Archive pour la catégorie ‘Anick Maurice’

Retour au bercail

Il est bientôt l’heure de passer le flambeau et de dire au revoir à tous ceux qui ont su, à leur manière, me faire découvrir les beautés de la culture bolivienne et créer des moments qui resteront gravés au fil du temps. Je suis présentement très ambivalente. Heureuse de retrouver ce que j’ai laissé derrière mais triste de devoir quitter un monde auquel je me suis attachée. Je conseil à tous de faire un mandat de longue durée. Les deux premiers mois sont les plus difficiles alors que les semaines suivantes sont remplies de moments inoubliables. Les derniers jours ont été plutôt chargés et les préparatifs de départ ne sont pas encore terminés.

Suite à la présentation de mon rapport final, les membres de mon organisation avait préparé une petite fête surprise. Au menu, des tonnes de sourires, des larmes, des discours émouvants, un gâteau à la crème, du vin rouge et un cadeau souvenir. La tradition bolivienne veut que la personne fêtée prenne une mordée dans le gâteau avant qu’il soit coupé. Quoi? Mon rêve d’enfant se réalise enfin! Non seulement j’ai  droit de prendre la crème avec mon doigt mais je dois, en plus, prendre une bouchée à même le gâteau entier.  Nous avons longuement échangé avant de se diriger vers un restaurant typiquement bolivien afin de prendre des forces pour la soirée qui venait tout juste de commencer. La journée se poursuivit avec quelques pas de danse traditionnels et une promenade au milieu de la ville. Ce fut un plaisir de travailler pour cette organisation qui a la volonté d’améliorer les conditions de sa communauté. Une fierté personnelle et professionnelle d’avoir fait partie de cette équipe et d’avoir contribué à la continuité des activités. Plus que des collègues de travail, ils ont été ma famille et resteront,  à mes yeux, des amis précieux.

Anick

Simplicité volontaire

Je commence à apprivoiser La Paz.  Les rues inconnues deviennent peu à peu mon quartier et le temps passé dans les cafés mes moments préférés. Je découvre la gastronomie avec appétit et je suis enchantée par la qualité du service. Je suis impatiente de développer de meilleures compétences linguistiques afin de pouvoir partager avec les gens de mon entourage. Mon appartement se meuble peu à peu et conserve ainsi un peu de ma personnalité.

Hier, je suis allée souper chez des amies Argentins avec d’autres volontaires canadiens. Ils nous ont fait des pizzas sur demande. Nous étions donc un petit groupe dans un appartement très chaleureux. Parmi les coopérants, il y avait Rosa Maria, une dame qui m’a énormément aidé lors de mon arrivée, puis Heather et sa famille. Heather est une coopérante qui demeure en Bolivie avec sa famille depuis maintenant un an. Quelle famille extraordinaire, vraiment de toute beauté! Les deux petites maitrisent l’espagnol d’une manière remarquable. Il est impressionnant de voir à quel point les enfants ont une aptitude incroyable pour apprendre et s’adapter rapidement à divers environnements. Nous avons passé une superbe soirée et j’ai été très heureuse de pouvoir parler français. Nous avons dû dire au revoir à Rosa Maria par la suite. Elle partait en direction de l’Équateur, pour deux semaines, avant de revenir en terre canadienne.

Aujourd’hui, je suis allée faire quelques emplettes. J’adore essayer de nouveaux produits. Les supers marchés ressemblent aux petites épiceries de quartier. La musique est cependant très forte et digne des clubs les plus branchés.  En plus des denrées, j’ai aussi acheté quelques coffrets de séries populaires et quelques films afin d’animer les soirées plus tranquilles. Me voilà donc au Alexander Coffee, réfugiée dans un petit coin loin de la fumée, afin de vous écrire les petits moments de ma journée. Je m’apprête à déguster un chocolat chaud digne des meilleurs cafés du monde. Le concept est simple : lait porté à ébullition garni d’une tablette de chocolat noir pure. Miammmmm Je ne peux m’en empêcher! Je me suis développé une habitude et je ne peux maintenant plus m’en passer. J’emprunte parfois les marches au lieu de prendre l’ascenseur afin de me déculpabiliser. Le pire est que ça fonctionne. Lorsque tu prends le tout pour emporter, il te donne les ingrédients séparément. La tradition est de prendre une croquée dans la tablette de chocolat avant de le lancer avec des yeux d’enfant dans le lait bouillant.

Vive les petits plaisirs de la vie!!

Bonne soirée à tous!!

Anick

Choc des cultures

Ceux et celles qui ont reçu une formation sur le choc culturel, se rappelle surement de l’iceberg de Kohls. Pour en faire un bref résumé, il se divise donc en trois parties; la partie visible qui est la manière d’agir et les parties cachées, qui sont la manière de penser et la manière de ressentir. En tant que simple voyageur, nous avons l’habitude d’apprendre et observer la pointe de l’iceberg afin de mieux s’adapter dans la diversité. Cependant, j’ai remarqué qu’en tant que volontaire, nous sommes continuellement interpellé à réajuster nos constats et nos perceptions suite aux différentes situations auxquelles nous sommes confrontées. Bien que nous connaissions la théorie, il n’est pas toujours facile de la mettre en pratique. Selon moi, la réussite d’un mandat est directement liée à l’aptitude de comprendre cette partie cachée qui est parfois difficile à déchiffrer. Ce n’est qu’une réflexion personnelle qui est loin d’être un fait scientifique prouvé. Cependant, je trouve intéressant d’y réfléchir et de prendre conscience de cette réalité.

La hiérarchie est très importante en Bolivie. Il est parfois très dure pour un volontaire de comprendre le processus de décision et d’interpréter l’organigramme de l’organisation. Les décisions sont parfois prisent par des personnes qui n’ont aucun contact direct avec le terrain. Les réunions sont parfois très longues. Les participants se présentent avec plus d’une heure de retard, répondent à leur cellulaire en pleine formation et ferment les yeux pour se reposer un peu. Bien que ces gestes soient inconcevables pour nous, ces actions sont acceptées et ont une raison d’exister. Plusieurs rapports ont été demandés pour le lendemain alors qu’ils prenaient plus de trois jours de travail afin d’être complétés et certaines conférences ont été improvisées, n’ayant eu aucun avertissement les jours précédents. Difficile de se planifier un emploi du temps. Lors de l’élaboration de mon plan de travail, j’ai été confrontée au trop plein de liberté qui m’avait été octroyée. Je devais planifier les tâches à effectuer sur une période de quatre mois alors que les activités n’étaient pas encore élaborées. Cependant, bien entourée, il est toujours possible de réaliser un travail de qualité. J’ai la chance de travailler avec un partenaire local qui appuie et intègre le volontaire à ses activités. Selon moi, le stage est un excellent moyen de sortir de notre zone de confort et une opportunité de développer de nouvelles aptitudes personnelles et professionnelles. Pour une vraie passionnée, plus c’est dépaysant, plus le défi est  intéressant!!!

Bonne semaine!!

Anick

Je t’emmènerai sur les chemins

Une partie de mon mandat consiste à visiter les différentes boutiques et ateliers des artisans de mon organisation. Je dois alors sélectionner les produits ayant un fort potentiel d’exportation sur le marché canadien et élaborer une méthodologie de sélection qui guidera l’organisation suite à mon départ. Les membres de l’organisation ont été sélectionnés suite à l’étude de leurs produits et de leurs techniques de production afin de constituer une association détenant une identité culturelle représentative du pays. Chaque grande région à donc son représentant. Résultat de cette première phase; plus de 100 heures de route en moins d’un mois, des rencontres inoubliables, un souper qui a coûté une semaine de repos forcé et des paysages à couper le souffle.

Les voyages en autobus se suivent mais ne se ressemblent pas. Tout d’abord, le billet est disponible le jour précédent ou le jour même du départ. Le voyageur doit faire son choix parmi trois types d’autobus : le standard, le supérieur muni d’un système de chauffage ou l’autobus lit. Vous avez bien lu, un autobus lit. Du jamais vu au Canada!!! Les sièges se couchent d’un angle près de 160 degrés sans oublier l’appui jambe qui s’abaisse devant vous. Pour vous dorloter encore plus, la compagnie vous fournit même une couverture en polar aux couleurs vives. Les voyages de longues durées sont tous de nuit alors il est malheureusement impossible d’admirer le paysage. Cependant, la durée du voyage est allégée par les heures de sommeil. Les terminus sont très achalandés, bondés de personnes qui se dirigent dans tous les sens et occupés de voleurs qui guettent les petits voyageurs inexpérimentés. Les voyages se suivent mais ne se ressemblent pas. Une vitre brise durant le périple, des vendeurs de nourritures montent à bord et essaie de faire un peu de profit en l’espace de quelques minutes, une querelle éclate au beau milieu du chemin, des douaniers inspectent les coffrent, des passagers protestent et une volontaire canadienne court afin de ne pas manquer le départ qui a été devancé. La température varie entre -10 et 22 degrés. Durant la nuit, les fenêtres givrent de l’intérieur et les passagers se réfugient sous plusieurs couvertures. Il n’y a habituellement qu’un arrêt à mi-chemin où il est possible de manger et d’aller au petit coin. Oublier les toilettes au fond de l’allée et croiser les doigts pour que votre souper ne soit pas rejeté. Les routes varient beaucoup. La Bolivie est reconnue pour posséder la route la plus dangereuse du monde. Une route sinueuse en montagne où les précipices sont très profonds. Il est possible de circuler dans les deux sens alors que la voie ne prévoit qu’une automobile. Sans avoir emprunté la plus dangereuse, je peux affirmer avoir emprunté la seconde. Mais quoi de mieux qu’un peu d’aventure pour mettre du piquant dans de longues heures de route?

Bonne semaine!!

Anick

Peut contenir des traces d’arachides

Que faites-vous pour faire passer le mal du pays?  De mon côté, la réponse est simple et instinctive : deux rôtis au beurre d`arachide!! Toujours conserver près de soi un pot arboré de ses deux petits oursons préférés en cas d’urgence extrême. Quoi de plus nourrissant pour le corps et pour l’esprit que se bon vieux beurre salé. De plus, cela peut vous être utile en cas d’une intolérance à la nourriture du pays. Puisque le pain est une ressource courante sur presque tous les territoires, vous n’aurez aucune difficulté à trouver le seul élément nécessaire pour compléter votre souper. Mes collègues de travail ont adoré ce doux mélange à la couleur du dulce de leche. Dans mes bagages, se retrouvent aussi, quelques produits d’érables afin de faire découvrir cet élixir emblématique à qui veut bien se sucrer le bec. Je suggère fortement les bonbons au sucre d’érable;  gâteries fait de sirop pur à 100% sans ajout de glucose. En plus d’être délicieux, il se transporte à merveille sans ajouter de poids supplémentaire à vos valises. Remarquable dans un petit emballage, il est le cadeau parfait pour toute hôte, client ou collègue de travail. Sans oublier qu’il se conserve peu importe la température de votre nouvel environnement. Cela fait un énorme bien de se sentir chez soi ne soit que l’espace d’un moment. Je suis une personne pour qui la nourriture peut être très réconfortante mais, n’ayez crainte, je consomme le tout avec modération.

L’organisme local pour lequel je travail est constitué de plusieurs groupes d’artisans au niveau national. Lors d’un atelier de formation, l’organisme paie le transport, l’hébergement et la nourriture à tous les participants. Les déjeuners sont servis habituellement vers 8h et sont constitués de pain et de fromage. Vers 11h, une collation s’impose afin de rester concentrer jusqu’à l’heure du dîner. Puisque La Paz est situé à une hauteur de 3660 mètres d’altitude, le diner se doit d’être le repas le plus consistant car la digestion est beaucoup plus ardue en soirée. Il est donc toujours composé d’une soupe, d’une assiette principal et d’un dessert. La soupe est en soi très bourrative car elle est contient généralement une importante portion de légumes, des féculents et un morceau de viande. Le plat principal est fait de poisson ou de viande avec pomme de terre, riz et salade. Une autre collation et le thé est servi vers 17h30 suivi d’un souper léger vers 19h. Inutile de vous dire que j’ai adoré ces ateliers de formation.

Je tiens à mentionner qu’aucune commission n’a été reçue suite à la publicité des produits mentionnés ci-haut. D’ailleurs, je vous encourage à consommer équitable et à acheter des produits biologiques. :)

Bon appétit!!

Anick

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