Carnet de voyage

Dimanche, 29 juin, 2008 - 14:08

Un fort sentiment de déjà vu m’a envahie à la descente de l’avion à Kinshasa. Comme si j’y étais déjà venue. Et pourtant… J’en avais certes beaucoup entendu parlé par un précédent assistant chef de mission, mais ce sentiment était plus fort que le seul souvenir de récits. Je retrouvais l’Afrique !

La noirceur (il n’était pourtant que 19h30, à peine, et il faisait déjà très sombre! La nuit tombe tôt et il y a peu d’éclairage dans les rues), l’ambiance (la musique est omniprésente. De chaque échoppe, de chaque boutique, de chaque voiture, les rythmes entraînant de la musique africaine emplissent l’air), l’activité (il fait noir, mais les rues grouillent de monde, des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des enfants. La vie se passe dehors… on se balade, on commerce, on discute, on mange, on flâne…), le trafic (les routes sont surpeuplées de voitures, de taxi, d’autobus, de charrettes, de piétons, de vélo, alouette !, dont les conditions varient de « voiture de luxe de l’année » à « bazou qui menace de s’effondrer à tout moment au centre de la chaussée »), les routes (à voir leurs nids, les poules congolaises sont en très bonne santé !!!) la chaleur, les odeurs, la moiteur… je retrouvais l’Afrique !

Les comparaisons sont souvent boiteuses et la RDC n’est pas le Sénégal, mais ces premiers instants, entre l’aéroport et la maison, m’ont ramenée tout droit deux ans plus tôt, alors que je quittais l’aéroport Léopold Sédar Senghor et que je voyais mes premières images de l’Afrique. Ceux qui sont déjà venus, et revenus, comprennent peut-être ce que je ressens ?… ou alors c’est dans ma tête…

Un sentiment de déjà vu, donc, mais un sentiment fort agréable. Je m’adapte petit à petit à la température (mon thermomètre interne trouve qu’il fait chaud et collant, et mes cheveux confirment que c'est humide, et on m’assure que non, non, c’est frais Geneviève, c’est la saison sèche en ce moment. Reviens en décembre-janvier, là il fait chaud ! Ah bon d’accord !), aux horaires (déjeuner tôt, dîner tard et souper encore plus tard), à la vie en communauté (je n’ai pas compté, mais en 2 semaines, il y a bien eu pas loin de 15 personnes qui ont demeuré plus ou moins longtemps par la maison !).

Cette vie en commun fait partie intégrante des missions humanitaires et constitue un élément de plus dans cette vie un peu étrange que nous menons. D’après ce que j’en perçois après seulement deux semaines, ce mode de vie peut devenir un piège si on ne fait pas attention. Nous créons un espace de vie un peu artificiel où l’on vit avec ses collègues de travail, dans un environnement où l’on est complètement déconnecté de son réseau social et familial, où le travail, les échéances et la pression ne manquent pas, où il n’est pas toujours facile d’avoir des loisirs (pour des questions d’accessibilité, de sécurité, etc.), sachant qu’on est ici pour une période déterminée sans ambition de s’installer. Même pour 6 mois ou 1 an, on est de passage.

Par exemple ici, à Kinshasa, il ne nous est pas permis de marcher dans la rue. Nous ne pouvons nous déplacer qu’en voiture. D’accord, il y a toujours des chauffeurs à disposition pour nous conduire là où on veut aller, on est libre d’aller et venir, mais disons que c’est une liberté contrôlée. Il est donc facile de se dire bah, je reste à la maison, de toute façon j’ai du boulot, aussi bien avancer un peu. Je ne conteste pas que ces règles sont nécessaires, il faut simplement être conscient des effets pervers qu’elles peuvent engendrer.

Voilà donc mon objectif personnel pour les prochains jours, prochaines semaines, me trouver quelques activités, me créer une routine. Jusqu’ici, j’ai plutôt vogué au rythme de la maison, me joignant aux activités des autres, me laissant un peu porter. Maintenant il est temps pour moi de reprendre un peu plus le contrôle sur l’emploi de mon temps. Le sport me semble la première option à exploiter. C’est bon pour la santé, c’est bon pour le moral et ça fait sortir de la maison. Ceci sera d’autant plus important quand j’aurai atteint mon rythme de croisière au bureau (rythme de course de hors bord serait peut-être plus approprié que croisière, compte tenu du jeu de chaise musicale qui est en train de s’effectuer en pleine période de vacances de surcroît !)

Demain, 30 juin, c’est férié : c’est la fête de l’Indépendance. Occasion toute désignée pour mettre à l’épreuve ma bonne résolution !

Commentaires

allo gen,
Merci! Merci de me ramener doucement et sans souci sur le continent africain et mon expérience ACF. J'apprécie beaucoup te lire. Je te souhaite bonne chance pour ta bonne résolution...je te lance ça vaguement : Laisse toi un peu porter par le beat des autres expats, tu y trouveras peut-être un rythme sur lequel t'accrocher.

En ce moment, nous on a le festival d'été qui nous fait vibrer et le soleil qui nous laisse quelques rayons une journée sur deux!
Profite de la chaleur de l'Afrique! à
Bisou
Sara XX

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