Carnet de voyage

Dimanche, 20 juillet, 2008 - 15:18

Le choc culturel, inhérent à toute aventure en terres étrangères, peut se vivre de moult façons, et les habitudes alimentaires locale sont certes un lieu où les références culturelles sont ancrées profondément et pour lesquelles on trouve peu de fondements rationnels. Les goûts ça ne se discutent pas, paraît-il ! La meilleure attitude à adopter, pour moi, est de faire preuve d’ouverture d’esprit pour comprendre l’engouement de l’autre pour un mets dont il raffole, mais qui ne nous dit rien qui vaille (du moins au premier regard, car il arrive qu’on se surprenne soi-même !), tout en connaissant et respectant ses propres limites (il n’y a pas de honte à ne pas saliver devant des tripes de quadripèdes à la mode de je ne sais où !).
Hier fut une de ces soirées imprévues, imprévisibles, improbables et improvisées qui s’avèrent uniques et délicieuses. J’étais pénarde et tranquille, profitant de la fin de l’après-midi pour lire sur la terrasse pendant que le reste de la maisonnée s’affairait à faire la sieste. Et voilà que la sympathique Malgache, rencontrée à l’ambassade France le soir du 14 juillet, m’appelle à ma plus grande surprise : on n’avait pas échangé nos numéros de téléphone ! Par un concours de circonstance, montrant une fois de plus que le monde est petit, elle venait de faire la connaissance de mon collègue/co-loc Sénégalais parti prendre un verre chez un ami qu’ils avaient en commun elle et lui. Il s’est présenté à elle en disant qu’il travaille chez ACF, elle lui a donc dit qu’elle avait rencontré une fille de chez ACF (moi en l’occurrence !) et qu’elle aurait bien voulu la revoir. En moins de deux, il lui filait mon numéro, elle m’appelait et je partais la rejoindre pour une soirée imprévue, imprévisible, improbable et improvisée qui s’est avérée unique et délicieuse.

Je la rejoins donc, dis-je, chez cet ami commun avec une de ses collègues, juste à temps pour l’apéro. Les filles ont pour plan d’assister à un concert au Cercle culturel français et les gars préfèrent rester tranquille sur place. « Mais vous mangerez bien une bouchée avant de partir, la cuisinière a préparé tout plein de spécialités congolaises. » Je sais déjà qu’il est inutile de s’évertuer à refuser lorsqu’un africain vous offre de partager son repas. Faim, pas faim, temps, pas temps, laissez faire les palabres et asseyez-vous, il vous faudra de toute façon prendre quelque chose quels que soient vos arguments. On prend donc tous place autour de la table et l’hôte nous présente les plats. Attachez vos tuques !

Précisons d’emblée que l’hôte, un grand gaillard, congolais d’origine, raffole de ces délicatesses culinaires et se réjouit de pouvoir s’en régaler ce soir-là. Il connaît bien, par ailleurs, la réaction des expatriés face à ces mets et ne s’offusque pas si on plisse du nez ! L’atmosphère est détendue et ouverte, l’ambiance est à la rigolade.

Se côtoient donc sur la table des chenilles grillées (un délice paraît-il et une excellente source de protéines m’assure-t-on !), des anguilles ayant la même allure que leurs comparses rampants, un tantinet plus grosses, des tripes de je ne sais plus quoi, mais bon ça ne change pas grand-chose en fait car peu importe le propriétaire des tripes ça finit par être des boyaux (à l’allure un peu caoutchouteuse) farcis de quelque chose (farce qui peut s’avérer délicieuse, soit dit en passant). Avec ceci, du poisson salé (ou fumé ? je ne sais plus) dans une sauce à la tomate avec ce que je crois deviner être du chou, et du foufou, un mets très populaire ici fabriqué à base de farine de manioc, de maïs ou autre céréale, mélangée avec de l’eau. C’est donc un genre de pâte à texture un peu de colle qui, au final, ne goûte pas grand-chose. Il faut l’accompagner de quelque chose. Que choisir avec toutes ces options devant moi !?! Je n’ai pourtant pas hésité longtemps et j’ai joué la carte de la sécurité. J’ai pris un peu de foufou, avec le poisson salé/fumé en sauce et j’ai goûté à la sauce dans laquelle avaient été cuites les tripes (je sais, je sais, aucun courage ! Mais c’est bon j’ai les 4 grrrrrroupes, pas besoin d’un apport protéinique supplémentaire !) C’était pas mal. Le poisson était certes le plat que j’ai préféré, la sauce des tripes était bonne et assez relevée, j’en ai imbibé le foufou pour lui redonner un peu de pep !

Après ces agapes, nous voilà parties pour le spectacle. Un genre de concert rock en plein air, 2$ l’entrée, pleine lune et ciel étoilé inclus. Plutôt génial ! La première partie était pleine de bonne volonté et on félicite le chanteur pour son ardeur au travail, mais c’était vraiment la deuxième partie le plat de résistance ! Sao : un groupe formé d’un chanteur congolais et de musiciens français. Ils chantent des rythmes africains en français et lingala (une des cinq langues principales parlées au Congo). C’était super chouette ! On a rencontré sur place une de mes collègues/co-loc d’ACF et ses amis, dont une qui a eu le béguin soudain pour le chanteur.

Sans que je ne sache trop comment on s’est retrouvé après le spectacle à prendre un verre avec les musiciens et le chanteur et à être invités à la fête où ils allaient terminer la soirée ! Wow ! C’était presque comme aller backstage après un spectacle de rock star… j’ai bien dit presque ! On a donc terminé la soirée dans une fête privée, à danser (« tenter de se trémousser le popotin dans tous les sens comme les congolaises sans y arriver et en tentant de garder sa dignité » décrirait mieux l’action que dire que nous avons simplement « danser » !!!) avec plein de congolais dans la cour arrière d’une villa. L’histoire reste muette sur les suites du béguin avec le chanteur, si suite il y eut ! Désolée !

Commentaires

Wow ge... j'avais complètement oublié ton blog et je me disais que ca avait pas de bon sens qu'on ait pas de tes nouvelles... j'avais tout mis la faute sur l'accès a internet. mais maintenant bien a jour sur tes péripéties, je compte bien ne plus prendre de retard, ca donne trop l'impression de voyager te lire.
porte toi bien,

cathxxx

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