Archive pour la catégorie ‘Emmanuelle Parent’
L’Ouest du Burkina, prise 2 (Suite)
(…désolée pour le retard)
Bonjour!!
Quand je vous ai laissé l’autre jour, nous avions terminé la visite du village troglodyte et nous reprenions notre souffle dans le bus en route vers Bobo-Dioulasso. Arrivé à Bobo, le groupe s’est divisé en deux. Une partie est restée à Bobo pour visiter la vieille ville tandis que Mylène, Adeline et moi avons décidé de se lancer dans la grande aventure. Près de Bobo, il y a un village – Dafra – et près de se village il y a un lieu de culte pour les silures (poissons chat géant). La légende dit que les silures auraient sauvé les Coulibaly il y a très très long temps. Suite à une inondation, le village s’était retrouvé entouré d’eau et la population était prisonnière. Les silures auraient sauvé le peuple en leur permettant de traverser vers l’autre rive sur le dos des poissons (les silures peuvent atteindre jusqu’à 2.5 mètres de long). Depuis, personnes de la région ne mange de silure et lorqu’un de ces poissons meurt, il est enterré comme un homme. Ce sont des poissons sacrés. Toute l’année des sacrifices sont pratiqués pour demander l’aide des poissons chats. Le premier sacrifice est un poulet et s’il fonctionne il faut revenir pour remercier les poissons avec un plus gros sacrifice, un mouton.
Intriguée et fascinée à la fois, nous avons décider de faire le voyage et de faire un sacrifice. La route pour se rendre au lieu de culte était difficilement praticable à cause de la pluie et le seul moyen de s’y rendre était la moto. Nous avons donc pris deux motos et un guide. Nous sommes d’abord arrêté acheter un poulet. Le poulet (vivant) a été attaché par les pattes et suspendu au guidon de la moto. La balade en moto a été la première partie de cette aventure. Si un 4X4 ne peut pas circuler, ça vous donne une idée de l’état des pistes et bien sure, pas question de faire ça en motocross, non, non, c’est en petite moto de ville, pas plus grosse qu’un scooter avec des petites roues qu’on a fait le trajet. Bref, imaginer vous faire du vélo de ville dans un sentier de cross country à une vitesse de 40 km/h. Je suis habituée de faire de la moto certes, mais pas dans ces conditions et avec une passagère en plus. On a eu une bonne dose d’adrénaline et des bleus sur mes jambes dû a mes nombreuses tentatives de récupération de la moto qui dérape de tout bord tout côté.
Arrivée au « parkeur » (domicile d’un paysan), on abandonne les motos, attrape le poulet par les pattes et descend pendant 15-20 minutes dans les roches pour arriver au lieu de culte. En route, pour que le sacrifice fonction on devait parler avec notre cœur au poulet et lui transmettre la raison du sacrifice. Alors pendant 15-20 minutes, on marchait en se passant le poulet!
Le lieu de culte. Le site est superbe. Au pied d’une falaise et couvert par les arbres se trouve une petite cascade et une rivière qui mène jusqu’à Bobo (35 km du lieu de culte). Par contre les multiples sacrifices effectués à cet endroit on détruit un peu de la beauté de la place. Il y a du sang partout, des excréments de poulet et de mouton, des mouches et une odeur immonde. Des que nous arrivons, notre guide nous dit d’enlever nos chaussures. Ensuite, le poulet en main, nous avons suivi le vieux vers la place aux fétiches. À cet endroit, le vieux à pris le poulet et l’a égorgé pour le faire saigner, mais sans le tuer. Il a en suite lancé le poulet agonisant par terre où il s’est fracassé à plusieurs reprise contre la roche. Le pauvre poulet est mort de son sang. Le vieux l’a déplumé et nous a remis trois parties d’intestin à donner aux poissons. Comme les femmes et les hommes ne font pas les sacrifices au même endroit, toujours nu pied, nous nous sommes rendu de l’autre côté pour jeter à ces énormes poissons notre offrande. Le dernier rituel à suivre pour compléter le sacrifice a été le plus difficile. Comme le poisson a manger des intestins du poulet, nous devions aussi manger deux morceaux chacune des abats du poulet qu’ils avaient fait cuire pendant que nous étions partie nourrir les silures. Je vous laisse imaginer la tête que j’ai fait. Je crois que ça ma pris 10 minutes avant d’être capable de l’avaler. Je peux vous garantir que nous n’avons pas traîné long temps là-bas. Une fois le dernier morceau avalé, nous avons remis nos chaussures et nous avons aussitôt quitté les lieu. Si jamais mon sacrifice fonctionne, je dois revenir avec un mouton!
Bien que se soit été extrêmement éprouvant comme expérience, je suis vraiment contente de l’avoir fait. C’est vraiment une chance inestimable que de pouvoir participer à un rituel animiste.
Je devrais savoir avant la fin de la semaine si mon sacrifice a fonctionné. Si je dois retourner avec un mouton, je vous le laisserais savoir.
Plus que 10 jours
Mon stage est pratiquement terminé. J’ai terminé mon mandat vendredi dernier. Après un mois et demi de requêtes de commentaires, critiques, recherche de documents supplémentaires, j’ai enfin eu la réunion de travail que j’avais besoin pour terminer. Elle a été reporté 3 fois, mais elle est belle et bien eu lieu. Les commentaires des collègues sont arrivés juste à temps et j’ai pu terminer mon mandat, ou du moins ce qui en restait, dans les limites du stage fixé par le directeur de l’organisme d’accueil. Il me reste maintenant 10 jours pour rédiger mon rapport de stage.
Bien que j’ai trouvé le temps long à quelque moment, le temps a filer beaucoup plus vite que je ne le pensait. Ça me fait même un peu drôle de partir et en même temps j’ai tellement hâte de retrouver mes amis et ma famille. J’ai hâte de retrouver mon chez-moi!
Maintenant que le travail est terminé, malgré les petites frustrations en cours de route, je suis tout de même satisfaite de l’expérience. Cet expérience a confirmé que je souhaite plus travailler en développement qu’en aide humanitaire et a fait ressortir l’importance du mandat. Bien que la réalité terrain soit souvent différente de ce qui est prévu et qu’il faut toujours se réajuster une fois sur le terrain, je crois que le mandat que j’avais pris à la base ne me correspondait pas. J’ai fait du bon travail et mes collègues et supérieurs en sont très satisfaits, cependant, je peux maintenant dire que ce type de mandat ne me convient pas. À défaut de savoir quel type de mandat ou de tâche est fait pour moi, je sais maintenant ce qui ne l’est pas.
Somme toute, mon stage au Burkina Faso a été une très belle expérience et j’en garderais de très bon souvenir.
Pour les 10 jours qu’il me reste, ce sera la course aux cadeaux et souvenirs et la rédaction intensive de mon rapport de stage.
À très bientôt,
Emmanuelle
L’Ouest du Burkina, prise 2
Bonjour à tous!
Franchement, je sais pas par où commencer. J’arrive de ma deuxième fin de semaine dans l’Ouest du Burkina et ce fut un voyage rempli d’émerveillement et de sensations fortes. D’abord, je dis que c’est la prise 2 parce qu’il y a deux semaines j’étais partie dans l’ouest aussi, mais une de nos amies était tombée malade et on a dû l’hospitaliser. C’est la fin du voyage initial que nous (principalement le même groupe, plus mon coloc) sommes parti faire le week-end dernier. La beauté de la prise 2 est que cette fois-ci on avait devant nous tout le temps du monde et on pouvait faire notre excursion sans se presser.
La première étape du voyage : les Pics de Sindou. (Première étape après le voyage de 5 hrs en bus de Ouagadougou à Bobo-Dioulasso et une nuit dans un dortoir) Le groupe s’est retrouvé le samedi matin à 8h pour finaliser l’itinéraire et s’entendre avec notre guide sur le prix du transport. Tout le monde s’entend et en principe l’itinéraire est plutôt simple et très aéré. Un petit incident nous a un peu décalé dans le temps, en route vers Sindou on a eu un accident. Notre guide s’est engagé sur un petit pont pas très large et au même moment un gros camion en sens inverse se met à nous faire des appels de phares. Étant déjà engagé sur la voie, nous continuons d’avancer, mais à notre grande surprise, le conducteur du camion donne un coup de gaz et accélère. Il arrive à toute vitesse sur le pont et nous écrase le côté de la voiture. Il était physiquement impossible que les deux véhicules puissent passer sur le pont. La collision a en fait empêché le camion de tomber dans la rivière!! Bref, on a passé une heure a attendre que les deux parties s’entendent – c’est pas tout le monde qui a des assurances… – avant de reprendre la route. Une heure plus tard nous étions aux Pics.
Les Pics de Sindou font partie d’une grande chaîne de montagne qui traverse le Burkina Faso et se rend au Mali. Les Pics sont des formations de roches sédimentaires formés par l’érosion. Le Burkina Faso était une grande mer et lorsqu’elle s’est retirée, l’érosion a formé les Pics. Ils se nomment Pics de Sindou, car c’est l’endroit où était le village de Sindou à l’origine. Les Sénoufo avaient quitté le Mali durant les guerres tribales et avaient cherché des refuges dans les les montagnes pour mieux se protéger. Un groupe d’entre eux s’est installé sur un plateau au cœur des Pics. C’est en 1814 que le village a quitté la montagne pour rejoindre la plaine. La présence des colons et le fait qu’ils avaient chassé le derniers grand envahisseur les avaient sécurisé. Après la visite des Pics, nous avons continué la route vers le village de Niang Sogoni. Il s’agi aussi d’un village Sénoufo qui avaient choisit de s’installer au pied d’une falaise à 400m d’altitude. Ils y ont formé un village troglodyte. Selon le guide, les villageois auraient quitté la montagne il y a seulement une trentaine d’années. C’est dans un campement près du nouveau village de Niang Sogoni que nous avons passé la nuit. Notre accident en début de journée nous a décalé dans le temps, ce qui nous a empêcher de faire la visite du village troglodyte le samedi. Pour ne pas manquer de temps dimanche, nous avons décider de faire la visite à 6h du matin.
Le guide nous avait dit qu’il y avait 30-40 minutes de marche pour ce rendre au village. Nous y avons donc vue aucun problème. Au contraire, ça pouvait faire une belle balade matinale. Le petit détail non mentionné par le guide était que le village se trouve à 400m d’altitude et que le chemin pour se rendre est une piste d’escalade! Donc à jeun, pas trop trop réveillé, nous avons escaladé la montagne, mais tout cette effort en valait vraiment la peine. Le site est vraiment impressionnant. Il est d’ailleurs encore utilisé pour des rituels. Du haut de la montagne on pouvait voir au loin le Mali et la Côte d’Ivoire. Une vue à en couper le souffle.
Mais les sensations fortes que je mentionnais plus tôt sont à venir…
…je vous raconte la fin de mon histoire demain.
A+
Voyage dans l’Ouest du Burkina Faso
Bon lundi à tous!
Je reviens tout juste d’une très belle fin de semaine dans l’Ouest du Burkina Faso. Lorsque le groupe de 7 que nous étions c’est enfin retrouvé à Bobo, nous avons définit un itinéraire. Départ de Bobo à 8h pour la visite des dômes près de Banfora, suivi d’une baignade dans les cascades. Ensuite, lunch à Banfora et balade en pirogue sur le lac de Tengrela pour voir les hippo. De Banfora on fait 70 km de piste pour se rendre à Niang Sokoné où on dort dans une hutte. Puis visite des pics de Sindou dimanche matin et retour sur Bobo pour une visite rapide de la vieille ville avant de reprendre le bus pour Ouaga. Très beau planning, un peu épuisant, mais tout à fait faisable. Cependant on en a fait la moitié! Une fille du groupe a eu le paludisme et des parasites en même temps! La pauvre, elle a dû passer la nuit à l’hôpital de Banfora où il n’y a pas de médicaments (doit aller les chercher à la pharmacie en ville), où ils ne font pas les testes (il faut aller au laboratoire privé en ville) et où il n’y a pas de draps pour les lits. On a donc passé l’après-midi du samedi à s’occuper de notre malade. C’est vraiment impossible de venir seul à l’hôpital! Quand quelqu’un tombe malade au moin une personne y va avec elle et dort sur le plancher de la chambre parce que si la personne malade a besoin de quelque chose c’est à elle de se débrouiller pour l’avoir.
Néanmoins, la fin de semaine a été des plus agréable. Les dômes près de Banfora sont des roches sédimentaires formées il y a des milliers d’années par une mer volcanique. L’érosion de l’eau et du vent leur à donnée leur forme particulière. La cascade aussi a été fort apprécié. Il y avait un peu trop de monde à mon goût mais après tout nous étions sur un circuit touristique en plein saison touristique! Notre guide nous à logé à 8km de Banfora (pas trop loin de notre malade) où, en plein milieu d’un village traditionnel, un local avait établi un campement pour les touriste. On a finalement réussi à dormir dans des huttes. Le dimanche matin, à 5h30!, nous sommes parti au lac pour voir les hippopotames. Ce sont des bêtes énormes! Il devait y en avoir une dizaine tous entassés les uns sur les autres avec un bébé hippo sur le dos de sa maman. Une belle expérience! Le paysage tout au long du voyage était sublime. C’est tout vert, il y a même des palmiers et des rizières et la température est fraîche. Tout le contraire de Ouaga et son environnement semi-désertique avec des températures dans les 40°C malgré la saison des pluies. Comme je n’ai pas pu faire les pics de Sindou qui sembles être impressionnant et le village de Niang Sokoné situé à flan de falaise (un peu comme les Dogon pour ceux qui connaissent), je vais y retourner avant mon départ.
Petite péripétie, on ne savait pas qu’il faillait confirmer le retour en autobus pour Ouaga (on avait un billet aller-retour), quand on est arrivée à la gare le bus de 15h était plein tout comme celui de 18h30. Il ne restait que le bus de 23h. On a donc fait la route de nuit escortées par trois gendarmes armés jusqu’aux dents avec vestes par balles. On a aussi tous été fouillés avant de monter dans le bus. Au moins je me sentais en sécurité.
Donc il me reste plus que trois petite semaine de travail et une semaine de rédaction de rapports. Mon voyage s’achève. C’est incroyable comment le temps passe vite.
Passez une bonne semaine,
Emmanuelle
Préparation pour Bobo
Bon, vendredi après-midi je pars à Bobo Dioulasso. Ceci est un fait. Pour le reste…Ça fait une semaine qu’en temps que super gestionnaire que je suis, je tente d’organiser le voyage.But : Émerveillement dans la découverte d’une région du Burkina Faso.Objectif : Compléter la visite de Bobo Dioulasso et Banfora en une fin de semaine en ayant vu les pics de Sindou, les cassecade de Banfora, le lac aux hippopotames et la vieille ville de Bobo.Deux lot de travail : un pour la partie Bobo du voyage et un pour la partie Banfora. (Je vous épargne le reste de l’exercice post-it). Chaque lot d’activité a sa sous-activité logistique. Pour des raisons de facilité je vais regrouper. D’abord il faut identifier le nombre de bénéficiaire. Premier problème. Au moment du 11e dénombrement il y a eu sécession en deux sous-groupes, mais le deuxième sous-groupe est plus large que le premier et le deuxième sous-groupe souhaite faire affaire ailleurs. Lorsque le projet avait été soumis, un budget à titre indicatif avait été déposé. Cependant, le changement dans le nombre de bénéficiaires influence énormément le budget puisqu’il modifie les coûts unitaires du transport. Pas de problème! On recommence l’étape logistique et le budget. Deuxième problème. Trois personnes s’ajoutent au premier sous-groupe. Il faut tout revoir la logistique et le budget! C’est à ce moment que la gestionnaire en moi a pris le bord avec son plan opérationnel de la fin de semaine en main.Donc je sais pas on est combien parce qu’il est possible que deux personnes soient en fait une… Je sais pas où on dort, je sais pas comment on va trouver la place d’où les bus partent de Bobo vers Banfora. Je sais pas combien de taxi-brousses on va devoir prendre ni même si le taxi sera en état de nous amener à destination. Bref je pars à l’aventure, la vrai et une sensation de bien-être et de fébrilité s’est emparé de moi. Je suis zen face à l’aventure et excitée comme un enfant de 6 ans avant la veille d’une classe neige.À lundi!