Carnet de voyage

Mercredi, 8 juillet, 2009 - 08:13

Paysage

J’en suis presque à la moitié de mon mandat mais je commence à peine à saisir la complexité de la culture népalaise. Petit pays pris entre deux géants, l’Inde et la Chine, et lui-même posé sur les plus hautes montagnes de la terre.

Il est vrai que sa «verticalité» est impressionnante, le pays héberge 10 des 14 plus hauts sommets du monde. Les montagnes sont toujours présentes dans le paysage, elles donnent un sens, une orientation au pays, un peu comme dans la vallée du St-Laurent on se sert du fleuve comme point de repère pour se diriger.

Malheureusement, depuis que je suis arrivé, à travers les brumes de la mousson, on ne distingue pas clairement les sommets enneigés. Il faudra que je m’en rapproche un peu, que je monte un peu aussi pour pouvoir vous en parler davantage.

Parce que la région où je suis installé n’est pas vraiment l’image typique que l’on se fait du Népal. Je suis dans le Terai, une grande plaine agricole qui s’étend aux pieds des montagnes sur toute la longueur du pays et qui fait frontière avec l’Inde.

Ici, il faut oublier les images de Yaks et de neiges éternelles. Ce que l’on croise en se baladant c’est plutôt des buffles et le vert tendre du riz qui pousse dans les rizières.

Et comme probablement sur toutes les frontières du monde la culture d’ici est un mélange de ce que l’on trouve des deux côtés de la ligne. Je n’ai jamais mis les pieds en Inde mais de là où je suis on en entend déjà la musique, on en regarde déjà les films. L’iconographie et les pratiques religieuses semblent les mêmes. Sans parler de la nourriture et de tous les produits d’exportations indiens qui entrent ici à pleins camions.

Pourtant lorsque je discute de cela avec mes collègues népalais, ils m’affirment tous que je me trompe, que la langue est différente (les deux sont issus du Sanskrit, leur latin à eux) et que la culture et les mentalités ne sont pas les mêmes.

Ils me disent que, de toute façon, il n’existe pas une seule culture népalaise mais bien des dizaines. Que sur les 23 millions de population que compte le pays, on dénombre plus de 90 cultures ou ethnies distinctes et au moins 24 langues parlées et que ce serait réducteur d’amalgamer tout cela en une seule identité.

Et je les crois. Après tout je ne suis qu’un bedeschi, c'est-à-dire un étranger, un blanc, et je ne suis ici que depuis à peine 6 semaines. Je ne peux pas comprendre toutes ces subtilités qui font la différence entre une culture et l’autre.

Sur un T-shirt en me promenant dans un bazar à touristes de Katmandou j’avais trouvé l’inscription suivante: « same same but different », J’imagine que c’est une bonne manière de résumé la situation.

On verra si je comprends un peu mieux au bout de trois mois. Et au pire, si nécessaire, je reviendrai… C’est assez agréable par ici.

Commentaires

Wow, quelle belle photo!

Namaste,
j'espère que tu apprécies ta montagne de riz, ton morceau de poulet et tes pickles au quotidien :)

Bien content d'entendre que tu te plais en terre nepali! Si tu as l'opportunité de t'écarter de ton mandat pendant qques jours, vas dans l'Annapurna et visite Poon Hill (un trek de 3 jours). Tu y verras une multitude de sommets passant de 3000 à 7000 mètres.

Sinon, Varanasi (ville sainte des saintes) reste une option dépaysante.

Antoine

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