Archive pour la catégorie ‘Catherine Benoit’

Des femmes, un ministre et des vélos…

L´aventure tire à sa fin…demain je quitte le Nicaragua. Ces trois mois auront été très riches en rencontres et en apprentissages. Je m´étonne et je me réjouis encore du support que j´ai reçu des personnes avec qui j´ai été en contact; de l´accueil que m´ont donné les organisations que j´ai visitées et de l´humilité avec laquelle les bénéficiaires des projets se sont confiés à ma caméra et avec laquelle il se sont laisser filmer.

Oui, j´ai vu de la pauvreté, en quantité impressionnante et oui il reste beaucoup beaucoup à faire avant que ces pays aient des conditions de vie telles qu`on les connaît… Je dois avouer que c´est triste, c´est difficile de voir ces jeunes, ces personnes âgées, ces mères de familles, ces hommes, travailler durement pour quelques « pesos »…

Par contre, il m´aura été difficile de transmettre en paroles et en images cette pauvreté. Les projets que j´ai visité me semblent bénéfiques, bien montés et pour moi il me semblait plus facile et naturel de montrer ce qui est fait de bien. Je manque peut être de critique, mais je me plais plutôt à penser qu`il faut rester positif.

Les derniers projets

Pour terminer le tour d´horizon des projets que j´ai eu l´occasion de visiter, voici une brève description de mes trois derniers reportages.

Pour mon huitième reportage, qui porte sur l´objectif 3, “Promouvoir l´égalité des sexes et l´autonomisation des femmes” je suis allée passer quelques jours sur l´île d`Ometepe. Je suis allée visiter le projet sur lequel travail ma collègue “Managers Sans Frontière Louise Genest”.

Il faut d´abord mentionner que l`île est tout simplement magnifique avec ses deux volcans et est un lieu très prisé par les touristes.

Même si l`île a son lot de visiteurs, les habitants vivent majoritairement de l´agriculture de subsistance et l´hiver venu, les hommes partent travailler au Costa Rica. Les femmes sont habituellement confinées à la maison…pour s´occuper des enfants et des tâches ménagères.

En se formant, l´objectif de l´association était de donner plus de pouvoir, d´autonomie et de responsabilité aux 16 membres, dont 14 sont des femmes. Et surtout, de leur procurer un revenu supplémentaire. De quelle façon? En recevant des groupes d´étudiants pour des séjours d´initiation à la coopération internationale. Les étudiants vivent une immersion complète, en habitant dans les familles. Les étudiants doivent débourser un certain montant par jour, lequel est remis au membre de l´association. Les femmes ont donc un revenu additionnel avec lequel elles gèrent elles-mêmes. Une partie de ce revenu est donné à l´association afin que celle-ci puisse mettre sur pied différents projets. Lors de mon passage un groupe de Plan Nagua était sur place pour un séjour de presque 3 mois.

Ma rencontre avec les femmes fut très intéressante. Elles étaient fières de me dire qu´elles peuvent maintenant acheter des items pour leurs enfants tels que des souliers et des cahiers. Elles étaient aussi très heureuses de me dire que depuis qu´elles se rendent à la mairie pour présenter des projets, elles sont écoutées et considérées.

Le projet est encore à ses débuts, mais je crois que, déjà, le peu qui a été fait permet aux femmes d´avoir un peu plus confiance en elles et de se voir un peu plus autonomes.

Pour mon reportage portant sur l´objectif du millénaire 8 « Mettre en place un partenariat mondial pour le développement », je me suis penchée sur le programme PROASE du gouvernement du Canada. Le gouvernement canadien remettra sur une période de 5 ans plus de 90 millions de $ au Ministère de l´éducation du Nicaragua. Cet argent n`est pas seulement celui des contribuables canadiens mais aussi des hollandais et des danois. Il s´agit d´un partenariat entre les 3 pays. Ce type de partenariat nommé « alliance stratégique entre les donnateurs » permet d´utiliser au maximum les capacités de chacun dans le but d´améliorer l´efficacité de l´aide.

Il faut savoir que l´éducation est la priorité du gouvernement nicaraguayen. Plus de 25% du budget total du ministère de l´éducation provient de la communauté internationale. De ce montant, près de la moitié provient du Canada.

Ne vous inquiétez pas, il faut savoir qu´avant d´avoir entamé le programme, des études ont été effectuées afin de valider les systèmes de contrôle du ministère. De plus, afin d´assurer la transparence et le contrôle des fonds, chaque année des compte-rendus et les plans d´opération annuels sont remis aux pays partenaires, en plus des audits externes qui sont effectués.

Afin de bien comprendre le projet et pour réaliser le reportage, j´ai eu droit une rencontre avec le bureau de l´ACDI ici à Managua, capitale du Nicaragua et en prime un entrevue de 30 minutes avec le Ministre de l´éducation.

La rencontre avec Monsieur le Ministre fut très enrichissante. Évidemment, c´est avec joie qu´il a remercié le Canada pour son aide. Il a mentionné prendre le temps de me rencontrer, car selon lui, la collaboration avec le Canada est très précieuse et importante. Il a spécifié que sans cette aide, il y aurait longtemps que le système scolaire se serait effondré. Par contre, il m´a mentionné que bien que l´aide de la coopération internationale soit nécessaire et apprécié, si nous vivions dans un monde plus juste, et que tous les pays pourraient être autonomes, cela serait encore mieux. Hé oui, ca serait l´idéal! Quand je lui ai demandé si l´objectif du millénaire portant sur l´éducation allait être atteint, il m´a dit que si cela dépendait seulement du Ministère de l´Éducation oui l´objectif serait atteint, mais qu´il y a la culture qui doit être considérée; pour bien des gens ici, envoyer leur jeune travailler pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent est prioritaire…

Aussi, je suis allée visiter une école avec le Directeur Général de l´administration financière du Ministère du Nicaragua. L´école que nous avons visité était très belle, mais elle était à moitié vide…Elle a une capacité d´accueil de 1000 élèves et ils ne sont que 500… Il ne reste plus qu´à attirer les jeunes sur les bancs d´école…

Oui, il reste du travail à faire, mais au moins il est intéressant de voir que les pays font des partenariats, travaillent ensemble afin d´être plus efficaces.

Finalement, j´ai décidé de faire mon dernier reportage – sujet libre – sur Cyclo Nord-Sud. Il s´agit d´une organisation Montréalaise qui collecte nos vélos usagés dans tout le Québec et qui les envoi dans 13 pays en voie de développement. C´est à Esteli, au Nicaragua, où je me suis basée durant ces trois derniers mois, que 480 vélos sont arrivés en juillet. Les vélos sont vendus entre 25 et 100$…Le vélo est un moyen de transport très utile et efficace ici, en plus d`être économiquement la meilleure option. Les vélos sont vendus par une organisation locale et tous les fonds sont remis a une ONG locale qui s´occupe de projets éducationnels pour des jeunes avec déficiences visuelles. Je suis allée visiter ces jeunes. Ce fut une des rencontres les plus touchantes que j´ai eu. Ils sont environ 8 et la plupart viennent de villages à quelques heures d`Esteli, ils habitent donc en permance dans les locaux de l´organisation. Ils apprennent le braille, particient à des formations sur divers thèmes. Certains des anciens élèves ont maintenant même intégré le système scolaire régulier. Sans aucun doute, quand je vais rentrer, je vais envoyer mon vieux vélo à Esteli. Il est clair qu´il sera plus utile ici que dans mon garage…

Voilà. Ça aura été trois mois enrichissants, remplis de nouvelles informations, de découvertes et bien sûr de questionnements. Je vais prendre le temps de laisser « mijoter » tout ça dans ma tête. Pour moi, ça aura été un plaisir de partager avec vous au fil de ce blog et des reportages.

A bientôt j´espère,

Catherine
benoit4rine@hotmail.com

L´eau et la mortalité infantile…

Ma visite au Salvador fut rapide, mais combien enrichissante. J`y suis allée pour faire mon reportage sur l´objectif « Réduire la mortalité infantile ».

J`ai passé une journée avec ce qui restait de l´équipe de l´ACDI du projet SAGYS. Je dis « restait », car le projet que j´ai visité tire à sa fin. L´équipe d´une trentaine de personnes est maintenant réduite à trois, et d`ici quelques jours, plus rien. En effet, le Canada a choisi des pays en priorité et maintenant le Salvador n´est plus un pays où le Canada interviendra fortement.

Le projet que j´ai visité, SAGYS, travaille principalement sur l´eau. Hé oui, encore l´eau. Durant les 5 dernières années, le programme SAGYS a permis la réalisation d´une trentaine de projets, allant des plus petits aux plus grands. Ces projets ont eu lieu dans les régions rurales du Salvador…Car dans les régions rurales du Salvador, 30% des gens n´ont pas l´eau potable. Et 50% de la population habite dans les régions rurales…ça fait beaucoup de monde!

Je me suis rendue dans un village où le projet s´est terminé il y a déjà deux ans. Et il fonctionne toujours très bien! Pourquoi? Car il y a une bonne collaboration de tous les intervenants; soit la municipalité, le ministère de la santé, les bénéficiaires et les bénévoles. Les projet qui a été réalisé dans cette communauté est la construction de système d´eau afin de rendre disponible l`eau dans chacune des maisons. Le projet a été un succès. Celui-ci devait toucher 20 000 bénéficiaires et finalement c´est 35 000 personnes qui sont touchées! L´objectif du projet était de réduire le taux de diahrée de 40% et finalement c´est de 69% qu´il a été réduit. La diahrée étant la plus grande cause de mortalité infantile au Salvador, cela n´est pas à négliger.

Le projet ne consiste pas seulement à rendre l´eau disponible sinon à éduquer les gens. Il y a une brigade de 4 techniciens du ministère de la santé qui sont en permanence dans le village… Ils visitent les familles et s´assurent que les enfants sont en santé, ils les pèsent, leur montrent comment avoir une bonne hygiène. Une des technicienne me disait que même s´ils ont l`eau, si les jeunes sont toujours sales ou si ils ne se lavent pas les mains, cela n´aide pas. L´éducation est très importante.

Je suis allée visiter deux familles. Et elles étaient très fières de me montrer leur système d´eau… et de me dire que maintenant leurs enfants ne sont plus malades (du moins beaucoup beaucoup moins qu´auparavant). Ces femmes ont du mérite. Elles ont dû travailler pour avoir l´eau. Chaque famille a donné de son temps environ 30 jours pour aider à la construction. Il n`y en aura pas de facile; comme on dit!

Ensuite, je me suis rendue dans un coin assez perdu où il est impossible pour le moment d`avoir l`eau courante. Pour cette vingtaine de familles la solution était de construire un immense réservoir qui recueille l´eau de pluie.

Plusieurs se questionnent sur l`utilité de la coopération internationale et sur la façon de la délivrer… Mais après avoir vu ces gens qui étaient tellement reconnaissants envers le Canada de leur avoir permis d´avoir l´eau on se pose un peu moins de questions et on se dit qu´au moins ces gens ont désormais une qualité de vie quelque peu meilleure.

Pour terminer cette journée bien remplie, nous sommes aller voir une station d´épuration des eaux usées. Au Salvador seulement 3% des eaux usées sont traitées. Ce n`est pas beaucoup. Les conséquences? Et bien, c´est simple, pour les populations qui habitent en bas des cours d´eau et qui s´approvisionnent dedans… elles boivent cette eau totalement contaminée. A Juayua, la station que j´ai visitée était encore en construction; mais presque terminée. Le système qui est utilisé est très intéressant, car il est naturel. Je ne sais pas comment ça se fait au Canada mais le procédé qui est utilisé dans ce cas est peu coûteux, car il ne demande pas d´électricité. L´eau sale passe plutôt par divers processus (du haut vers le bas) à travers des pierres qui filtrent l´eau… Et à la fin elle sort propre (bon c`est un peu plus compliqué mais en gros c`est ça!). C´est une façon durable de faire, car bien évidemment il aurait été possible de construire une super station d´épuration technologique, mais comment son entretien et la consommation d´électricité aurait été payée???

Cette visite fut très enrichissante, et de rencontrer tous ces bénéficiaires très heureux d`avoir l`eau et par le fait même d`avoir réduit la mortalité infantile est très touchant. Une des technicienne doit m`avoir répété quatre fois « depuis ces deux dernières années aucun enfant n`est décédé »…Ça fait réfléchir.

Pas de projet; mais beaucoup de pauvreté…

Je suis allée filmer  » de la pauvreté » (pour reprendre l´expression de ma collegue Manager Sans Frontiere Mélissa Laporte). Dans le cadre du documentaire (pour les écoles secondaires, sur les objectifs du millénaire) qui est fait parrallèlement aux capsules, nous devons avoir des images supplémentaires… et pas seulement des belles images de projets qui marchent. Car les objectifs du millénaire ne seront pas atteints… Donc, j´ai demandé à un ami (toujours beaucoup plus facile avec un local) de m´amener dans la partie pauvre d´Esteli…Pas tres loin du centre-ville, cette partie est bien connue, « des gens pauvres y vivent ».

J´avais un peu peur de sortir ma caméra. Je ne suis toujours pas super a l´aise. Je l´ai sortie, un monsieur est venu nous parler; très sympathique il nous a parlé de la situation des personnes qui vivent dans ce quartier (qui est en fait un champ). Et il nous a dit qu´il connaissait plusieurs des familles qui y vivaient. Je lui ai alors demandé si on pouvait aller en visiter une… « Bien sûr! » Nous nous sommes donc rendus dans une « maison » (toiles, bouts de tole, bouts de bois, plancher de terre…); j´ai été tellement agréablement suprise de l´accueil qu´on nous a fait et bien triste de voir dans quoi vivaient ces gens.

Après avoir expliqué à la jeune fille de 17 ans qui nous a reçu (car évidemment ce sont les femmes qui restent a la maison) que je fesais un reportage sur le niveau de vie au Nicaragua (plus simple a expliquer) elle m´a parlé avec humilité de sa situation. Elle habite dans cette genre de maison avec son fils (quelques mois), son mari (parti travailler a la fabrique de cigares), sa grand-mère (qui fait et vend des tortillas pour 1 a 2 $ par jour), et plein d´autres membres de sa famille…Bref dans cette petite maison qui compte 4-5 lits ils sont 12 environ…

Finalement, après 10 minutes il y avait presque 15 personnes (femmes et enfants) dans la petite maison; j´ai pu visiter 2 maisons et je crois que j´aurais pu faire le tour du quartier si j´avais voulu.

Les femmes m´ont expliqué leur situation: Les 44 habitations sont situées depuis 5 ans sur un terrain de la ville (qui était autrefois un lieu de drogue, prostitution, dépôt de déchets, animaux morts…), mais elles n´ont pas d´autorisation pour être là. Les familles (3 ou 4 par habitations!) et leur 150 enfants (qui fréquentent l´école jusqu´au primaire pour ensuite aller se trouver un emploi qui leur permettra de survivre) ne recoivent donc pas d´aide de la municipalité. Lors qu´elles font des demandes a la ville; elles sont ignorées.Depuis seulement quelques mois le « quartier » a 2 stations d´eau et un peu d´électricité. Quand meme, 2 enfants sont morts des suites de maladie…

Bref, ces personnes vivent dans la pauvreté, mais encore une fois je dois dire que j´ai été particulièrement touchées par ces gens qui se sont dits « travaillants, humbles et pas voleurs »… Ils m´ont accueilli a bras ouverts et avec le sourire…en me transmettant toutefois leur détresse et leur état de besoin. Avant que je parte, une dame a pris mon micro et m´a dit « j´aimerais lancer un message aux gens du Canada »… Et pendant 2 minutes elle a parlé a la caméra…de tout son coeur.

Catherine
Esteli, Nicaragua

Les enfants de la rue… au Nicaragua

Mon collègue Timur, qui est présentement en Thailande, nous a habilement décrit la situation des enfants de la rue…(voir post précédent). La description est touchante et nous fait réfléchir.

Je trouve intéressant de voir, que, même si je suis à l´autre bout du monde (l´autre jour Timur et moi discutions en ligne et il était pour lui environ 22h et moi 10h du matin!), nos réflexions se rejoignent et nous vivons des situations similaires.

Ici, au Nicaragua, il n`est pas rare de rencontrer des petits enfants qui travaillent dans la rue pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Mais, comme Timur le mentionne, on se demande parfois si il s´agit d´un scénario ou si la détresse est réelle.

Ici, certains jeunes usent de la technique « classique », ils vous accostent et vous demandent « 1 peso por favor » (1$ s´il vous plaît)…et ils restent plantés là jusqu´à ce que vous leur donniez. Il y a trois choses à faire dans une telle situation; l´ignorer (il finira bien par s´en aller), lui donner 1 peso (et il s´en va) ou lui donner quelque chose à manger (j´ai souvent un petit quelque chose dans ma sacoche; j´ai bien ri lorsque l´autre jour j´ai donné une barre granola All Bran à un jeune et qu´il m´a demandé « c´est quoi ca? » je lui ai répondu en lui disant d´essayer que c´était bon! Il est reparti en disant merci).

Par contre, certains jeunes usent de plus de stratégie pour obtenir quelques sous. Comme ce jeune homme qui distribue en silence un petit papier sur lequel c´est écrit : « Donnez-moi un petit montant afin que je puisse manger et aller à l´école. Je préfère mendier de cette facon que de voler. » Que faire? Que penser? Que dire? Il est difficile de rester insensible à cela…

D´autres se créent carrément un emploi. Lorsque j´étais dans le bus Managua-Esteli, ce jeune et son petit frère nous ont offerts une performance théâtrale d´une bonne dizaine de minutes… Je n´y comprenais pas grand-chose, mais à voir les sourires qu´il y avait dans l´autobus j`ai pu comprendre que ces jeunes donnaient un bon « show ». Evidemment, je crois que les jeunes sont ressortis de l´autobus avec un bon montant…

Jeune travailleur – Petit clown

Il faut savoir qu´ici le travail des enfants n´est pas toujours négatif. Il est dans bien des cas nécessaire afin d´aider la famille à acheter de la nourriture et pour aller à l´école. Ce qui est négatif c´est lorsque ces jeunes ne vont pas à l´école afin de pouvoir travailler… Mais dans bien des cas, les jeunes vont à l´école le matin et l`après-midi ils travaillent. Souvent je vois des jeunes dans la rue à 2h de l´après-midi et je leur demande « tu ne vas pas à l´école? » et il me répondent qu´ils y vont le matin. L´horaire scolaire ici est différent de celui du Québec.

Notre vision des choses à l´occidentale ne peut pas toujours être appliquée aux situations vécues ici…Le contexte social, culturel et politique n´est pas le même. Il faut seulement se souvenir de la situation au Québec dans les années 50. Il n´était pas rare que les enfants participent aux tâches ménagère ou qu´ils aident au champ… Il est facile de condamner rapidement, mais avant de le faire vaut mieux étudier la question. Est-ce que notre facon de faire, de penser est réellement la meilleure?

Une enfant avec un enfant…

Ma visite au Honduras fut brève. J´y suis allée quelques 4 jours afin de faire mon reportage sur l´objectif « Améliorer la santé maternelle ». C´est au centre Mer et Monde, à Tegucigalpa, la capitale, que je me suis rendue. Géré et financé par une ONG Montréalaise, Mer et Monde, a plusieurs activités. Mer et Monde possède une maison où sont logés les stagiaires qui viennent pour des séjours d´initiation à la coopération internationale variant de quelques semaines a plusieurs mois. Lors de leurs séjours les stagiaires travaillent en collaboration avec des organisations locales sur divers projets. Sur le même terrain se trouve le centre pour mères adolescentes. C´est sur ce centre que mon reportage allait porter.

Le Centre pour mères adolescentes Mar y Mundo (en espagnol), accueille 12 adolescentes qui ont un petit bébé. Ces jeunes filles peuvent avoir entre 12 et 18 ans. Elles sont au centre parce qu´elles le veulent… parce qu´elles en ont besoin.

Jeunes mamans et leur bébé
Mamans de Mer et Monde

Leur enfant elles ne l´ont pas eues avec leur copain, mais bien à cause d´un viol par un membre de leur famille ou par un inconnu. Ces jeunes filles arrivent au centre en cours de grossesse ou déja avec leur petit bébé.

Pour les jeunes filles qui ont déja accouché, l´expérience a parfois été douloureuse, une des jeunes filles du centre a d´ailleurs accouché toute seule. Par contre, lorsqu´elles arrivent au centre Mer et Monde, elles sont prises en charge. Elles vont chez le médecin sur une base régulière et surtout elles ont des conditions favorables pour leur accouchement.

Ensuite, les jeunes filles peuvent rester au centre jusqu´à ce qu´elles atteignent 18 ans. Durant leur séjour, elles vivent toutes ensemble, elles sont 2 ou 3 par chambre avec leur bébé. Il faut savoir qu´ici il est plutôt rare d´avoir sa propre chambre, la vie en général est très communautaire. Les conditions dans lesquelles vivent les jeunes filles au centre tendent à se rapprocher de celles de la vraie vie.

Leur quotidien consiste à cuisiner, faire le ménage, le lavage, leurs devoirs. Par contre, elles ont des séances de formation données par l´infirmière et ressource principale du centre, Fanny Sanchez. Elles discutent de la contraception, de la confiance en soi… elles ont des formations pratiques pour apprendre a faire des bijoux, de l´artisanat…elles ont des ateliers sur le développement de l´enfant. Chaque jour elles font faire des exercices de développement moteur a leur enfant. Presque en tout temps, les mères sont avec leur petit. Le but principal étant de leur apprendre a bien s´occuper de cet enfant et d´établir avec lui un lien d´amour. Car pour plusieurs de ces jeunes filles, cet enfant subit leur frustration/peine d´avoir été violée.

Lorsqu´elles quittent Mer et Monde, les jeunes filles ne peuvent toujours pas retourner dans leur milieu familial, puisque très souvent le violeur s´y trouve. Mer et Monde tente alors de trouver un parent proche qui peut accueillir la jeune fille et son bébé. Grâce aux formations recues, leur réinsertion sociale est facilité. Toutefois, Mer et Monde garde contact avec les jeunes filles afin de voir si tout se passe bien.

Le centre Mer et Monde est financé par les stagiaires qui s´y rendent chaque année en plus des dons de particuliers.

La demande est grande, la douzaine de place est insuffisante; le nombre de mères adolescentes au Honduras étant particulièrement élevé…

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