Archive pour octobre 2009
Mi-mandat
Déjà, je suis rendue à la moitié du temps de mon mandat. Heureusement les deux dernières semaines, j’ai pu m’avancer dans la rédaction du projet et la recherche de données touristiques sur la province de Ninh Binh. Pas de visites, pas de rencontres, car le Doyen est parti en Espagne ces deux semaines pour participer à un séminaire. Il n’y a que moi et mon ordinateur qui a décidé de me lâcher la première semaine et de ne pas démarrer, ce qui m’a donné la frousse de ma vie, car il contient tout mon travail. J’ai réussi à le mettre en marche, mais pas à régler le bruit qu’il fait toujours, tel un réveil matin agaçant qu’on a hâte d’éteindre, quand il démarre.
Pendant ces deux semaines là, je vous avoue que mon besoin d’accomplissement a été satisfait pour la première fois. Je travaillais en plein dans mon mandat et j’aimais ce que je faisais. Mes recherches avancent bien sauf que j’attends toujours la traduction d’un document sur les changements climatiques dont je pourrais retirer quelques informations. Ce document m’a été offert le 1er Octobre lors d’une conférence, à la Faculté de science à l’Université Nationale du Vietnam, donnée par le Professeur John Beddington, conseiller scientifique en chef du Royaume Uni et le chef du bureau gouvernemental de la science. La conférence a bel et bien eu lieu à cette date, mais le doyen s’est trompé et il ne m’a pas communiqué la bonne heure du début de la conférence. Motivée, j’ai chargé mon enregistreuse toute la nuit et j’ai préparé mes questions et reformulé celles du doyen. Je me suis présentée à la conférence au moment du remerciement du professeur pour sa présence et sa conférence. Eh oui! la conférence était finie, je suis arrivée à la fin. J’étais tellement déçue. La seule chose que j’ai pu avoir en anglais c’était les acétates de la conférence que j’avais demandés de la traductrice qui travaille pour l’ambassade du Royaume Uni au Vietnam.
Plus je m’avance dans la rédaction du projet, plein de questions font surface. Malheureusement le Doyen n’est pas toujours là pour répondre à mes questions, ce qui retarde un peu mon travail.
Concernant mes fins de semaines, J’ai pu profiter un peu du beau temps qu’il fait ici et faire quelques visites:
Temple de la littérature : la première université au Vietnam, aujourd’hui, devenue un temple. Certains étudiants s’y rendent prier pour réussir leurs examens. Très bel endroit paisible où on trouve une grande statue de Ho Chi Minh, le fondateur de la République Démocratique du Vietnam affectueusement surnommé Oncle Ho.
Le musé d’Éthnographie du Vietnam : impressionnant quand on sait que le Vietnam compte 54 ethnies.
Le spectacle des marionnettes sur l’eau : ce que j’ai adoré le plus c’était le petit concert présenté au début, la superbe musique jouée par les artistes et la douce voix d’une chanteuse qui m’a marquée et que je n’oublierai jamais.
Barra Brava, ça vous dit quelque chose?
Sérieusement, j’en avais aucune idée jusqu’à dernièrement.
Si je vous dis : hooligan? Ce terme devrait vous paraître plus familier. En fait, le terme Barra Brava est celui qui est utilisé en Amérique latine pour représenter ce genre d’organisation. Ils sont composés de supporters d’équipe de football (soccer) similaires aux hooligans au Royaume-Uni, par exemple. Ils ont d’ailleurs pas mal la même réputation, à quelques différences près…
Sans parler de tous les groupes faisant partis de ce genre d’organisation en Amérique latine, au Pérou, ils sont reconnus pour leur brutalité, leur violence et leurs actions sans remord envers même des personnes qui ne sont pas partisanes pour l’équipe opposante. Pour la grande majorité des péruviens, ces groupes leur donnent tellement peur qu’ils ne souhaitent tout simplement pas croiser leurs routes. …mais difficile d’éviter ces Barras Bravas puisqu’ils sont partout. Malheureusement, ils ne commettent pas leurs actes seulement à l’intérieur du stade (bien que je n’approuve pas cette violence), mais aussi un peu partout dans la capitale, par exemple. C’est ce qui les rend si difficile à éviter. En groupe, ils attaquent des personnes sans aucun motif, seulement pour le plaisir de faire mal ou de libérer leurs frustrations selon certains analystes de la question… Les gens ont si peur qu’ils ne dénoncent même pas les actes auxquels ils assistent, de peur qu’ils soient les suivants à subir les attaques de ces personnes. Je les comprends, moi aussi je les trouve plutôt épeurant. Bien que cela ne soit pas le reflet d’un individualisme quelconque, je me vois mal commencer à contrer une bande de partisans déchainés à moi seule! Il faut tout de même que cette situation change… Un projet de loi a été présenté par le parlementaire Walter Menchola afin de tenter de contrôler les Barras Bravas. Ce projet prévoit d’obliger les dirigeants de ces organisations à créer un registre contenant tous les noms des membres qui sera mis à la disposition des autorités et qui sera mis à jour en permanence. Est-ce que cette mesure sera efficace? Personne ne sait vraiment pour le moment. Du moins, il y a reconnaissance de la violence qu’inflige les Barras Bravas au commun des mortels. C’est déjà un pas en avant.
J’avais envie d’écrire un petit article à ce sujet parce qu’une amie d’une de mes amies ici est décédée la semaine dernière suite à une attaque d’un groupe de Barras Bravas. Elle a été poussée hors d’un combi (petit bus) alors qu’elle tentait d’échapper à la violence du groupe qui venait de prendre possession de ce dit bus. Malheureusement, le chauffeur ne s’est pas arrêté pour lui venir en aide ni pour dénoncer les personnes responsables de cet acte. Ainsi, il sera difficile de trouver le ou les coupables de cet incident. Le traumatisme crânien qu’elle a subi a été trop sévère pour qu’elle puisse s’en remettre. Cette fille n’est qu’un visage parmi tant d’autres victimes… Une vigile aura lieu ce soir en face du Palais de justice afin d’exiger aux autorités d’identifier et de sanctionner les responsables de la mort de María Paola Vargas Ortiz. Des centaines de personnes sont attendues…

María Paola Vargas Ortiz - Un groupe a été créé sur Facebook pour la vigile qui aura lieu ce soir...
… et les péruviens marchent.
Ces derniers jours, les péruviens ont marché, dans le sens « manifester », et vont continuer à le faire dans les prochaines semaines. Ils marchent pour plusieurs raisons. Le centre de Lima, là où se situe le Congrès, s’emplit à chaque fois de centaine de péruviens le cœur chargé d’émotions. La semaine dernière, par exemple, ils ont marché pour et contre la légalisation de l’avortement. En fait, le 6 octobre dernier, le comité ayant pour but de réviser le Code criminel a voté en faveur d’un projet de loi visant à légaliser certains aspects associés à l’avortement. Attention, nous ne parlons pas ici de l’avortement sous toutes ses formes. Il faut dire qu’en ce moment, l’avortement est possible au Pérou seulement si la grossesse représente des dangers graves quant à la survie de la mère, rien de plus. Ceci étant dit, cela ne veut pas dire que ces femmes y ont droit gratuitement. La polémique actuelle à ce sujet est qu’une loi tente d’être passée afin de rendre légal l’avortement en cas de viol, inceste ou malformation du fœtus. Ce projet de loi sera débattu prochainement au Congrès. Les tensions sont vives entre les groupes de femmes et les organisations de droits de la personne d’un côté et l’Église catholique et les partis de droite d’un autre côté. Selon les activistes, plus de 370 000 avortements illégaux sont pratiqués au Pérou à chaque année, un des taux les plus élevés en Amérique latine… Reste à voir si le Congrès approuvera ce projet de loi, et si tel est le cas, si le gouvernement prendra des dispositions afin de faciliter l’accès aux femmes désirant avorter sous ces conditions. De plus, en fera-t-il la promotion? À Lima, le message passera et les femmes, dans la plupart des cas, sauront qu’elles y auront accès en cas de viol, inceste ou malformation du fœtus, mais les femmes demeurant dans les régions éloignées risquent de ne pas être mises au courant de cette nouvelle disposition et continueront d’utiliser des méthodes draconiennes pour en venir à leur fin… ou ne feront que continuer à accepter ce qui leur arrive en dépit de tout, même du viol et de l’inceste…

Manifestants pour la légalisation de l’avortement, mardi passé à Lima.

Vous pouvez lire sur l’affiche (traduction libre) : « J’ai avorté parce qu’on m’a violé. Plus de mille femmes avortent chaque jour au Pérou. »
Petit train n’amasse pas mousse!
Bonjour,
Il semblerait que plusieurs d’entre-vous attendent avec impatience la suite de mes aventures. Je constate aussi avec amusement que nombreux sont ceux qui suivent mes péripéties depuis plusieurs années, qui se demandent ce que je cherche à obtenir par cette expérience cette fois-ci. À ces derniers, je leur répondrai « Petit train n’amasse pas mousse! » ou encore « Pierre qui roule va loin! ».
L’expérience de Management Consulting est la réponse à vos questions. FXB International est l’une des rares organisations qui pendant longtemps ont conduit leurs activités à l’aide des fonds de fondations privées.
En décembre 2008, suite à la candidature de FXB, l’organisation s’est vu octroyer un montant relativement substantiel par le Presidential Emergency Plan For Aids Relief (PEPFAR) via l’United States Agency for International Development (USAID) dans le cadre du New Partners Initiative (NPI), qui vise à créer des partenariats qui promeuvent l’art et l’habitude d’établir des partenariats stratégiques pour la résolution collective des problèmes au niveau communautaire. En d’autres mots, ils créent des partenariats avec des ONG déjà établies et qui ont de bons programmes, mais qui selon eux n’ont pas nécessairement la capacité de gérer des fonds substantiels selon les exigences de l’agence et d’en assurer une reddition de compte exemplaire. Ainsi, l’organisation subit depuis quelques mois les aléas d’une transition de gestion « familiale » vers une « bonne gestion étatsuniennes» des ONG, visant à mieux informer les donateurs et le grand public.
Comme vous l’avez compris, un tel changement requiert un changement de culture organisationnelle à tous les niveaux administratifs, un travail d’adaptation colossal et une quantité phénoménale de nouvelles procédures et de rapports, afin de rencontrer les exigences bureaucratiques de l’agence américaine qui fait, avec les Nations-Unies, autorité en la matière!
Mon mandat s’inscrit donc dans cette transition. Voici un bref résumé de ma description de tâches :
- Assister le directeur de programme dans le renforcement des capacités organisationnelles, conformément à l’évaluation de USAID.
- Normaliser et harmoniser le management et les procédures financières et comptables.
- Développer les capacités locales en termes de reddition de compte dans les rapports administratifs et financiers.
- Conseiller la restructuration organisationnelle au niveau régional.
Ce mandat, qui s’avère être celui d’un consultant junior, m’enchante, d’autant plus que je crois en l’organisation et ses programmes. Que demander de mieux? Les défis sont nombreux, réalisables et les équipes travaillent d’arrache pied pour prendre le virage. Pour un candidat au MBA, participer à un tel virage organisationnel est tout simplement fabuleux, et développer une petite expertise avec USAID, exquis!
Je terminerai en soulignant le fait que mon collègue Alain Daou, qui se trouve actuellement à Kampala, viendra me visiter la semaine prochaine pour travailler sur l’élaboration et l’adaptation de procédures comptables. Mon cher Alain, je t’attends avec quatre kilos de brochettes et quelques Primus!
De plus, j’invite tous les Managers à participer au blog de façon assidue, à défaut de ne pas pouvoir les obliger. Chers amis, votre participation laisse à désirer!
Votre former assistant chef de projet
(Ne m’en voulez pas, je dois donner l’exemple!)
Antoine Drouin-Ouellet
Un peu de nouvelles
Bonjour à tous,
Je vous écris pour vous donner un peu de mes nouvelles. Je suis très chargé en ce qui concerne mon mandat. Les autorités ne veulent pas me donner certaines informations sur les revenus et les taxes dans le district de Gulu. Je me suis déplacé jusqu’à Kampala pour obtenir les données, mais sans succès. Mr. Samuel m’a dit de continuer mon rapport et de faire des recherches sur l’Internet. Dans le cas échéant, nous serons obligés de faire le rapport final sans certaines données économiques. Je suis entrain d’écrire le premier brouillon de mon rapport final du mandat. Je vais bientôt le faire parvenir à tout le monde pour qu’ils puissent le lire et me donner des commentaires avant que j’entreprenne la version finale. Les dirigeants de L’hôpital de Lacor attendent un excellent rapport de moi. J’ai bien apprécié les remarques de Mr. Verna sur mon premier rapport. J’ai également parlé à Alain au téléphone; ça m’a fait plaisir puisque c’est un autre manager sans frontières en Ouganda. Finalement, je suis en bon terme avec Mr. Samuel, l’administrateur de l’hôpital, alors tout va pour le mieux.
Prenez soin de vous
Cordialement,
Aboubacar