Archive pour mai 2009

La hiérarchie et le bureau

Déjà une autre semaine de terminée. Les journées sont bien remplies et le temps passe plutôt vite. Au menu cette semaine, j’ai eu la chance de visiter les différents sites d’éducation alternative pour les jeunes provenant de milieux défavorisés. Ce fut très intéressant de voir comment un organisme local est capable de venir en aide à ses concitoyens et comment il tente d’améliorer la situation de son propre pays. En outre, j’ai eu le droit à beaucoup de travail de bureau : traduction du site Web, préparation d’entrevues, préparation d’une structure explicative de projet, etc.

 

Le petit désagrément de la semaine maintenant. Depuis mon arrivée, il y a maintenant 2 semaines, je travaillais sur un minuscule bureau où je ne parvenais pas à mettre mes jambes dessous. Il faut savoir que le Guatémaltèque moyen n’est vraiment pas très grand. À titre d’exemple, moi qui me considère d’une taille moyenne (5 pieds, 10 pouces, aucune idée en mètre), eh bien, je n’arrête pas de me cogner la tête un peu partout.

 

Voyant déjà les maux de dos surgir, je décide d’en parler à mon patron en début de semaine. Je lui demande si c’est possible de trouver un bureau un peu plus grand ou simplement une table un peu plus élevée. Je ne veux rien de compliqué car je suis conscient que ce genre d’organisme ne possède sûrement pas des tonnes de bureaux cachés dans un entrepôt quelconque. Je n’entends plus parler de l’affaire les jours suivants lorsque jeudi matin, à ma grande surprise, j’apprends que j’ai un nouveau bureau : celui de l’assistant de mon patron!

 

Mon patron, son assistant et moi travaillons tous dans le même local. J’ai donc tout simplement hérité de son bureau et lui est passé sur le mien. Le problème est que ce brave jeune homme n’est pas vraiment plus petit que moi. Je lui demande alors si l’échange le dérange et bien entendu, il me répond que non. Je lui offre alors de partager le grand bureau, il me dit poliment que ce ne sera pas nécessaire, qu’il est bien à son nouveau poste de travail, où il parvient difficilement, tout comme moi, à mettre ses jambes dessous et où il manque cruellement d’espace.

 

Bien entendu, je me sens extrêmement mal à l’aise pour mon collègue. J’ai vraiment l’impression de lui avoir volé son bureau qu’il méritait autant que moi sinon plus. Je ne sais pas pourquoi j’ai eu priorité sur lui, mais j’espère que cela ne va pas nuire à nos relations de travail. Je me sens aussi un peu piégé puisque je ne peux pas vraiment lui redonner son bureau. Ce serait comme si je désavouais ouvertement mon patron. Ici, la hiérarchie est très importante. D’ailleurs, c’est sûrement à cause de celle-ci que mon collègue ne se plaint pas. Autre culture, autres mœurs que je me dis…

 

Alors voilà ma petite péripétie de la semaine. Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez me laisser des commentaires. Je vais les lire avec joie.

 

Au plaisir.

 

Sébastien

Tout un défi

C’est en effet tout un défi qui m’attend. J’entre dans une nouvelle partie de mon stage et ce n’est pas de la petite bière. Quand je suis partie du Québec, j’avais comme mandat principal de contribuer à la mise en place de stratégie de marketing et à l’élaboration de stratégies de pérennité. Tout ça me semblais bien intéressant et j’étais très enthousiamée à l’idée de pouvoir apporter ma contribution au développement de l’organisme. Arrivée sur place, c’est exactement ce même mandat qui a été validé et un échéancier a été établi. Je me suis vite rendu compte que toute l’équipe est très occupée, tellement que ce n’est pas mon superviseur de stage qui ma encadré au début, mais un autre de nos collègues. Ils travaillent tous au moins 9h par jour et sur plusieurs dossier en même temps. Ils courent toute la journée… je pensais jamais voir ça en Afrique (excusez le préjugé), c’est encouragent… mais pas pour moi.   Bien que je sois très heureuse de voir que tous sont très professionnel et travaillent très fort, cela veut dire qu’il n’y a personne pour me superviser. Pour la première phase de mon stage ce n’était pas un problème parce que je savais exactement ce que j’avais à faire et j’avais accès facilement à la majorité des documents nécessaires. Bon, maintenant je peux plus avancer parce que j’attends le feedback de l’équipe pour savoir s’il manque des info ou s’il y a des modifications à faire… mais bon ça allait.  J’ai eu hier la confirmation par le coordonnateur qu’effectivement j’allais travail seule sur l’implémentation du plan marketing et, puisque celui-ci est dirigé vers l’atteinte d’une autonomie financière, de stratégies de pérennité. Le tout en deux mois et avec un budget de 40 000 Euro. Je voulais des responsabilités… et bien je suis servie! Naïvement je pensais que les responsabilités allaient venir de manière graduelle… L’avantage c’est qu’une bonne partie du travail est déjà fait puisqu’une consultante québécoise a déjà rédigé un plan de communication pour le DAT. Moi je dois choisir les stratégies à mettre en place, comment et pour combien d’Euro. Je vais même donner une formation en vente et représentation aux membres de l’équipe du DAT-AOC.    Je sais bien que je vais m’en sortir et même si l’équipe est très occuppée, ils ont toujours le temps de répondre à mes questions. Malgré tout je trouve ça quand même stressant. L’enjeu n’est plus une note sur un travail universitaire, mais bien la transformation (si je ne me plante pas) d’une structure financé vers une structure autofinancé.   Souhaitez moi bonne chance!  A+  Manu p.s: Je suis désolée, mais apparament je suis incapable de faire aparaître mes textes avec des paragraphes.  

Rock à Ouaga

Bonjour tout le monde! Oui je sais, ça fait beaucoup trop longtemps que je ne vous ais écrit… Je m’en excuse! Lire la suite de cette entrée »

Premier contact

Eh oui, déjà une première semaine de travail de complétée et par le fait même, une semaine au Guatemala. Je suis arrivée un lundi soir et ne voulant pas perdre de temps et surtout ne voulant pas passer ma journée à m’ennuyer de ma copine que j’ai laissé au Canada, j’ai proposé à mon patron de commencer dès le mardi matin. Un peu surpris, il m’a dit qu’il n’y avait pas de problème.

 

Ainsi, mes quatre premiers jours ont été consacrés à me familiariser avec mon environnement de travail, mes collègues et surtout avec mon mandat. J’ai fait une proposition de mandat avec un calendrier et tout devrait être accepté aujourd’hui même (mon patron a parfois la manie de tout changer dans les documents que je propose et après de se demander pourquoi la mise en page ne fonctionne pas!). Néanmoins, si tout se déroule comme prévu, mes 3 prochains mois ici devraient être consacré aux points suivants :

 

1. Réingénierie de l’entreprise éducative.

 

L’Association Grupo Ceiba, mon organisme d’accueil, travaille avec les jeunes défavorisés de certains quartiers de la ville de Guatemala ainsi que dans d’autres régions du pays et dont le but est la prévention de l’usage des drogues et de la fréquentation des gangs de rue. Au siège social de l’Association, on retrouve donc quelques salles de classes et des instructeurs qui donnent à plus d’une centaine d’enfants des formations sur 3 domaines : le design graphique, l’entretien d’ordinateur et le soutien technique téléphonique bilingue (espagnol et anglais). Leur objectif est donc de former ces jeunes afin qu’ils puissent soit rejoindre le marché du travail formel, soit former leur propre entreprise ou soit rejoindre les coopératives de services de Grupo Ceiba. C’est donc sur ce programme que se situe une partie de mon mandat. Je dois en faire l’étude et proposer un modèle idéal de ce que devrait être l’entreprise éducative. Tout cela accompagné avec les documents pertinents tels que le nouvel organigramme, la description des tâches et des rôles de chacun ainsi qu’une description des réformes à effectuer.

 

2. Assurer la pérennité de l’Association

 

Rassurez-vous, l’avenir de l’Association ne repose pas sur mes épaules. Cette partie de mon mandat consiste à trouver des nouvelles sources de financement et de préparer les documents nécessaires à leur fournir. Plus précisément, cela consiste à monter une banque de données avec des bailleurs de fonds potentiels, préparer un document et une lettre de présentation modèle dans les 3 langues (espagnol, anglais et français) pour demander aux bailleurs de fonds leur appui financier et contacter les plus prometteurs d’entre eux.

 

3. Faire la traduction du site Web

 

Grupo Ceiba travaille énormément avec l’informatique pour attirer les jeunes dans leurs différents programmes d’éducation alternative. Leur site Web est donc très bien fait et possède énormément d’information. Je devrai donc le traduire en français et en anglais dans le but que les bailleurs de fond étrangers puissent avoir accès à tout cette information. Cette dernière partie du mandat devrait malgré tout m’exiger beaucoup de temps puisque j’estime à l’équivalent d’une vingtaine de pages le texte qui se retrouve sur le site web.

 

Alors voilà sur quoi je devrais travailler dans les prochaines semaines. Je crois que j’ai du boulot en quantité plus que suffisante. D’ailleurs, je me dis parfois que c’est peut-être un peu trop mais bon, je vais me laisser un peu de temps et je réajusterais le tout avec mon responsable en cours de mandat s’il le faut.

 

Du côté personnel, tout va bien. Contrairement à mes collègues managers sans frontière, je n’ai pas eu à me casser la tête pour l’appartement. Véronique, une collègue de programme est sur le point de terminer son mandat de 5 mois ici. J’ai donc eu la chance d’hériter de son appartement situé à 20 minutes à pied du travail et à un coin de rue du palais présidentiel et de la Place centrale. Cette partie de la ville est très sécuritaire et il y a plusieurs commodités à quelques coins de rue. Pour l’instant, j’en suis encore à découvrir où se cachent les trucs de base mais je compte bien profiter de la fin de semaine pour en découvrir un peu plus sur la ville et aussi finir de m’installer confortablement dans mon appartement.

 

Voilà où j’en suis présentement. Je vais essayer d’être régulier dans mes interventions afin que vous puissiez suivre mon cheminement et mes expériences (pour ceux que cela intéresse).

À bientôt

 

2 février 2009

Ça fait maintenant près de 1 mois que je travaille avec l’organisation et j’aimerais profiter du moment pour partager quelques réflexions concernant mes attentes face à mon stage. ISF est notamment reconnu pour l’effort mis sur le développement professionnel des ses membres. Particulièrement les membres des différents comités exécutifs des sections qui sont soumis à des formations rigoureuses. Les sujets abordés vont de la facilitation, passant par la planification pour se terminer par le leadership et la motivation. Ainsi, il existe au sein de l’organisation une très forte culture de leadership et de développement personnel. Étant membre de l’organisation depuis 2004, j’ai trempé dans ce milieu et j’ai développé un intérêt particulier pour développer mes compétences.

J’ai donc entremis mon stage en espérant pouvoir être mis en contact avec le nec plus ultra des techniques de leadership et de planification et j’espérais pouvoir apprendre considérablement. Je désirais notamment peaufiner quelques techniques de leadership et mettre à l’épreuve mes compétences.

Or, c’est à ma grande surprise que je remarque à quel point mes attentes face au Bureau national sont loin de la réalité. En fait, je fais plutôt face à une situation qui est presque le contraire de ce que j’aurais pu m’imaginer. Il existe au sein de l’organisme une profonde culture d’élitisme où les gens semblent avoir peu de considération pour le développement d’autrui et préfère se limiter dans les interactions.  Ainsi, je me retrouve isolé avec les autres stagiaires et les employés temporaires et j’ai beaucoup de difficulté à créer les conditions favorable au développement de mes compétences. J’ai donc entrepris de fixer des rencontres bimensuelles avec la directrice qui s’occupe de cet aspect auprès de membres. J’espère que ceci me permettra d’au moins comprendre pourquoi la situation dans l’organisation est telle.

L’expression « cordonnier mal chaussé » caractérise bien la situation.

9 février 2009

Canada’s World

J’ai eu l’opportunité en fin de semaine de participé à un dialogue national animé par Canada’s World. Cette organisation « invite les Canadiens de tous les horizons politiques et de toutes origines à participer à un échange d’idées sur le rôle du Canada dans le monde ». Par l’entremise de forums de discussion, les participants sont invités à partager et apprendre les uns des autres concernant la politique national et étrangère du pays.

Ainsi, j’ai passé la fin de la semaine à Ottawa à discuter avec environ une quarantaine d’individus, provenant de partout à travers le Canada, de l’avenir du pays. J’ai particulièrement apprécié la diversité du groupe. Immigrants, aborigènes, provinces, langues… quasiment tout les gens étaient représentés.

Notre groupe était mandaté de raffiner la vision de l’organisation, un document comprenant le condensé de près d’une vingtaine de discussion qui s’étaient déroulés au cours de la dernière année, afin de le  présenter au quatre principaux parties politiques fédéraux. J’ai bien apprécié l’expérience et j’ai été surpris de voir à quel point les gens se sentaient engagés envers le pays. Je vous invite à consulter le site de Canada’s World à l’adresse suivante :

http://www.canadasworld.ca/

12 février 2009

J’ai remarqué depuis quelques jours que la culture organisationnelle d’ISF est particulièrement nocive pour les employés.

Tous d’abords, il est fortement encouragé de travailler plus de 50 heures par semaines. Ainsi, la plupart des employés ont tendance à travailler très tard le soir et même la fin de semaine. Le taux d’absentéisme au travail est donc très élevé et les employés sont souvent très fatigués et peu productifs. De plus, il semble que les absences pour cause de maladie augmentent depuis la conférence nationale.

J’ai notamment été surpris lors de la conférence nationale lorsque les présidents de l’organisation ont demandé aux employés de ne pas manger la nourriture de l’hôtel (le tarif pour le service de traiteur était d’environ 70$/jours) afin de sauver des coûts. Ils ont proposé comme alternatif d’aller chercher de la nourriture à l’épicerie (pour la trentaine d’employés) et/ou commander de la pizza pour les soupés. La conséquence, la plupart du temps les gens ne prenaient pas le temps d’aller manger et ne consommaient qu’en moyenne 1 repas par jour.

De plus, la plupart des employés n’ont dormis qu’en moyenne 4 heures par nuits. Étrangement, ceux-ci semblaient valoriser le manque de sommeil et la sous alimentation, arborant leurs signes de fatigue comme un trophée témoignant de leur sacrifice. J’ai tenté de supporter les différents membres du bureau dans leurs fonctions du mieux que je pouvais mais ceux-ci ont souvent refusé sous prétexte qu’ils étaient les seuls en mesure d’effectuer leur travail avec le degré de qualité exigé.

De mon côté, je considère que si il était exigé des employé d’effectuer un bon travail de représentation auprès des délégué ainsi que de fournir des ateliers de formation de qualité, il est essentiel de combler le besoins essentiels tel manger et dormir.

J’ai donc assisté à plusieurs conférence, dont notamment la conférence d’ouverture, où les employés de l’organisation présentaient et manifestait des signes d’inattention et de fatigue. En somme, le tout manquait énormément de professionnalisme et je crains que le peu de considération du bien être des employés en soit la cause. J’ai même passé les derniers jours de la conférence de 5 jours à aller voir mes collègues de travail, de leur apporter de la nourriture et de m’assurer qu’ils soient suffisamment reposé pour fonctionner. À plusieurs reprises, j’ai recommandé au gens d’aller se coucher pour quelques heures avec la promesse de les aider à leur réveille avec leurs préparatifs.

J’ai profité de la réunion de retour sur la conférence au bureau pour discuter de cette situation avec les employés, considérant ceci comme étant un flagrant abus de la direction. Tous étaient en accord que la qualité n’était pas au rendez-vous mais l’opinion était variée quant aux raisons. Je vais tenter de soulevé la question auprès des présidents lorsque j’en aurai l’occasion.

15 février 2009

Danny, mon superviseur à due s’absenter du travail pendant près de deux semaine en raison de maladie. J’ai donc été chargé de m’occuper de ses projets pendant son absence. Ainsi, j’aurai à superviser l’élaboration de la journée ISF en totalité. Je suis confiant que je serai en mesure de relever ce défi. De plus, ceci sera une bonne opportunité de monter une équipe de travail et de travailler comme je préfère.

Il paraitrait que les événements entourant la conférence national on contribué à la détérioration son état. En tout, près de la moitié des employés se sont absentés du travail au retour de la conférence totalisant près de 300 heures de travail perdu. Je commence à croire que la culture de travail de l’organisation est au cœur du problème et que les erreurs de gestion de l’administration vont bientôt occasionner des problèmes. Reste à voir quand est-ce que la situation deviendra critique. Il parait que ceci dure depuis plusieurs années et que les piètres conditions de travails sont à l’origine de nombreux départ d’employés au courant de l’année. De plus, les président son demeurés sourds aux différentes recommandations et critiques des employés jusqu’à maintenant.

Recherche