Carnet de voyage

Jeudi, 26 juin, 2008 - 05:53

16 juin 2008,

J'ai cherche le mot “galerer” dans le dictionnaire et voici les differentes definitions que j'ai trouvees:  

1. Etre dans une situation penible et precaire.

2. Vivre au jour le jour, sans revenus assurés. 

Les galeriens etaient des esclaves condamnes a ramer dans les galeres. Ainsi, les galeriens travaillaient dur, sans revenu et sans but particulier qui leur etait propre. 

Pourquoi je vous parle de galeriens? Et bien, c'est parce que ces derniers 10 jours j'ai galere! J’ai “rame dans le vide”! Je m'explique. Tout a debute lorsque j'ai rencontre un homme fort sympathique lors d'un de mes nombreux trajets en autobus. Je lui ai bien sur parle de mon projet, car normalement, une des premieres questions que les gens me posent lorsque je leur parle est: “Qu'est ce qui t'amene en Thailande?”, ou plus precisement: “So what brings you here?” 

 “Je suis un correspondant pour managers sans frontieres” (Je vous epargne les details de ma reponse habituellement beaucoup plus longue par soucis de convenance.) Cette reponse sonne plutot bien et ca permet d'inserer un bon element de socialisation. Parfois, j'ai meme droit a des “bonus”. En effet, l’homme que j’ai rencontre dans l’autobus semblait interesse par mon projet et m’a invite a venir le voir a son bureau a Chiang Mai, au nord de la Thailande. Il me donna sa carte d’affaire. Sur le dessus de celle-ci, le nom d'Allan Brown, un Canadien qui a fonde une ONG du nom de Compasio. Compasio s’occupe des enfants de la rue. Elle place les enfants a risque dans des maisons pour enfants ou ils recoivent les conditions de survie necessaires : un abri secure, de la nourriture, des soins de sante et une education. Qu’est ce qu’un enfant a risque? La plupart d’entres eux etaient sans-abris, dormaient sous des planches de bois ou des abris improvises et/ou etaient victime de trafic sexuel et/ou d’abus physique. La plupart du temps , ces abus sont commis par leur propre famille. Certains parents battent leurs enfants lorsqu'ils ne ramenent pas assez d'argent de leur collecte quotidienne de mendiant. Certaines meres vivent dans l’extreme pauvrete et sont tellement desesperees qu’elles vendent leurs enfants a des etrangers pour se faire de l’argent. Compasio tente d’intervenir dans ce type de situations. 

Les autobus en Thailande ont des sieges assignes. Pour cette raison, ma discussion avec Allan Brown ne fut que tres breve etant donne qu’on n’etait pas assis a cote l’un de l’autre. Il reussit tout de meme a me donner quelques contacts supplementaires qui pouvaient m’interesser a Chiang Mai et me dit de le contacter des mon arrivee dans la ville. Convaincu, la destination Chiang Mai se presentait comme une opportunite d’or a mes yeux. J’avais l’occasion de faire 2 ou 3 reportages interessant dans un tres court laps de temps:  

1)      Reportage sur Compasio, une ONG s’occupant des enfants de la rue.

Enfants de la rue

2)      Reportage sur Agape Home, une ONG s’occupant des enfants qui ont le SIDA

La maison “Agape”

Petit enfant avec un benevole chez la maison Agape

Petite fille chez Agape

3)      Reportage sur CEDAW, une ONG qui promouvoie l’elimination de toutes formes de discrimination envers les femmes. Une des activites qui m’avait ete proposee concernait des formations en leadership pour des femmes indigenes a Chiang Mai et l’encouragement de la participation des femmes aux elections gouvernementales. 

Quelques jours plus tard et sans hesitation, c’est avec confiance et determination que j’ai achete mon billet d’autobus pour Chiang Mai. Les choses allaient bien! Hakuna Matata (pour ceux qui n’ont jamais vu le film le roi lion – est-ce possible? – ca veut dire sans aucun soucis.) Toutefois, toute chose a une fin (du moins dans la vision materielle et conceptuelle de la plupart des occidentaux. Oublions les notions d’infinis et de temps cyclique pour la commodite de ce blog.) En arrivant a Chiang Mai, jai appele Allan sur son cellulaire. Tout autant sympathique, il me confia qu’il etait occupe en ce moment, mais qu’on pouvait se rencontrer le lendemain.  

Tout au long de mon sejour a Chiang Mai, j’etais en contact avec Agape Home et CEDAW. Jane, une femme travaillant a Agape Home trouvait mon projet interessant mais devait verifier, aupres de son superviseur, les procedures a suivre en cas de filmage. Je devais la rappeler dans 2 jours.

Une autre femme, Amarsanaa, quant a elle, travaillant pour CEDAW, m’expliqua la pertinence de quelques unes de leurs activites par rapport a mon projet. Nos echanges se faisaient par l’intermediaire de e-mails, un nombre presque interminable de e-mails. Ca me fait encore douter de mon postulat anterieur: “toute chose a une fin”. Chaque email etait court et rajoutait ou rectifiait des details concernant les activites de CEDAW. 

Deux jours plus tard, lors de ma rencontre avec Allan Brown, il m’a donne quelques documents informatifs sur son organisation et est alle nous preparer du cafe. On a discute de tout et de rien, en passant par la culture thai versus la culture canadienne, en prenant un detour pour parler un peu des enfants de la rue et de leurs conditions, pour ensuite terminer par… une sonnerie de cellulaire. Et oui, notre rencontre plutot breve tirait a sa fin. Allan devait malheureusement quitter. Mai pen rai, mai pen rai (thai pour “pas de problemes, pas de problemes ). Avant de partir, il me dit que si je voulais faire une entrevue avec lui, ca serait possible dans 2 jours.  

Par ailleurs, j’avais rappele Jane pour avoir une mise a jour concernant la possibilite pour moi de faire un reportage sur les activites de Agape Home. Elle m’avoua que sa superieur ne voulait pas que je filme les enfants qui habitent dans le batiment principal d'Agape, et ce en raison du besoin d’obtenir une permission des parents ou tuteurs de chaque enfant pour les filmer. A cause du nombre plutot eleve de ces enfants qui resident dans cette enorme maison, obtenir la permission pour chacun d'eux etait trop complique. Cependant, elle avait une alternative pour moi. Je pouvais filmer les enfants et les familles des enfants qui font partie du projet “Lek”. Le projet Lek est un projet qui consiste a fournir de l’aide financiere et des soins de sante a des familles d’enfants qui ont le SIDA et qui n’ont pas les moyens de s’offrir des traitements. Ce projet contribue egalement a garder les enfants dans leurs familles respectives, contrairement aux enfants qui resident dans la maison Agape, qui eux sont separes de leurs familles, ou orphelins. Donc, Jane me confirma que quelqu’un du nom de Yo, m’attendrait chez Agape Home dans 4 jours pour me faire un tour guide. Le temps file, le temps file. Mai pen rai, mai pen rai. 

Tous ces delais me laissaient quelques jours de conges que j'ai passe a visiter la ville, rencontrer des touristes et discuter par e-mails avec Amarsanaa. Finalement, dans un de ses nombreux emails, Amarsanaa me dit qu’elle venait a Chiang Mai pour la fin de semaine. On se donna donc un rendez vous dans un cafe pour discuter de nos options. La fin de semaine arrivee, nous nous sommes installes chez Art Cafe, elle pour boire un cafe, moi pour boire un “shake” aux fruits (J’adore les “shakes” aux fruits frais qui se vendent a chaque coin de rue et dans tous les restaurants et cafes. C’est definitivement quelque chose qui va me manquer lorsque je vais retourner a Quebec. Ils sont pas chers en plus.) Nous avons parle de mon fameux projet, sur les traces des managers sans frontieres. Malheureusement, du moins pour moi, apres de nombreux emails et une rencontre, j’ai su qu’aucune activite de CEDAW n’avait lieu durant l’ete. Tous les projets etaient desormais termines. Apparemment, je n’etais en retard que d’une semaine. Amarsanaa avait cependant trouve une autre ONG qui avait organise un seminaire de formation pour les femmes qui veulent se lancer en politique. Toutefois, ce seminaire se deroulait en meme temps que mon rendez-vous chez Agape Home. Etant donne que j’avais deja donne mon accord a Jane, j’ai du refuser l’offre qu’Amarsanaa me proposait. Mai pen rai, mai pen rai. 

Temple a Chiang Mai 1

Temple a Chiang Mai 2

Dans un marche a Chiang Mai

Prestation d’une petite fille dans le marche

Mes amis touristes

Un elephant dans les rues de Chiang Mai

Un tuk tuk

Timur a Chiang Mai

Une opportunite de reportage tombe a l'eau, il m'en restait tout de meme encore deux. Le jour de mon rendez-vous avec Allan etait arrive. Un tuk tuk m’a amene a son bureau ou j'etais sense faire une entrevue avec lui. Arrive a destination, camera a porte de la main, j'etais pret pour commencer. L’entrevue s’est tres bien deroule, mais une autre nouvelle, moins bonne celle-ci, m’attendait. Il semblait que les projets de Compasio dans les alentours de Chiang Mai n’etaient qu’en phase d’introduction. Si je voulais faire un reportage interessant, avec des images interessantes, Allan m’a dit que je devais aller a Mae Sot, un endroit ou j’etais deja alle auparavant pour faire mon reportage sur l’ecole CDC (voir “post” anterieur). Donc, après ma session de tournage chez Agape Home, je devais prendre un bus d’environ 6 heures en direction de Mae Sot. A ce moment la, deja une semaine etait passe depuis mon arrive a Chiang Mai. Je vous rapelle que je suis sense faire un reportage par semaine. Mai pen rai, mai pen rai. 

Enfin, le jour ou j’allais pouvoir faire ma premiere capsule video a Chiang Mai etait arrive. Assis sur un banc dans l’immense maison au toit rouge qu’est Agape Home, j’attendais Yo, mon guide thailandais qui allait m’amener voir les familles faisant partie du projet Lek. Les minutes passaient mais toujours pas de signes de Yo ou de Jane. Je me disais que les Thais ont un rythme de vie beaucoup plus detendu et que Yo finirait par arriver. Mon rythme cardiaque etait encore assez bas. Finalement, un employe de la place voulant m’aider, a appele Jane pour savoir ce qu’il se passait. Il se trouve que Yo etait malade, un phenomene assez rare a ce qu’il parait, et que malencontreusement, il fallait reporter notre petite session de tournage dans quelques jours. Mai pen rai, mai pen rai. 

Je devais donc prendre un bus pour Mae Sot après avoir passé une semaine a Chiang Mai sans avoir tourne absolument quoi que ce soit, pour ensuite retourner immediatement a Chiang Mai lorsque mon reportage sur Compasio etait termine. Suis-je un galerien? Mai pen rai, mai pen rai. 

Suite dans quelques jours…

P.S.

Pour voir mon autre reportage qui est passe a TVA le 20 juin, alle sur ce site: http://tva.canoe.com/stations/cfcm/nouvelle/20080620.html

Le nom du reportage est: Sortir les Lahus de l'extreme pauvrete.

Commentaires

Hey there adventurous cousin,
Ton reportage (Sortir les Lahus de l’extreme pauvrete) est vraiment bon. J’aime les prises de vues et les enfants et mamans au grands sourires. Tu fait vraiment du bon boulot, keap it up Tim! Mai pen rai, mai pen rai, tu vas t’en sortir et reussir tes prochains reportages j’en suis sur.
P.S. J’aime bien cette expression (mai pen rai), je crois que je vais m’en servir souvent alors a ton retour va falloir me dire si ma prononciation est correcte!

Ouin Timur, c´est pas facile la vie de correspondant!!! ;-) Lache pas je suis certaine que ca va bien aller pour tes derniers reportages...

C´est le fun de voir comment ca se passe de ton cote...Du mien ca va plutot bien pour le moment...il semblerait que le rythme de vie des Nicaraguayens soit un peu plus organisé.

Catherine

Salut Timur:Comme j.ai pu te lire,ce n,est pas les efforts qui manque pour arriver à tes fins.Dans la vie ce n,est pas toujour facile mais ne lâche pas ton prochain reportage sera à l,égal de tes efforts.Quand je vois le monde d,ici se pleindre le ventre plein et vivre dans le surplus de manger et de matériel Je souhaite que ta mission labas en fera réfléchir plusieurs.J,ai beaucoup d,admiration pour les gens qui s,impliquent à faire avancé les choses labas.Je continu à te lire et t,envois des ondes positives pour le futur.
Michel alp

Allô Timur,

J'ai toujours su que tu avais de la patience mais là j'en ai la preuve. Comment vas-tu? As-tu été plus chanceux cette semaine dans la préparation de ton prochain documentaire? Tu as quand même l'air de bien t'adapter à tous ces changements de dernière minute. Je constate que tu as une grande capacité d'adaptation. C'est une très belle qualité. J'en profite pour te souhaiter un bel été et du succès dans tes futures quêtes de sujets tout aussi intéressant les uns que les autres.

Une petite colle pour la chance. Yolande

Quelle réalité! Je dois une fois de plus admettre que je colle à tes propos. Combien de contacts, de rendez-vous annulés et de projets à filmer inexistant se sont ajoutés à mon aventure de fatigue, faim, sommeil. Mon séjour en Ouganda est rempli d’anecdotes de ce type.

En 25 jours, j’ai réalisé deux reportages! T’imagines la pression des « deadlines », des images à couper le souffle à prendre et des objectifs du millénaire non atteints à présenter que j’ai du apprendre à gérer. Trop marrant!

Remontes-toi le moral en te disant queces événements représentent une anecdote de plus à raconter lors de tes vieux jours à tes enfants. « Hum... Lorsque j’étais en Thaïlande, les rendez-vous impossible... »

Je dois avouer que j’ai pris connaissance de l’autre publication, par conséquent, je sais que tu as finalement obtenu cette entrevue...

De Arusha, Guillaume

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