Semaine 5: Croire sans appui

Hola todos!

Cette semaine, j’ai envie de vous parler davantage des aspects entourant le Comercio Justo y Solidario au Guatemala. D’abord, ça me fascine. Après une visite dans une communauté qui bénéficie de l’appui de l’organisation pour laquelle je travaille, il est clair que le Comercio Justo y Solidario soit une bonne chose pour les communautés, mais aussi pour les gens qui consomment ces produits, qui souvent sont organiques et par conséquent, meilleurs pour la santé.

Cependant, ici, ça reste un sujet très complexe, mal défini et incompris, même chez nous les volontaires du CECI. Ici, le gouvernement emploie les mots Comercio Justo y Solidario. Comercio Justo se définit davantage comme étant un commerce relié à l’exportation. En gros, les produits vendus au Nord sont assurés d’avoir donné un salaire convenable au travailleur, de ne pas avoir employé d’enfants, d’avoir respecté les droits de l’homme et d’avoir assuré une égalité entre les hommes et les femmes. Comercio Solidario se définit davantage comme étant un commerce national permettant aux guatémaltèques de s’appuyer entre eux. Les interlocuteurs entre les producteurs et les points de vente finaux sont réduits au maximum, afin de permettre un prix de vente qui ne soient exagérément plus élevés à ce qu’on retrouve dans les autres magasins. D’autres termes, comme Commerce équitable, Économie solidaire, Consommation responsable, sont reliés à ces deux concepts et sont employés par les gens qui oeuvrent dans ce milieu. La distinction entre chacun des termes est limitée, ce qui rend souvent leur compréhension compliquée au sein des organisations qui y travaillent.

Constatation #1: Le gouvernement du Guatemala a créé une branche à son ministère de l’économie qui s’occupe du Comercio Justo y Solidario. Un des hommes en charge du financement des organisations au Guatemala a déjà refusé de participer et de financer un atelier d’économie solidaire en donnant comme excuse que son travail ne se concentrait uniquement sur le Comercio Justo y Solidario, et non, l’économie solidaire. La faute ne revient pas à l’homme, mais ça témoigne de l’incompréhension qui règne ici face à ces termes tous plus ou moins reliés et dépendants les uns des autres. Peut-être y a-t-il trop de termes, mais chose certaine, si l’idée derrière tout ça est d’aider les gens dans les communautés à améliorer leurs conditions de vie, le mot «solidaire» dans «économie solidaire» aurait du sonner une cloche à ce monsieur, non?! Ce qui m’amène à ma deuxième constatation.

Constatation #2: Le ministère de l’économie du Guatemala songe à retirer la branche de Comercio Justo y Solidario de son ministère. Pourquoi? En gros, ça coûte cher, et ça ne rapporte rien financièrement…….. Et bien voilà! Ils vont possiblement le faire passer au ministère du commerce extérieur, mais dans tous les cas, la raison donnée en dit long sur la perception et l’incompréhension des gens face au Comercio Justo y Solidario. Alors que les organisations tentent tant bien que mal de sensibiliser les gens du pays à la solidarité nationale, le gouvernement lui-même n’y croit pas. Et pourtant, ce gouvernement, qui est celui de Álvaro Colom, a basé sa campagne électorale avec comme slogan: Tiempo de Solidaridad! La ville est tapissée d’affiche qui prône ce temps de solidarité nouveau.

Tiempo de solidaridadCe sont mes constations et celles de mes collègues canadiens du CECI. Il est certain que notre opinion n’est pas objective compte tenu de nos origines. Mais l’idée derrière tout ça, était de souligner que mon travail de sensibilisation des clients du centre culturel et du restaurant où je travaille sera de longue haleine. Qu’en plus de devoir utiliser des termes qui sont mal définis et qui laissent place à l’incompréhension, je dois faire face, tout comme mes collègues de travail, à une machine politique, très politique, qui ne croit pas vraiment aux bienfaits de ce type de commerce sur sa population. La tâche est ardue. Cependant, le gouvernement a mis en place un plan stratégique jusqu’en 2013 pour donner une chance au Comercio Justo y Solidario. J’espère de tout coeur que ça fonctionnera, ou qu’à tout le moins, il y aura des améliorations!

Je vous redonne des nouvelles en 2013 à ce sujet, si bien sûr les Mayas se sont trompés, et que la fin du monde ne sera pas en 2012. Je vous reparle de ce thème une autre fois, un thème fascinant que je n’ai pas fini d’explorer et d’apprécier tous les jours! D’ailleurs, j’ai visité la capitale Maya en fin de semaine, Tikal, et WOW!

Bonne semaine!

Jennifer

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