Mngsf report :
Aujourd’hui 20 juillet, bienvenu à Likasi, dans le Katanga. À moi ns de 200 km de la première ville économique de la RDC, dans une ville qui jadis était réputée être la belle de tout le pays (c’est encore vrai en fait ) une épidémie de choléra, un problème chronique qui d’habitude ne s’étend pas jusqu’ici, frappe la ville. Alors que ACF installe un programme d’assainissement de l’eau et de formation afin d’enrayer le problème, la Regideso (régie des eaux), connait ne panne majeure, et se retrouve incapable de réparer. Toute la partie haute de la ville est désormais sans eau, en pleine saison sèche. ACF a donc lancé une opération de distribution d’urgence en attendant que la régie règle son problème. 10 sites de distribution, des mamans qui font la file des heures, chaque site distribue près de 10000 à 20000 litres d’eau par jour. Sur le premier site visité, on voyait la file de mamans avec les jerrycans. Elles nous saluèrent alors qu’on les dépassait pour se rendre à la « source ». La discipline est maintenue grâce aux hygiénistes, les seuls autorisés à remplir les bidons. Les hygiénistes font un chiffre de 12 heures, 6 à 6. Il est 17h00, ils/elles sont vraiment épuisés/ées, mais encore souriants/es, de bonne humeur. Surtout qu’on vient de mettre en place un système de permutage. Ils/elles changent de site chaque jour, de sorte qu’ils/elles subissent moins de pression de la part des bénéficaires. (« Je passe devant, je connais l’hygiéniste)
Bientôt, les gardiens arriveront pour fermer le site et surveiller les bladders (les réservoirs) pendant la nuit. (on peut faire de l’argent comme de l’eau ici en pompant illégalement)
Nous allons ensuite sur un terrain, où nous prévoyons ouvrir un autre site de distribution, afin de désengorger les autres, et aussi éviter que les mamans se tapent 5 10 km avec leurs bidons chaque jour, bref, qu’elles perdent leur journée. Arrivé sur place, il y a plein d’enfants qui s’attroupent autour de nous. Le chef de la zone, un peu bourré, se présente. « Derrière la colline là, il y a trop de monde. Ils vont tous venir ici. » Bon, nous n’avons pas les moyens de faire un 12e site, mais on note et va demander au bailleur. Et là, le plombier s’en mêle : « vous devriez réparer la pompe de la Regideso au lieu d’amener de l’eau par camion ». Ça, c’est pas bête. Sauf que, on a budget qui sert à faire de la distribution d’urgence, pas sauver des entreprises. Évidemment, si ça dure trop longtemps, on aura dépensé plus que ce que ça couterait pour réparer la pompe de la Regideso ! Sans avoir rien réglé, avec tout ce gazoil brûlé. On jase, de plus en plus de monde s’attroupe, ils sont contents de savoir qu’ils auront de l’eau bientôt, tant qu’à faire, ils en profitent pour demander n’importe quoi. Même les enfants : « donne-moi de l’argent ». Entretemps, on croise les doigts pour que notre source d’approvisionnement tienne le coup.
Je suis bien content de ma visite. Je vois enfin quelque chose de concret, des gens heureux parce qu’on fait quelque chose. Il faut se rendre sur les terrains pour savoir qu’au bout des requêtes qu’on reçoit dans les bureaux chefs, il y a de vrais gens, et des vrais problèmes, et du staff qui se donnent sans relâche. Quand les statistiques ont des visages, des voix, des sourires, des mains, ça donne de la motivation. J’avais bien besoin de ça !








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