Lorsque l'on est originaire de l'Abitibi, la marée est une notion lointaine, presque folklorique dans notre esprit. Mais ici, à Kuujjuaq, ce phénomène naturel influence fortement la vie des gens qui y sont confrontés. Pendant la saison ou les traineaux à chien et motoneiges sont au rancart, le ravitaillement, l'amusement, la quête de nourriture et autres déplacements dépendent souvent du niveau d'eau de la rivière. C'est donc un tout nouveau paramètre dont nous devons tenir compte lors de nos planifications du week-end, mais aussi dans le cadre du travail.
On m'a d'ailleurs encore confirmé cette semaine que ce serait ici au Nunavik que certaines des plus fortes marées au monde auraient été enregistrées. Nous l'avons constaté à nos dépends, ma conjointe et moi, lors d'un voyage de pêche au saumon sur cette superbe rivière. Notre première erreur fut de se fier aux prédictions météo d'environnement Canada, ce qui fait bien rire les gens d'ici. Puis, nous avons voulu aller trop haut sur la rivière. Avec du beau temps ça aurait passé. Mais comme les vagues sont devenues trop grosses, nous avons du nous résigner à attendre la prochaine marée pour revenir, et coucher dans le bateau pour la nuit. La pluie et les mouches n'ont pas aidé au confort mais néanmoins, cela nous a permis une nuit hors de l'ordinnaire, de belles discussions et du temps de réflexion de qualité.
C'est donc dans ce contexte que je me convainquis que cet élément tout à fait local pouvait être traduit, en langage de gestion, comme un paramètre à tenir compte lors de nos tentatives d'ajustement des horaires de travail. Si la marée haute passe à 14:00hrs le vendredi, nous aurons peut-être beaucoup de réception de marchandises à effectuer mais les employés qui veulent se rendre à leur chalet pour le week-end ne voudrons surement pas attendre à la prochaine. C'est évidement bénin comme problématique comparée à toutes celles afférentes au lancement d'un nouveau petit gouvernement en région émergeante, mais je trouve qu'elle représente bien la diversité des défis de gestion auxquels nous avons la chance d'être confrontés en tant que potentiel Managers sans frontières. Celui-là, je l'appellerais la gestion au gré des marées.....
Et pour le reste, tout avance bien. Les vacances de la direction me permettent d'avancer mon travail plus aisément et il semble que l'idée de structure comptable que nous aimerions proposer en résultat de ce projet, fasse son petit bonhomme de chemin. Nous l'appelons le Six wheel drive. Il s'agit du regroupement des nombreux départements actuels et de ceux qui sont à prévoir lors de l'intégration des autres organismes régionnaux, dans ce que nous appelons déjà les 6 futures ministères régionnaux. Cette structure est dessinnée et présentée sur fond de système ERP dont la colonne centrale tire ses données de 3 secteurs disposés de chaque cotés et avec la direction générale représentée au devant. La représentation graphique de l'ensemble fait donc étrangement penser à un véhicule tout terrain à 6 roues.... très pratique ici. Et par expérience (car je suis un vieux future Mngrsf), lorsqu'un projet est présenté dans une sauce locale.... il se digère souvent mieux !
Bonne semaine à tous et merci pour vos belles histoires pleines de soleil et de courage.






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