Carnet de voyage

Lundi, 28 juillet, 2008 - 11:36

La lutte contre la « vie chère » est un sujet d’actualité et depuis plusieurs mois, on en parle quotidiennement partout en Afrique. Les médias internationaux dressent aussi un portrait dramatique de la situation et ici, au Burkina Faso, les effets de la hausse des prix des produits de base se font sentir. Bien que le Burkina soit un pays assez stable, depuis quelques temps des manifestations ont lieu à Ouagadougou et à Bobo.

Ce sujet se retrouve dans toutes les discussions, surtout depuis que la saison agricole a débutée. L’année dernière, une conférence de presse du Premier Ministre annonçait un soutien aux paysans producteurs de céréales, mais jusqu’à aujourd’hui cette aide se fait toujours attendre.

En février dernier, la montée des prix des produits de consommation a débouchée sur de violentes manifestations. Quotidiennement, la population doit subir les conséquences de cette flambée : 51% d’augmentation du prix du riz, 142% pour les huiles et 118% pour le lait (Hebdomadaire l’Indépendant, 17 juin 2008). La population du Burkina Faso, déjà dans une situation précaire : moyenne d’un repas par jour par personne, incapacité pour la grande majorité de défrayer les frais de scolarité et de consultations médicales, est la première à subir les effets directs de cette situation sans toutefois en connaître les causes exactes.

L’inflation se fait aussi sentir dans plusieurs autres secteurs économiques comme les transports et les travaux publics. Cela s’explique par les prix élevés du pétrole, ce qui se répercute directement sur les coûts des transports et des matériaux.

Quelques actions ont toutefois été mises en place par le gouvernement. Suite aux manifestations de février, l’Assemblée Nationale mettait en place, en mars, une commission chargée de faire des propositions à la recherche de solutions pour lutter contre la « vie chère ». Aussi, en juin dernier, le Mouvement Burkinabé des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) donnait une formation à douze de ses militants sur la « vie chère », le pouvoir d’achat et le contrôle des prix (Journal Sidwaya, 27 au 29 juin 2008). Donc, beaucoup de discours et de papiers mais pour l’instant on peut dire que les actions concrètes se font toujours attendre…

Au début juin, Ouagadougou accueillait la Conférence épiscopale Burkina-Niger. Pour l’occasion, les évêques et personnalités religieuses se penchaient sur la question de la « vie chère ». Suite à leurs réflexions, les évêques ont tenus à livrer un message aux « fils et filles de l’Église-Famille de Dieu ». Ce message, quelque peu surprenant (pour modérer mes propos!) les convie « d’une part à redoubler d’efforts au travail et d’autre part à revoir leurs habitudes de alimentaires, afin d’éviter de sombrer dans le cercle de la société de consommation » (L’Observateur, 17 juin 2008). La société de consommation au Burkina Faso est un concept totalement absent et inviter la population à la retenue, alors qu’elle ne possède que très peu et ne peut rien s’offrir me semble complètement irrationnel. Si l’on veut que le phénomène de la « vie chère » n’ait pas trop de répercussions négatives sur le Burkina Faso, les autorités devront rapidement trouver des solutions réalisables à court terme et qui profiteront à la majorité des populations touchées.

Commentaires

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vraiment je sais de quoi tu parles
moi ca me frustre de voir quencore une fois cest les personnes les plus dans le besoin qui doivent encore encaisser le cout

meme moi je vois que la vie est cher ici au niger, je peux comprendre que des manifestations sorganisent
el pueblo unido jamas sera vencido!

Stéphanie: J'ai lu ton article et je suis tout à fait d'accord que l'on doit aider ces gens et rapidement et pas dans 10 mois; il faut que cela se fasse à court terme. Je n'en reviens pas de la réponse des religieux et des religieux; et dire que le Vatican est rempli de richesse et qu'ils ne lèvent même pas le petit doigt et qu'ils n'offrent aucune contribution monétaire. C'est un non sens. J'en aurais long à dire. Je te souhaite un bon retour le 10 août prochain.
Nicole J. XXXXXX

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