Archive pour janvier 2009
Doutes
En cette quatrième semaine de stage, je commence à avoir des doutes sur la faisabilité de mon mandat… J’ai remis la semaine dernière la version finale du sondage qui devait être imprimée en 50 copies pour commencer à tester son utilité. Quelques jours plus tard, sans nouvelle, je demande au directeur ce qui se passe avec le sondage. Apparemment mal à l’aise il me dit qu’il ne trouve pas les fonds nécessaires pour envoyer le sondage à l’impression… et me demande de la financer en précisant qu’il s’agit que d’une vingtaine de dollars. J’accepte.
C’est alors que je me mets à réfléchir à la journée porte ouverte, à laquelle j’ai déjà mis beaucoup d’énergie. S’il s n’ont pas les sous nécessaires pour imprimer 50 feuilles comment pourront-ils financer la mise sur pied de la journée porte ouverte. Me demanderont-ils de la financer, elle-aussi? Même s’il le faisait, je ne peux supporter toute seule les frais qu’occasionnent ce genre d’événement. De plus, serait-ce les aider que de leur « donner » une journée porte ouverte qu’ils ne seront pas en mesure de s’approprier et de répéter au besoin. J’en doute…
Je me remets un peu en question. Le but du stage, la finalité souhaitée, les mandats attribués, leur potentiel de faisabilité, leur degré de « durabilité ». Bien que je rende un service concret, je doute de la réalisation de l’ensemble de mon mandat. Je ne veux pas perdre mon enthousiasme mais je suis plus terre-à-terre qu’à mon arrivée. « C’est une phase normale » vous me direz et vous avez entièrement raison mais ne voudrait-on pas toujours rester sur notre nuage?
C’est ainsi qu’aujourd’hui, près d’un mois après mon entrée à Grupo Ceiba, ayant réalisé les forces et les difficultés de l’organisme, je demeure optimiste mais je m’autorise maintenant une certaine réserve. Les ambitions sont souvent plus grandes que les portefeuilles. C’est une réalité partout qui est encore plus visible dans les pays en développement.
Réaliserons-nous une journée porte ouverte? L’avenir nous le dira!
V-ro
Bilan semaine 3
La semaine qui vient de se terminer fut certainement la plus chargée depuis mon arrivée. Au travail, j’ai commencé à donner les formations concernant l’économie solidaire. Les jeunes ont très bien participés aux ateliers. Comme je l’avais prévu avec le coordonnateur, nous avons rencontré tous les jeunes. Je suis bien satisfaite de la participation des jeunes et du résultat. Malgré quelques minutes d’inconfort au début, les choses se sont placées et dans tous les groupes, j’ai des leaders qui participent davantage et qui suscitent la discussion. Je commence demain l’atelier numéro 2 avec les mêmes groupes. J’ai hâte de voir ce qu’ils ont retenus de notre première rencontre, ca m’indiquera davantage la réussite de la méthodologie participative.
Je donne les formations en compagnie du professeur de développement humain. Puisque c’est lui qui sera chargé de continuer à former les jeunes sur le sujet, nous avons pensé qu’il serait utile qu’il s’approprie bien le sujet. De plus, je dois dire qu’il m’est d’une grande aide pendant les ateliers. Quelques fois, je parle ou je donne une directive (qui me semble clair) et les jeunes restent immobiles, sans rien dire… ils n’ont pas compris! C’est dans ces cas que je suis contente d’avoir un bras droit pour m’appuyer. Je pense que nous sommes en train de développer une belle amitié, il est très intéressé à connaitre d’autres cultures et moi également! Nous échangeons donc sur des faits de la vie d’ici et du Québec. Il parle maintenant quelques mots en français!!! (Bonjour, quelle heure est-il?, comment ca va? Etc.)
Cette semaine, mon corps m’a parlé. Il m’a dit qu’il n’avait pas aimé quelque chose que j’ai mangé (que je n’arrive pas à cerner). C’est ainsi que comble de malchance, incapable de m’éloigner des WC, je me suis présenté au travail vendredi matin et ils m’ont aussitôt renvoyé à la maison! Je me suis retrouvée clouée au lit (et à la salle de bain) pendant deux jours. Ce n’est pas la joie! Aujourd’hui, lundi, ca va un peu mieux mais je suis encore fragile de l’estomac alors je tenterai de faire attention a moi. Selon les bons conseils de maman, je dois manger du riz blanc, des céréales de riz et éviter les produits laitiers et les fibres. Comme les mamans ont toujours raison dans ces situations, je suivrai les conseils du mieux que je peux afin de me remettre sur pied le plus rapidement possible.
Bilan semaine 2
Ça avance, ça roule, ca court vite le projet! En fait j’essais d’avancer plus vite que le temps! Je crois que nous y arriverons. Mon calendrier est maintenant chargé à bloc jusqu’au 30 mars. Nous avons établi une date pour le lancement du blog et la journée porte ouverte : le 11 mars 2009. J’espère que vous aurez une pensée pour moi!
Nous avons donc 7 semaines pour accomplir tous les préparatifs relatifs à l’activité. C’est ainsi que pour les 4 prochaines semaines, je dois former les 120 personnes (employés et bénéficiaires) sur le thème de l’économie solidaire. J’ai monté un programme de formation divisé en quatre sessions de 2 heures chacune. Puisque mes formations sont élaborées selon une pédagogie très participative, j’accueillerai des groupes de 20 personnes environ et ce, 6 fois par semaines. C’est ainsi que dans un mois je pourrai passer à autre chose soit : les invitations, la publicité, le PR quoi!
Pour ce qui est du sondage, je rencontre le directeur demain pour finaliser le tout et en faire une version imprimable. Nous serons ensuite prêts à lancer la démarche d’investigation.
J’adore le chalenge et l’énergie que m’apporte ce défi! Je suis bien contente de travailler fort et de réaliser des choses. Je dois dire qu’une de mes craintes était de faire peu en trois mois mais finalement, je pense qu’ils en auront pour leur argent, sûrement puisque je suis bénévole ha!ha!ha! Sans blague, je suis contente de constater que je contribue, que je ne sois pas ici pour recevoir uniquement et que je peux donner également de mes connaissances et de mes apprentissages.
Côtoyer la mort
En 1998, la “United Nation of Drugs and Crime” publiait un tableau statistique présentant le nombre d’homicides par 100 000 habitants. Les données représentent 65 pays, ce qui équivaut à environ la moitié de la population mondiale de l’époque. Qu’entend-t-on par homicide? «Tous les décès dus aux homicides et aux lésions traumatiques infligées par un tiers dans l’intention de blesser ou de tuer, par un moyen quelconque, à l’exclusion des lésions traumatiques dues à des faits de guerre ou à l’intervention de la force publique » (http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/stats/0/2005/fr/16/carte/CRIME.HOMI.TOT.IN/x.html)
Le Guatemala figure parmi les 5 pays les plus violents du tableau aux côtés de la Colombie, de l’Afrique du Sud, de la Jamaïque et du Swaziland. On y recense 30.65 homicide/100 000 habitants. C’est énorme! Le Canada fait aussi partie de ces statistiques, il cumule 1.68 homicide/100 000 habitants. On réalise tout de suite qu’on ne joue pas dans la même ligue…
Ces statistiques n’incluent pas les accidents de la route qui sont très fréquents. Les pays d’Amérique Latine sont très peu reconnus pour leur respect du code de la route! Je ne peux dire le nombre de décès à ajouter à la liste mais je pense que se serait impressionnant.
En arrivant ici, je ne savais pas vraiment ce que ca représentait. Le danger? Le désespoir? Maintenant, près d’un mois après mon arrivée, je dirais que ca représente le deuil perpétuel. La mort fait partie de la vie, c’est ironique mais c’est la réalité. À Ceiba, on enseigne aux jeunes qu’ils sont des touristes sur la terre, des êtres spirituels expérimentant la vie humaine. J’imagine que de penser ainsi les aide à passer à travers les rudes étapes du deuil.
J’ai moi-même été en contact avec la mort ici en un mois autant que dans toute ma vie. Je visitais des appartements avec Jaime, un collègue de travail. Nous roulions (à toute vitesse) en direction de la zone 1, le centre historique de Guatemala city. Tout à coup, bouchon de circulation. La cause : accident de la route, 1 mort. Une voiture a frappé un piéton qui tentait sans doute de traverser la rue (6 voies) en cowboy. Ici, on ne se complique pas la vie avec les formalités, un petit sac de poubelle sur la tête et hop, on passe à autre chose. C’est ainsi que j’ai vu mon premier mort (encore chaud) et en position… d’accident! Pas joli joli. J’étais ébranlée, un frisson dans le dos. C’est alors que je demande a Jaime, question stupide, « est-il mort? ». Bien sûr totoche, il a un sac de poubelle sur la tête!
Jeudi dernier, un compagnon de travail avec qui je vais diner tous les jours s’est absenté du travail. Pourquoi? On a tué son frère. 19 ans. Les gangs de rue. Il a fréquenté Ceiba quelques années mais il semble au bout du compte, il ait choisi une voie différente. Une voie certes plus payante pour l’instant, peut-être même plus valorisante mais une voie rapide en sens unique vers la mort.
Je suis triste, triste de constater la fatalité de la chose mais également triste de voir avec qu’elle indifférence on traite la mort, le meurtre. « Ca fait partie de la vie ici, Véro ». Ah bon.
Bilan semaine 1
Ce fut une semaine assez chargée surtout que je voulais commencer en grand et mettre beaucoup d’énergie pour montrer de quoi je suis capable (léger complexe de performance!) Alors me revoici en grande forme et prête à vous raconter l’ensemble de ma première semaine de travail!
Dans l’ensemble c’était une semaine bien productive! Je dois dire qu’au début je n’étais pas vraiment à l’aise mais je suppose que c’est tout a fait normal surtout dans un milieu où on parle une langue que je maitrise mais que je dois me réapproprier peu à peu… Tout ca pour dire que les trois premiers jours ont semblés un peu lourds question langage, je dirais que c’était forçant de chercher à bien m’exprimer en espagnol!
J’ai aussi senti que je causais un malaise chez les adolescents (étudiants) que je ne comprenais pas au début. J’ai compris jeudi quand un groupe d’étudiants de l’université de Washington sont venu faire une visite de l’entreprise. Ils ne parlaient pas un mot d’espagnol et n’ont échangés que des sourires avec les étudiants pendant que leur professeur traduisait ce que le directeur leur racontait. J’ai compris à ce moment que les jeunes pensaient probablement que j’allais faire la même chose, passer quelques jours et leur faire des sourires! C’est ainsi que je suis passée par les profs pour entrer davantage en contact avec eux et pour les aider à comprendre que fais partie intégrante de l’organisation pour les trois prochains mois.
Côté mandat j’ai pas mal avancé je dirais, le directeur avait l’ai bien content de ce que je lui ai présenté! Youppi!!! En gros, j’ai fait une proposition d’événement qui a été acceptée! La première partie de mon mandat sera donc une journée porte ouverte lors de laquelle les organisations et les entreprises seront invitées à venir rencontrer les jeunes. Lors de cette journée, nous inaugurerons un blog (que je créerai avec les jeunes) sur le thème de l’économie solidaire. Nous profiterons également de l’occasion pour expliquer les services de la coopérative. Une partie de l’après-midi sera consacrée à débattre sur diverses questions relatives au thème de l’économie solidaire (principes, valeurs, etc.) Ce sera non seulement un gros événement mais en plus, le blog aura comme avantage d’offrir une suite à l’événement. Les entreprises et organisations seront ainsi invitées à continuer de visiter le site internet et à ajouter des commentaires et questionnement sur le thème. Cela me paraissait être une bonne idée puisque les jeunes travaillent tous avec les ordinateurs. Je voulais exploiter cette ressource. C’est ainsi que dès la semaine prochaine je commencerai à faire les démarches relatives à l’événement.
J’ai également pratiquement terminé la rédaction du sondage que je devais préparer (mandat #2). Je serai donc en mesure de commencer à interroger les jeunes à l’interne question de tester la pertinence et la compréhension des questions.
Pour ce qui est du troisième mandat, qui consiste à appuyer le directeur, et bien nous nous sommes rencontrés vendredi après-midi et nous avons discuté de diverses observations que j’ai fait durant cette première semaine. Suite à mes observations, nous avons trouvés quelques pistes de solutions qui pouvaient être appliqués pour améliorer le service aux jeunes.
voila qui complète le déroulement de ma première semaine de travai avec Grupo Ceiba. Comme je sais que trois mois c’est très peu, je travaille a 110% pour remplir les objectifs établis!