La fin de mon stage approche à grands pas. Dans à peine deux semaines, je retournerai à Katmandou afin de prendre mon vol de retour. J’espère que le Eyjafjalljökull arrêtera de projeter ses cendres volcaniques dans la haute atmosphère. J’aimerais rentrer bien pénard au Canada. Dans tous les cas, si ce volcan essayait de prononcer son nom, ça lui fermerait la trappe pour quelques semaines.
Maintenant, passons aux choses sérieuses. Si je devais mentionner seulement une leçon apprise au cours de mon stage je mentionnerais la réalité suivante : la réussite de projets de développement est fortement liée aux croyances et attitudes des populations visées. Je me suis demandé au début de mon stage s’il fallait que je respecte par-dessus tout la culture du pays dans lequel je travaille. Je crois qu’il est facile de respecter la musique, le folklore et certaines valeurs précieuses aux yeux du peuple visité. Cependant, lorsqu’il survient de développer des régions et des communautés, certaines valeurs traditionnelles vont directement à l’encontre du développement.
Au Népal, la répercussion du système de castes et de certaines valeurs traditionnelles poussent certaines communautés vers un perpétuel cycle de pauvreté. Le meilleur exemple pour illustrer mes propos est celui de la communauté Raji. Traduit en français, Raji veut tout simplement dire pêcheur. Devinez ce que cette caste fait depuis des siècles? Et oui… elle pêche! Cependant, un petit problème est survenu depuis quelques années, il ne reste plus assez de poissons dans la rivière. Les activités commerciales ne vont pas bon train et le peuple court à sa perte. Les Rajis sont à la croisée des chemins et un choix s’impose : être traditionnel ou être rationnel. Le traditionnel choisira de rester pêcheur. L’option de changer de travail ne lui traversera peut-être même pas l’esprit. Il persistera à faire ce que ses ancêtres ont fait car il croit que c’est la position qu’il lui est destiné sur cette terre. Il ne permettra pas à sa communauté de changer de métier et les traditionnels des autres castes n’accepteraient pas non plus un changement hors normes. La culture, leurs croyances religieuses et leur attitude empêcheront donc les Rajis d’améliorer leurs conditions de vie. De l’autre côté, le rationnel observera que la rivière n’est plus ce qu’elle était et arrivera à la conclusion que certains membres de son peuple doivent changer de métier s’ils veulent survivre. Il acceptera le changement et les rationnels des autres castes l’accompagneront dans cette évolution.
Je suis donc arrivé à la conclusion que le développement est supporté par des valeurs universelles: l’éducation, la science, la rationalité et l’égalité etc... Je suis loin d’être un fervent admirateur de la globalisation culturelle. J’apprécie la diversité et celle-ci est bénéfique pour l’humanité. Néanmoins, le choix des traditions coûte cher à certains peuples. Je souhaite simplement aux Rajis et aux autres peuples qui sont dans la même situation de trouver le juste milieu entre développement et culture. Quand j’y pense, il ne faut pas aller jusqu’au Népal pour rencontrer se dilemme. Les autochtones du Canada sont dans cette impasse. Bonne chance à ces peuples!
Trêve de philosophie et à bientôt!
Alexandre






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