Archive pour février 2009
Les déboires de ma première semaine de travail
Avant de m’avancer sur ce sujet, je vais d’abord expliquer comment fonctionne AFS, l’organisation pour laquelle je travaille. Ceux-ci n’ont pas de projets à l’international comme tel ni de coopérants à l’étranger. Il s’agit d’une organisation internationale qui engage son personnel localement. Ce personnel gère les participants des deux programmes que j’ai décrits dans mon article précédent. Ils s’occupent donc de les placer dans des familles d’accueil et de leur trouver du travail. Ils ont donc énormément de contact avec des partenaires locaux qui, selon leur vocation, travaillent sur divers projets. Ils sont donc l’intermédiaire entre le stagiaire et l’organisme.
De mon côté, je suis à Nicoya, une petite ville de la province de Guanacaste, située au nord-ouest du Costa Rica. Je travaille sur le campus Chorotega de l’Université Nationale qui est une des quatre universités les plus importantes du pays. C’est un petit campus qui compte environ 200 étudiants et qui propose quelques programmes d’études : anglais, enseignement, tourisme durable, informatique et administration des affaires. Il compte également un centre de recherches qui s’appelle le CEMEDE, le CEntro MEsoamericano de DEsarrollo sostenible del tropico seco.
Ce centre de recherches gère cinq grands projets. En voici une brève description :
1) École de langues
L’école offre des cours d’anglais, de français et de mandarin. Ceux-ci peuvent être suivis par n’importe qui en études libres. Différents groupes spécifiques peuvent être formés. Par exemple, en français, il existe un cours qui s’adresse à des professionnels qui ont déjà une bonne base en français, qui travaillent généralement dans le domaine du tourisme et qui cherchent à connaître un vocabulaire plus technique ou à apprendre à rédiger certains documents plus formels.
Un autre volet de l’École de langues est en lien avec le programme d’anglais de l’université. À la fin de leur programme, les étudiants doivent faire un stage d’enseignement en anglais. Ce stage se fait principalement dans des communautés environnantes qui ont un potentiel touristique intéressant et qui décident d’offrir ce cours à ses citoyens. Ce cours est gratuit.
2) Vanilla la Cruz
La Cruz est une région de la province particulièrement pauvre. Plusieurs études ont été réalisées pour évaluer quel serait le meilleur mode de développement selon certaines restrictions et les conclusions ont mené à la culture de la vanille jumelée à l’agrotourisme. Le projet est en première phase. Il faut d’abord trouver des paysans qui pourraient être intéressés par l’idée.
3) Réservoir d’eau
Guanacaste est la région la plus sèche du Costa Rica. Ce sont six mois sans une goutte de pluie. Il est donc très difficile d’avoir de l’eau pour l’agriculture. Le CEMEDE souhaite donc développer un réservoir qui permettrait au paysan de récupérer l’eau de pluie durant la saison des pluies afin de pouvoir l’utiliser durant la saison sèche. Contrainte : ce réservoir doit être de bonne qualité, mais le plus abordable possible. Le projet en est à sa phase de recherche : d’abord voir ce qui se fait ailleurs.
4) Observatoire touristique
Le CEMEDE souhaite réaliser une étude sur l’état de la situation touristique en ce qui a trait aux micros, petites et moyennes entreprises dans la région. Cette étude doit permettre de monter une base de données et de la rendre accessible aux diverses instances intéressées : entrepreneurs, touristes, institutions, universitaires. On en est à l’élaboration d’un questionnaire et des indicateurs, donc dans une phase de recherche.
5) Développement de micro-entreprises
Ce projet vise à encourager le développement des micro-entreprises. La premiére phase consiste en un atelier de projet. Il s’adresse aux gens qui ont une idée d’entreprise ou qui ont déjà une entreprise et qui voudraient l’améliorer. À la base, chacun apprend à faire un plan d’affaires, fait une étude de marché, une analyse environnementale, un budget, etc. La seconde partie est un laboratoire. Des instructeurs spécialisés en diverses professions donnent des cours techniques : administration, anglais, coiffure, informatique, électricité, pâtisserie, selon les demandes spécifiques de la communauté.
Tout cela est bien beau et les projets me semblent très intéressants. Il y a toutefois un hic. Ce que je ferai ici n’est clair pour personne. J’ai bien reçu une offre de mandat, mais il semblerait qu’elle n’ait pas été écrite par la bonne personne, que le directeur du CEMEDE lui-même n’en n’avait pas pris connaissance et donc que cette description de tâches n’est nullement représentative de ce que l’on attend de moi ici. En fait, il semble y avoir eu un malentendu majeur.
Il n’était pas du tout clair pour l’organisation de ce qu’est un stagiaire de Managers sans frontières. AFS l’avait bien compris, mais il semblerait que l’information n’ait pas été transmise correctement, d’où le désavantage majeur de faire affaires avec un intermédiaire! Ce qui arrive, c’est qu’ici au Costa Rica, les étudiants en fin de bacc doivent rédiger quelque chose qui ressemble à un mémoire et le directeur du CEMEDE avait compris que j’étais ici pour faire des recherches par rapport à mon sujet et travailler sur la rédaction!!! Nous nous retrouvons donc dans une drôle de situation. Je me retrouve ici sans mandat précis alors on essaie de me faire travailler sur une dizaine de trucs en même temps dont certains qui n’ont rien à voir avec l’administration.
J’ai donc convoqué une réunion avec le directeur du CEMEDE et les trois chargés de projet avec lesquels je suis supposée travailler afin de bien leur expliquer ce qu’est Managers sans frontières et afin qu’on me définisse des tâches précises et des objectifs. Je ne peux cacher que cette situation est assez frustrante, mais j’essaie de patienter, la notion de temps étant assez différente ici. J’espère seulement que le tout s’arrangera le plus rapidement possible.
Nouvelles du Guatemala
Je suis bien contente de voir que je partage maintenant le blog avec Rachel qui commence son stage au Costa Rica. Je lui souhaite beaucoup de succès dans son projet et je suivrais attentivement, comme plusieurs autres, ses traces.
Pour ce qui est de mon projet, je dois dire que la semaine qui se termine ne fut pas des plus satisfaisantes… Tout d’abord, lorsque je suis arrivée au travail lundi matin, on m’a appris que mon ordi avait planté. Cela signifie que le travail que j’ai fait depuis mon arrivée ici a disparu, effacé, perdu.
Je ne peux pas dire que je n’ais pas ressentie une vague de découragement. En fait, ce fut plus qu’une vague, j’étais triste! Mais ce sont des choses qui arrivent n’est ce pas, il faut se relever les manches et continuer. C’est donc ce que j’ai fait. Évidemment, il y a des choses que je ne pourrai refaire. Par exemple, j’avais fais des rechercher approfondies sur le thème de l’économie solidaire dans le but de laisser ici une banque de donnée complète, je n’ai malheureusement pas le temps de reprendre de travail.
Je dirais que cet événement m’oblige à planifier davantage mon temps. Je me retrouve dans une situation où il y a plus à faire qu’il y a de temps pour le faire. Je dois donc établir un ordre de priorité pour ne pas me perdre sous la montagne de travail!
Point positif #1 : Le sondage était imprimé, fiou! J’ai donc pu aller le porter pour qu’il soit photocopié. J’ai maintenant les 160 copies qui doivent être distribuées dans les 4 quartiers sélectionnés. Je devais voyager avec Marco, le directeur de l’Entreprise Éducative mais il a eu un empêchement alors je suis toujours en attente sur ce dossier.
Point positif #2 : Mon dossier de formation était enregistré sur ma clé USB, refiou! Je peux donc continuer à travailler avec les jeunes deux fois par semaine. Je leur ai donné un examen cette semaine!!! Je crois que je ne me souvenais plus la sensation que nous procure l’information « un examen ». C’est l’une des première fois où je me retrouve de l’autre côté de la table, avec les feuille en main! Quelle sensation!!! Sans rire, ils étaient tous bien anxieux mais finalement, je suis très fière d’eux, l’ensemble des étudiants comprennent bien les concepts que je leur enseigne.
La journée porte ouverte a encore changé de date! Les directeurs ont réalisés que 3 semaine, ce n’est pas assez pour préparer l’ensemble de la journée : invitations, repas, logistique, discours, etc. C’est ainsi que nous avons reporté l’activité à ma dernière semaine de stage soit, mercredi le 25 mars 2009.
J’ai commencé mes préparatifs pour la journée entre autre, le blog. Puisque je suis en charge de présenter le concept d’économie solidaire, j’ai cru bon d’élaborer un blog qui soit une plateforme de discussion sur le sujet. Actuellement, il n’y a pas beaucoup d’information dessus car, il ne faut pas l’oublier, j’ai perdu tous mes dossiers! Mais je vais en ajouter peu a peu jusqu’au 25 mars. J’aimerais que le blog soit bilingue c’est pourquoi vous y trouverez des liens en français. Il n’a a cependant actuellement pas de texte en français, ca viendra. Voici l’adresse si vous voulez aller voir : www.esgrupoceiba.wordpress.com
Au plaisir,
V-ro
Finca La Flor
Me voilà finalement arrivée au Costa Rica! Première destination : Cartago ou plutôt un pueblito près de Cartago qui s’appelle
D’abord, AFS est une organisation internationale née en Europe durant
Le premier programme a une vocation davantage culturelle et s’adresse aux adolescents de 14-17 ans. Il s’agit d’un programme scolaire qui permet aux jeunes d’aller passer un an à l’étranger tout en vivant dans une famille.
Le second est le programme pour lequel je travaille : il s’agit d’un programme de travail communautaire qui s’adresse aux 18-35 ans qui souhaitent vivre une expérience interculturelle ou acquérir de l’expérience de travail à l’étranger. Il existe donc deux types de stages : ceux qui s’adressent à monsieur et madame tout le monde et ceux qui requièrent un minimum d’expérience professionnelle. Celui que je fais entre dans cette catégorie.
Donc, je suis arrivée au Costa Rica le 30 janvier en fin de soirée de même que 22 autres stagiaires d’un peu partout dans le monde et après une journée de formation en ce qui a lieu aux maladies, à différentes consignes de sécurité à suivre dans le pays et le fonctionnement global d’AFS, nous sommes conduits à
La formation comprend différents volets : un volet linguistique pour ceux qui ne maitrisent pas l’espagnol et un volet principalement environnemental. En fait, ce volet consiste plutôt à présenter la finca
À la base, la finca est une ferme qui est autosuffisante à 75%. Deux personnes vivent sur la ferme en permanence et une dizaine de locaux y travaillent également. La production de la ferme permet de nourrir tous ces gens. La ferme produit une grande variété de fruits et légumes, tout cela de la manière la plus écologique qui soit en recueillant l’eau de pluie, en faisant du compost (ils testent d’ailleurs différents composts) avec les restes de nourriture, mais également avec les déchets organiques de leurs animaux (ils ont chevaux, chèvres, oies et poules). Ils produisent également de la très bonne terre à partir d’un petit ver qui se nourrit principalement de cacas de chèvre et le transforme. Ils ont également fait plusieurs études sur les effets de la lune sur les productions.
De plus, ils produisent leur propre écocarburant et sont également des spécialistes en plantes médicinales de tout genre. Il y a huit ans, ils ont fait l’acquisition d’un terrain de quinze hectares d’où ils ont fait germé une forêt tropicale.
Voilà le volet agricole. En ce qui concerne le volet touristique, ils ont des dortoirs, des petites cabanes où ils peuvent héberger des gens, un restaurant végétarien (à base des produits de la ferme, bien sûr) et ils offrent également des tours guidés dans le parc national le plus près. Il est également possible de venir travailler sur la finca à titre de volontaire.
Le dernier volet est devenu de plus en plus important : il s’agit du volet éducation. Ils reçoivent plusieurs groupes afin de donner des formations. Ce peut être des agriculteurs qui souhaitent apprendre de nouvelles techniques ou des enfants qui viennent pour des ateliers de sensibilisation environnementale ou alors des étudiants universitaires qui viennent pour des stages ou de la recherche. Ils sont présentement en train de construire (la construction se fait avec des arbres importés d’Amérique du Nord présents sur le terrain de la forêt et qui nuit énormément au sol tropical et au développement des espèces natives de la région, il est donc impératif de les couper) un nouveau pavillon où se donneront cours de yoga et de capoeira.
Les gens impliqués ont diverses compétences. La fondatrice de ce projet est allemande et elle occupe maintenant la finca avec ses quatre chiens et ses deux chats. Elle est travailleuse sociale. Deux biologistes ont travaillé en étroite collaboration à l’élaboration et à l’amélioration du projet. Dernièrement, un acteur s’est joint au groupe (celui-ci est également instructeur de yoga et de capoeira) et il s’occupe principalement du volet sensibilisation environnementale.
Ceux-ci sont tous très sympathiques, très fiers de ce qu’ils ont pu réalisé en si peu d’années dans un pueblo très conservateur et ont sans cesse de nouvelles idées pour améliorer le tout, font une veille constante de la technologie environnementale et ont des contacts avec plusieurs organisations pour la protection environnementale à travers le monde.
Cette formation fut donc très intéressante pour m’initier à la façon de travailler des costaricains et pour l’exemple touristique de la finca. Le tout s’est toutefois déroulé dans le froid, l’humidité et la tempête tropicale. Des arbres tombés sur les fils électriques ont fait que nous avons manqué d’électricité durant trois jours et donc d’eau chaude. L’eau chaude…est primordiale dans un lieu si humide que tous nos vêtements et notre lit s’imprègnent d’humidité et où il est impossible de se réchauffer!!! Tout le monde a donc attrapé un beau rhume, les Costaricains y compris. Il se trouve que comme nous sommes en été (la dry season), c’est donc exceptionnel que nous ayons eu autant de pluie (six jours de suite). Qué suerte uno tiene. La pluie a également eu pour conséquence que les diverses bestioles vivant dans les Tropiques cherchent refuge à l’intérieur…J’ai donc eu la chance de faire connaissance avec énormes araignées, coquerelles, lézards et boa!
Pour plus d’informations sur la finca
Journée porte ouverte
J’ai fait part de mes inquiétudes au directeur de l’entreprise éducative. Il comprenait mon point de vue et pour cette raison, nous avons cherché ensemble une solution. Nous en avons finalement trouvé une. L’organisation Grupo Ceiba est parrainée par le BID (banco interamericano de desarrollo). Ce sont leur principal bailleur de fond. Puisqu’ils viennent d’emménager dans de nouveaux locaux et de commencer un nouveau semestre, le BID leur accorde un budget spécial pour une journée d’inauguration. C’est ainsi que nous allons simplement faire d’une pierre deux coup en jumelant les deux activités. Il s’agit maintenant de reconfigurer la journée pour s’assurer que le programme convient toujours aux invités.
Je me suis assise une demi-journée avec le responsable de l’organisation de cet événement et nous avons mis en commun nos idées. Le plus difficile sera certainement de jumelé le genre de public que nous avions cernés individuellement. Personnellement, ca me semble peu propice de réunir ensemble des représentants du gouvernement, des bailleurs de fond, des leaders communautaires et les parents des jeunes que nous accueillons. Comme nous devons faire l’événement très formel, en raison de la présence des bailleurs de fond, les parents et les leaders communautaires risquent d’être intimidés. Finalement, malgré quelques ajustements et quelques différences de point de vue, je pense que nous pourrons trouver un terrain d’entente entre les deux objectifs prévus.