Après avoir parlé de mon travail dans mon dernier message, j’ai décidé d’y aller un peu plus léger en contenu cette fois-ci. Rien de mieux qu’une bonne mise en scène du pays pour faire le travail. Depuis mon arrivée au Népal, j’ai vécu plusieurs petites expériences farfelues teintées d’incompréhension. Je vous en fait part de deux. L’une concerne les contacts humains et l’autre l’aspect culinaire.
Anecdote 1 : L’affection népalaise
Lorsque je me promène dans les rues, il est fréquent d’apercevoir des amis gars marchant deux par deux de manière très rapprochée démontrant leur affection l’un envers l’autre. L’un marche avec un bras autour du cou de son ami sans oublier de bien lui tenir la main. J’ai presque oublié de mentionner que cette scène d’affection est assurément accompagnée d’un cellulaire jouant de la musique Hindi avec un son à enterrer n’importe quel orchestre symphonique. Quand j’ai vu pour la première fois cette démonstration affective, je me suis dit que les Népalais toléraient l’homosexualité. Après tout, le Kamasutra ne vient-il pas de cette région du monde? Cependant, après un bref instant, je me suis rendu compte que j’étais totalement dans les patates. Puisqu’un jour, lorsque j’étais à la maison du Chef de programme de mon ONG partenaire, sa fille caressait avec sa main le bras de son cousin tout en parlant tranquillement avec son père. J’étais tout simplement ébahit devant cette scène loufoque. Comment est-ce possible ? Comment concevoir mentalement un tel degré d’affection et de proximité sans une minime connexion à la sexualité. Vous vous demandez bien si j’ai goûté à cette médecine? La réponse est oui! C’est les risques du métier… Il m’arrive souvent de me faire prendre le bras par un ami ou un collègue de travail. Mais Alexandre n’est pas si fou que ça! Il a développé quelques astuces. Si après 2 ou 3 secondes la personne me tient toujours le bras ou la main, je me gratte la tête ou je pars une conversation tout en m’assurant de parler avec mes mains comme le ferait un Italien. Comme cela, la distance qui m’apparait confortable entre hommes est rétablie. Que du plaisir!
Anecdote 2 : De la viande, oui mais…
Je vous en prie, à tous les végétariens et les cœurs sensibles, ne pas lire ce message parce qu’il est doté de descriptions que vous n’aimeriez point! Pour les autres, profitez-en! ;)
Un jour, lorsque le mangeur de viande que je suis avait une petite rage provoquée par une alimentation à base de riz, de légumes et de fèves pendant environ deux semaines, j’ai demandé au propriétaire de mon appartement de m’accompagner au marché afin de me procurer de la bonne vieille protéine animale. Tous les deux avions le temps, le « timing » était parfais. Nous sommes donc partis à marcher et ce, sans être main dans la main, vers le vendeur de viandes porcines. Arrivés sur les lieux du crime, une cabane « non hermétique » construite en bois avec un toit en tôle, remplace la rangée réfrigérée de notre bon vieux IGA. Me voilà stupéfait. Une fesse de cochon, peau et sabot en trop, est jonchée sur une vieille table en bois et semble s’amuser avec plusieurs de ses amies mouches. Mais n'allez pas croire que cette relation amicale perdurera bien longtemps puisqu’un homme avec une sorte de fouet tente de briser leur plaisir, du moins, pour l’instant d’une seconde ou deux. Un client se trouvant devant moi demande un kilo de viande (tout se commande au kilo ici). C’est alors que le boucher commença la boucherie! Il prit son outil de prédilection, un objet mi-couteau mi-hache, et avec la délicatesse du Géant Ferré, découpa une pièce de viande. Ensuite, il déposa cet amalgame de peau, de graisse, d’os et d’un minuscule morceau de « viande » sur une buche déjà ensanglantée. À ce moment, j’ai pensé qu’il changerait d’outil pour découper plus finement la viande. Mais non, peine perdue, il broya le gros morceau en petits morceaux tout en gardant les mêmes proportions de l’amalgame. Puis, il les déposa dans un sac de plastique. Les étapes de transformation étaient terminées. Cependant, tout commençait pour moi, c’était à mon tour. Mais, suite à ma demande et avec un léger montant en plus, « Jason » usa de plus de délicatesse. Je suis retourné chez moi et me concoctai une belle recette de chez nous. La viande était « surprenément » fraiche et je n'ai pas été malade. Suite à ce délice, je décidai alors d’aller voir les méthodes sanguinaires du marchand de poulet du coin!
J’espère que vous avez apprécié ces petites scènes qui habitent mon quotidien! J’ai volontairement ajouté un peu de sauce à ces anecdotes mais bon, c’est toujours plus délicieux ainsi!
À la semaine prochaine!
Namaste!
Alexandre






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