Je suis à Kuujjuaq, au nord du 58ieme parallèle, et pourtant je peux presque sentir la chaleur de Chilubula Village en Zambie tellement notre petit projet de Centre Local de Développement dans cette micro-économie se concrétise. C'est fou comme on ne réalise pas la puissance des technologies modernes quand on ne s'arrête pas à y penser. Alors que je suis impliqué à fond dans mon stage, pour le développement d'un petit gouvernement régional ici dans le Grand Nord, je peux tout de même maintenir, par temps libre, ma collaboration avec les intervenants de la Zambie afin de suivre l'évolution de notre première récolte depuis le début du projet Chilubula.
Ce village d'Afrique centrale qui porte un riche héritage historique et une situation géographique particulière, nous sert en quelque sorte de petit laboratoire des sciences de la gestion par lequel nous tentons de lancer une micro-économie autonome et adaptée à sa réalité socio-économique. Il faut dire que cette région très éloignée et isolée du nord de la Zambie est contrôlée et développée par un diocèse Catholique jeune, éduqué et très dynamique. Cela offre une stabilité et une fiabilité des ressources en place qui est hors du commun, permettant ainsi d'élaborer un projet auquel les termes durable et équitable prennent un vrai sens. L'objectif y est commun à tous et l'influence des intérêts personnels et de l'individualisme ne semble pas encore y êtres aussi présente que dans les organismes modernes classiques que j'ai connu à ce jour. Cependant, ce contexte entraine aussi en contre-partie quelques contraintes d'ordre moral qui nous forcent à évoluer dans un cadre différent des structures commerciales auxquels je suis habitué.
Notre objectif pour cette récolte est en fait d'obtenir nos premières données sur la capacité de production du village, la variété des produits, l'identification des marchés potentiels et surtout l'organisation marketing nécessaire pour les atteindre. À cette fin, nous investirons simplement sur une pesée et quelques produits d'emballage de qualité, et nous utiliserons ces données pour une offensive marketing beaucoup plus importante la saison prochaine. D'ici là, nous pourrons finaliser la structure légale et financière de ce charmant petit projet. Le fait de pouvoir travailler en parallèle sur deux projets aussi diamétralement opposés, tant au plan géographique que économique, me donne à mon avis une vision privilégiée du coté scientifique du management. Même si l'un des projets est sans budget et sans ressource autre que la bonne volonté des gens d'une région quasi-tropicale alors que l'autre est en région très froide et avec beaucoup de budget et de support des gouvernements concernés, il est étonnant de voir à quel point les mêmes formules de management peuvent s'y appliquer et surtout, à quel point plusieurs problématiques similaires s'y retrouvent également.
Reste à savoir si des solutions similaires pourront également y être appliquées....... si nous les trouvons!
De retour au Nunavik au prochain blog.






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