», très fier d’être mon papa, trouve ça beaucoup trop cher pour moi, et se présente donc au comptoir pour payer son billet et le billet de sa fille, en revanche moi! Le caissier n’est pas très convaincu, et souhaite me parler, sauf que mon père lui mentionne que sa fille est sourde et muette! Ainsi, je n’ai pas à parler, pour ne pas révéler mon accent non-latino! Oh boy! Pour en rajouter, mon papa a gentiment mentionné au monsieur que j’avais 14 ans, le billet était encore moins cher à cet âge! Une fois de plus pas très convaincu, le caissier a dit à mon père que j’avais beaucoup de poitrine pour une fille de 14 ans! Quelle situation hors de contrôle et quelle gêne de savoir qu’on regardait ma poitrine! Vraiment, tout s’est passé sans que je ne sache vraiment ce qui se passait! Tout le monde riait parce que je ne pouvais pas parler, tout le monde riait parce que j’ai fini par payer un biller pour enfant de 14 ans et moins! Ouh la! Je me sentais tellement voleuse, mais il n’y avait rien que je pouvais faire! Mon papa ne voulait même pas que je lui paie mon billet, il était trop content de son coup, il riait sans arrêt et souhaitait m’inviter! Tout le long de la visite, je sentais qu’il y avait des gens qui m’observaient pour pouvoir voir si je parlais vraiment ou pas! Un peu paranoïaque, mais je suis de même, je me sentais mal! Quand nous sommes sortis du parc en fin de journée, j’ai senti un soulagement immense! Voilà donc, un aperçu d’un évènement comique parmi tant d’autres avec ma famille guatémaltèque!

Finalement, pour les remercier de tout ce qu’ils ont fait pour moi, je vais leur préparer un repas québécois! Je vais voir ce que je peux faire avec ce qu’il y a ici, mais un bon petit pâté chinois, de la poutine, du jambon dans le sirop d’érable et du sucre à la crème sont au menu pour l’instant! D’autres idées?? Haha!

Passez une belle semaine!

Jennifer

Semaine 10: El día que te toca, te toca…

Hola todos!

Cette semaine, j’avais envie de partager avec vous une triste réalité. Pour plusieurs Managers, il est fort possible que la situation soit semblable dans les pays où vous vous trouvez! Ici, il y a un dicton qui dit: «En Guatemala, el día que te toca, te toca…». La traduction littéraire ne s’applique pas vraiment, mais en gros, ça veut dire que le jour où la vie a choisi de t’enlever la vie, elle t’enlève la vie. Même si quelqu’un prend toutes les précautions du monde pour se protéger de n’importe quel danger, cette personne sait pertinemment que c’est inutile, parce qu’il peut arriver n’importe quoi, n’importe quand!

Un bon jour, je parlais de mes projets de vie, de mes rêves, etc., et quand j’ai terminé, une des personnes à la table m’a dit que j’avais beaucoup de chance de pouvoir voir aussi loin l’avenir. Je me suis mise à penser, et effectivement, c’est vrai, quelle chance! Au Canada, nous sommes bons pour organiser nos horaires avec plusieurs mois d’avance, et la vie roule sans cesse à une vitesse fulgurante. Mais ici, pour plusieurs, le fait de se voir accorder une journée de plus, est un cadeau de Dieu. Si, par exemple, à la fin de la journée, je dis à un collègue: «À demain!», il me répond: «Primero Dios», ce qui veut dire «avec la bénédiction de Dieu», oui nous nous verrons demain.

Au début, je trouvais ça épeurant. Je pensais constamment à la mort, parce que c’est ce à quoi eux pensent tout le temps en fait! «Ça se pourrait que demain je ne sois plus…», «Ici, on ne sait jamais ce qui peut arriver!». Cette semaine, une collègue, aussi volontaire, a vu un homme mourir à côté de son appartement en sortant travailler le matin. Cette même semaine, un ami a vu un homme se faire frapper par une voiture sur un trottoir, et les gens qui marchaient sur le trottoir ont continué leur chemin comme si de rien n’était… À la fin, l’homme est mort… C’est comme si les gens acceptaient beaucoup plus facilement la mort, étant donné qu’ils y sont confrontés plus souvent et plus violemment, si je peux dire ainsi.

Ne vous inquiétez pas, nous continuons d’être prudents. Mais c’est une réflexion que je trouvais intéressante à avoir, et je souhaitais la partager avec vous! Maintenant, quand on me demande quels sont mes projets futurs, je lance quelques idées en l’air, mais je ne donne plus de date approximative, parce qu’il est vrai qu’on ne sait jamais où la vie peut nous mener!

Bonne semaine!

Jennifer

Semaine 9: La fin approche…

Hola todos!

Il ne reste que 3 semaines à mon stage. Je n’en reviens pas. On s’attache si facilement à des gens, et j’ai la forte impression que les 3 semaines qui restent seront vives en émotions. Je me dis que c’est une bonne chose, parce que si j’avais hâte de partir et que mon partenaire avait hâte que je m’en aille, l’expérience aurait sans doute été moins bonne. Mais le fait que les employés me demandent déjà des photos en souvenir… Ah vraiment, ce sera difficile de partir!

Mon cri du coeur étant dit (ha!), je suis bien contente de pouvoir constater que mon mandat avance bien. Cette semaine, je vais compléter (du moins, je l’espère) ce que mon mandat initial contenait! Je vais poursuivre les autres choses hors mandat que j’ai entamées et nous allons possiblement aller visiter les communautés avec qui nous travaillons dans la boutique de commerce équitable. Je vous dirai dans 3 semaines si tout a aussi bien été que ce qui était planifié, mais vraiment, ça me fait du bien de constater que ma supérieure est contente du travail accompli.

La semaine sainte s’est terminée aujourd’hui avec la résurrection de Jésus. Contrairement aux autres processions où on démontre la douleur de Jésus, aujourd’hui la procession était joyeuse, les gens dansaient, criaient, riaient, bref, c’était vraiment beau de voir et de vivre tout ça. Pour une personne qui n’a pas vraiment de culture religieuse avancée, j’ai adoré la messe et les messages de joie lancés à la foule énorme, venue assister à la fête.

Bonne semaine!

Jennifer

Semaine 8: Semaine Sainte au Guatemala

Hola todos!

Depuis la semaine dernière, les célébrations de la Semaine Sainte sont commencées partout au pays. Au Québec, nous célébrons Pâques le dimanche en famille et certains vont à l’église, mais ici, c’est une tout autre histoire! C’est INCROYABLE! Pour plusieurs, il s’agit de la meilleure semaine de l’année!

Depuis vendredi, il y a des processions dans les rues de plusieurs villes. Des hommes portent sur leur dos une immense statue de Jésus, des femmes portant Marie Madeleine, et autres. Les statues sont lourdes. 150 hommes se mettent de chaque côté de la statue pour la supporter. Selon ce que j’ai compris, le but est de souffrir, de sentir la douleur de Jésus lorsqu’il a porté la croix sur son dos. Ils suent, leurs genoux sont pliés, il fait chaud, vraiment c’est impressionnant. ProcessionsIls dévalent les rues de la ville, il y a de la musique et une foule immense qui suit le parcours de Jésus. Les gens doivent payer une passe plusieurs mois à l’avance pour pouvoir porter Jésus. C’est vraiment une chance, un honneur de pouvoir le faire.

Faisant partie aussi des rites de la semaine, plusieurs personnes fabriquent des tapis dans les rues avec des retailles de bois teintes de toutes les couleurs. C’est vraiment joli! Les rues sont bloquées et les processions marchent sur ces tapis. Tapis

Durant cette semaine, personne ne travaille dans les bureaux! Le summum des célébrations se passe à Antigua dans la nuit de jeudi à vendredi! J’ai bien hâte de voir ça! Ce sera donc une semaine culturellement enrichissante! Mais pour le travail, ça devra attendre, tout est fermé!

Bonne semaine de Pâques!

Jennifer

Semaine 7: Salutation internationale des chauffeurs

Hola todos!

Il y a un truc que j’ai remarqué en voyageant hors de la ville. Que ce soit du RTC, d’Orléans Express, du métro de Montréal, de Greyhound (États-Unis), d’un bus scolaire, d’un bus voyageur (Allemagne), d’un chicken bus (Guate), d’un combi (Pérou), un tuk-tuk (3-roues), d’une camioneta (Guate), d’un Pullman ou quel que soit l’autre moyen de transport où il y a un chauffeur, tous les chauffeurs se saluent (pour ne pas généraliser, disons 98%). Quelques uns klaxonnent, d’autres lèvent la main, mais peu importe la manière, ils se saluent. Je ne sais pas ce qui fait que les choses sont ainsi, mais c’est quand même incroyable de constater que ce soit aussi répandu et qu’ils aient autant de respect les uns envers les autres.

Le fait de parler de chauffeurs de bus me fait aussi penser à quelque chose d’assez épouvantable qui se passe ici à Guatemala Ciudad. Je ne sais pas si c’est ainsi dans les autres villes du pays, mais dans la capitale, il y a une mafia organisée dans certaines zones de la ville (Ne vous en faites pas, je ne vis pas là). Elle débarque un matin dans une boutique ou dans un bus, elle donne une feuille à la personne en charge du magasin ou au chauffeur. Sur cette feuille, il est inscrit un montant à payer avant une date X, et si le montant n’est pas payé à cette date, la mafia se chargera de tuer le chauffeur ou autre. La mafia s’attaque à ces gens, parce qu’ils savent que l’argent qu’ils gagnent se trouve sur eux, et qu’ils n’ont pas de moyens pour se protéger. Le gouvernement et la police ont beaucoup de difficultés à régler ce problème à cause de sa complexité et de la subtilité avec laquelle agit la mafia. C’est très stressant et épeurant pour les gens qui prennent le bus et les chauffeurs, parce que presque chaque jour, on rapporte la mort d’un chauffeur de bus. Depuis que je suis ici, il y a eu 2 manifestations de chauffeurs devant le parlement, à un coin de rue d’où je travaille. Ils viennent par centaines en klaxonnant, en demandant au gouvernement d’arrêter d’être inactif dans cette histoire. Imaginez: un chauffeur doit payer son gaz, les réparations sur son autobus, le salaire de la personne qui se charge de faire monter les gens dans le bus et il gagne 1 quetzal par personne qui prend le bus, car c’est le prix pour monter à bord (environ 12¢). Alors, si la mafia débarque en demandant 1000 quetzals, les chances sont que le chauffeur ne pourra jamais les payer. Bref, c’est un des emplois les plus risqués dans la ville et rien ne semble encore en place pour essayer d’améliorer la protection de cet emploi.

Nous n’avons pas le droit de monter dans ces bus, mais ça donne des frissons de voir des bus qui ont des trous causés par des balles de fusil. Désolée de parler d’un sujet aussi triste, mais j’avais besoin de le partager.

Côté travail, les choses vont bien. Cette semaine, j’ai pu terminer plusieurs tâches que j’avais commencées, et la semaine prochaine, nous présentons le tout aux employés. C’est une semaine déterminante dont je vous reparlerai.

Bonne semaine!

Jennifer

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