Carnet de voyage

Jeudi, 11 décembre, 2008 - 15:32

La grande Kinshasa.

Ces événements se déroulent entre septembre et novembre 2008

Kinshasa, ville immense et étendue sur le bord du fleuve Congo .

Action contre la Faim y a sa base capitale, c’est-à-dire, une base de support administratif, logistique et de coordination. C’est à Kinshasa qu’on prend les grandes décisions stratégiques pour la mission, qu’on règle les problèmes législatifs, qu’on pêche les informations sécuritaires, qu’on élabore les projets et qu’on leur trouve des budgets.

Il y a environ 6 à 8 expatriés ACF travaillants dans la capitale avec une vingtaine d’employés nationaux.

Les conditions de vie des expatriés sont plutôt bonnes, mais la liberté de mouvement est limitée par le nombre de véhicules disponibles pour l’organisation, puisque seul le transport en voiture balisée ACF est autorisé pour les expatriés. C’est également la zone de passage obligé pour tout ceux qui partent ou vont sur le terrain, à cause des deux aéroports de la ville

C’est dans cette ville mystérieuse que j’ai passé la deuxième moitié de mon stage. Mystérieuse parce que très peu explorée par les étrangers incrustés comme moi à leur organisation.  Dans quelle rue sont composés les musiques qui font la renommée du Congo, dans quelle autre sont sculptées les œuvres d’art?  Les nombreux étrangers de Kinshasa (travaillant à 90% soit pour l’ONU, soit pour une ONG) ont leur petit monde, leur cartier, leur véhicule, leurs bars, leurs restaurants.

Sur les grandes routes principales, on voit des hommes et des femmes cultiver du manioc ou autres aliments en pleine ville. L’agriculture urbaine est un moyen qu’à trouvé Kinshasa pour reverdir un peu ses artères, éliminer des déchets, donner du travail, mais je n’ose m’imaginer la quantité de toxine qui depuis l’air et la terre, se retrouve dans ces fruits et légumes (quoi qu’il n’utilise pas de pesticide, alors c’est peut-être moins pire que chez nous !).  La ville est extrêmement polluée par des voitures préhistoriques criblées de balles qui roulent avec de la mauvaise essence. De plus, les déchets domestiques sont brulés, faute d’être collectés, et ont voit à tout moment des filets de fumées noires s’échapper des parcelles. Tout y passe, feuille, plastique, caoutchouc…

Plusieurs bâtiments sont en ruine, faute d’être entretenu ou rénovés depuis la guerre, comme cet ancien institut de technologie médicale  dont il ne reste que les poutres.

La pauvreté n’est pas marginale, elle est visible partout, comme sur la tranchée du boulevard 30 Juin, où des enfants abandonnés harcèlent les passants pour obtenir quelque chose à manger. Les grandes rues sont également remplies de petits débrouillards. Ils se regroupent, achètent une grosse boîte de marchandises, se séparent le tout et le revendent dans la rue à l’unité. En s’arrêtant à une intersection, sans même sortir du véhicule, on peut se procurer pantalon, cigarettes, bières, coca, veston, antenne de télévision, jeu de société, carte topographique… Service à l’auto version congo ! Ici, tout le monde est en business, même les policiers qui louent leur uniforme pendant leur congé; les faux-policiers rentabilisent donnant des amendes (sans remplir de papier toutefois)

 

Kinshasa est une grande ville où on trouve de tout : l’extrême pauvreté autant que des restaurants chics où l’on sert des crevettes grosses comme ma main, des magasins de haute technologie, des petits ateliers, des amis, des voleurs… Seules les grandes artères sont pavées (une mince couche qui s’effrite à vue d’œil). Les pannes d’électricité sont quotidiennes, et lorsqu’il y en a, il faut se munir d’un stabilisateur et d’un élévateur de tension pour arriver à faire fonctionner quelque chose. (Il faut aussi surveiller que le voisin ne se branche pas sur notre câble) Il y a de l’eau courante dans notre quartier.

Les égoût sont des tranchées sur le bord de la route, où l’eau stagnante contribue à la prolifération de la malaria.

 

Mes tâches à Kinshasa seront de remplacer notre acheteur et ensuite, l’assistant coordo log. Une fois réception approbation des commandes internes, je dois donc trouver des fournisseurs, obtenir des soumissions, choisir le mieux-disant et procéder à l’achat. Pas facile pour un étranger de trouver un fournisseur qui jouera franc-jeu : le commerce du faux est très répandu; les délais de livraison ne sont pratiquement jamais respectés; parfois, la marchandise livrée est complètement différente que l’échantillon de départ. Mais c’est l’occasion de visiter la ville et de rencontrer ceux qui ont réussi à monter un commerce malgré toutes les difficultés (taxe à l’importation, transport difficile, devise en dévaluation, rareté des prêts).  Je les félicite.

Les commandes s’empilent, les achats arrivent au compte-goutte, les livraisons sont en retard. Du bon stress pour terminer cette mission.

Heureusement, Kinshasa a ses divertissements : terrasse, bars, restaurant, discothèque, spectacles. Les musées sont les marchées publics, les galeries d’art, les vendeurs de rues. La musique est partout.  Mais pour en profiter, il faut de l’argent. Je devrais en avoir, puisque je suis blanc ! Même si le coût de la vie à Kinshasa est plus cher qu’en Europe.

 

Pour voir Kinshasa en image et en musique, taper Jupiter’s dance sur YouTube.

Commentaires

kinshasa serait-elle un enfer?je trouve que tu es tres severe!c'est vrai que la pauvreté y est partout visible mais en ce qui concerne les affaires,tous les fornisseurs ne sont pas fourbes....des malhonnetes,il y en a partout et peu importe les regions du monde ou la race...ce qui importe est d'etre vigilant et pas trop credule...
tous les expats ne sont pas coincés dans leurs coins,peureux de se promener hors de leurs quartiers car ils auraient peur de se faire agresser...j'en connais qui sont parfaitement integrés dans la société kinoise et s'epanouissent...ne sois pas tres mefiant...
mon pays est acceuillant et tres humain...et la pauvrété de sa population n'est pas une honte...juste un etat passager...

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