Archive pour juin 2008
Impressions premières…
Un fort sentiment de déjà vu m’a envahie à la descente de l’avion à Kinshasa. Comme si j’y étais déjà venue. Et pourtant… J’en avais certes beaucoup entendu parlé par un précédent assistant chef de mission, mais ce sentiment était plus fort que le seul souvenir de récits. Je retrouvais l’Afrique !
La noirceur (il n’était pourtant que 19h30, à peine, et il faisait déjà très sombre! La nuit tombe tôt et il y a peu d’éclairage dans les rues), l’ambiance (la musique est omniprésente. De chaque échoppe, de chaque boutique, de chaque voiture, les rythmes entraînant de la musique africaine emplissent l’air), l’activité (il fait noir, mais les rues grouillent de monde, des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, des enfants. La vie se passe dehors… on se balade, on commerce, on discute, on mange, on flâne…), le trafic (les routes sont surpeuplées de voitures, de taxi, d’autobus, de charrettes, de piétons, de vélo, alouette !, dont les conditions varient de « voiture de luxe de l’année » à « bazou qui menace de s’effondrer à tout moment au centre de la chaussée »), les routes (à voir leurs nids, les poules congolaises sont en très bonne santé !!!) la chaleur, les odeurs, la moiteur… je retrouvais l’Afrique !
Les comparaisons sont souvent boiteuses et la RDC n’est pas le Sénégal, mais ces premiers instants, entre l’aéroport et la maison, m’ont ramenée tout droit deux ans plus tôt, alors que je quittais l’aéroport Léopold Sédar Senghor et que je voyais mes premières images de l’Afrique. Ceux qui sont déjà venus, et revenus, comprennent peut-être ce que je ressens ?… ou alors c’est dans ma tête…
Un sentiment de déjà vu, donc, mais un sentiment fort agréable. Je m’adapte petit à petit à la température (mon thermomètre interne trouve qu’il fait chaud et collant, et mes cheveux confirment que c’est humide, et on m’assure que « non, non, c’est frais Geneviève, c’est la saison sèche en ce moment. Reviens en décembre-janvier, là il fait chaud ! » Ah bon d’accord !), aux horaires (déjeuner tôt, dîner tard et souper encore plus tard), à la vie en communauté (je n’ai pas compté, mais en 2 semaines, il y a bien eu pas loin de 15 personnes qui ont demeuré plus ou moins longtemps par la maison !).
Cette vie en commun fait partie intégrante des missions humanitaires et constitue un élément de plus dans cette vie un peu étrange que nous menons. D’après ce que j’en perçois après seulement deux semaines, ce mode de vie peut devenir un piège si on ne fait pas attention. Nous créons un espace de vie un peu artificiel où l’on vit avec ses collègues de travail, dans un environnement où l’on est complètement déconnecté de son réseau social et familial, où le travail, les échéances et la pression ne manquent pas, où il n’est pas toujours facile d’avoir des loisirs (pour des questions d’accessibilité, de sécurité, etc.), sachant qu’on est ici pour une période déterminée sans ambition de s’installer. Même pour 6 mois ou 1 an, on est de passage.
Par exemple ici, à Kinshasa, il ne nous est pas permis de marcher dans la rue. Nous ne pouvons nous déplacer qu’en voiture. D’accord, il y a toujours des chauffeurs à disposition pour nous conduire là où on veut aller, on est libre d’aller et venir, mais disons que c’est une liberté contrôlée. Il est donc facile de se dire « bah, je reste à la maison, de toute façon j’ai du boulot, aussi bien avancer un peu ». Je ne conteste pas que ces règles sont nécessaires, il faut simplement être conscient des effets pervers qu’elles peuvent engendrer.
Voilà donc mon objectif personnel pour les prochains jours, prochaines semaines, me trouver quelques activités, me créer une routine. Jusqu’ici, j’ai plutôt vogué au rythme de la maison, me joignant aux activités des autres, me laissant un peu porter. Maintenant il est temps pour moi de reprendre un peu plus le contrôle sur l’emploi de mon temps. Le sport me semble la première option à exploiter. C’est bon pour la santé, c’est bon pour le moral et ça fait sortir de la maison. Ceci sera d’autant plus important quand j’aurai atteint mon rythme de croisière au bureau (rythme de course de hors bord serait peut-être plus approprié que croisière, compte tenu du jeu de chaise musicale qui est en train de s’effectuer en pleine période de vacances de surcroît !)
Demain, 30 juin, c’est férié : c’est la fête de l’Indépendance. Occasion toute désignée pour mettre à l’épreuve ma bonne résolution !
Visite au Sahel
La fin de semaine dernière, nous avons pris des vacances du travail pour nous rendre quelques jours dans le nord du pays, au Sahel. Nous sommes donc partis, quatre autres coopérants canadiens, deux guides et moi en direction du désert. L’intérêt de ce voyage : découvrir la culture peulh, dormir à la belle étoile au milieu du désert et aller voir le coucher de soleil sur les dunes à dos de dromadaire. Notre premier arrêt était le village de Bani, où l’on peut visiter les sept mosquées dont l’architecture est totalement différente de la plupart des autres mosquées du Burkina Faso. La plus grande des mosquées se trouve au centre du village et on doit escalader la colline pour découvrir les autres mosquées qui l’entoure. Puis, nous nous sommes rendu à Gorom-Gorom une ville reconnue pour son marché qui accueille tous les artisans des villages avoisinants. C’est en périphérie de cette ville que nous avons passé la première nuit dans le désert, à la belle étoile. Le lendemain, nous sommes partis très tôt pour nous promener sur les dunes d’Oursi, avant que le soleil se lève, pour éviter la chaleur. Mais, déjà à 8h du matin, le soleil plombait et on attendait presque un mirage! On a donc pris une pause de notre marche dans le désert pour visiter le site archéologique d’Oursi Hu-Beero, qui date du Xe siècle et qui a été découvert il y a quelques années par une équipe d’étudiants allemands. En fin d’après-midi, nous sommes partis à dos de dromadaires voir le coucher de soleil sur les dunes. Après une deuxième nuit un peu plus éprouvante dans le désert (il y a eu tellement de vent que nous nous sommes réveillés couverts de sable!) nous avons repris la route vers Ouagadougou en passant par un village nommé Kaya pour visiter le marché d’artisanat et faire quelques achats. En bref, une belle fin de semaine, beaucoup de souvenirs et de photos, mais je ne suis pas mécontente de retrouver le « confort » de ma maison! Voici quelques photos de notre périple et à bientôt!
Actualité Nicaragua Juin
L’opposition et l’église offrent leurs excuses aux coopérants
L’Église catholique du Nicaragua a fortement réagi aux déclarations faites par le Président Ortega lors de l’inauguration d’une centrale électrique à Masaya le 21 juin. Celui-ci aurait insulté les pays donateurs européens en les traitants en autre de mouches qui s’arrêtent dans la saleté (Moscas que se paran en la inmunidicia). Ces commentaires sont, selon La Prensa, en réaction à l’opposition de la communauté européenne face à la décision du Conseil Suprême Électoral (CSE), sous les ordres d’Ortega, d’éliminer le parti Movimiento Renovador Sandinista (MRS), le Parti Conservateur (PC) et deux partis de la région Atlantique des partis politiques officiels du Nicaragua, les retirant ainsi des prochaines élections municipales en novembre. Cette décision a été prise parce que ces parties auraient omis de remplir des obligations légales.
Au cours de ce même discours, le Président Ortega aurait également dénigré l’aide des pays donateurs européens au Nicaragua. Plusieurs critiquent les allégations du Président dont le MRS (Movimiento Renovador Sandinista) qui le qualifient d’irresponsable et d’insensible à la crise que vie présentement le pays. Tandis que la chef de la Banque Démocratique du Parlement, Maria Eugenia Sequeira, affirme que ces déclarations peuvent mettre en péril les bonnes relations existantes avec plusieurs grands pays aidant au budget général du Nicaragua. Celle-ci répond aux déclarations du Président en disant que celui-ci peut quitter (le Président) et que les pays donateurs peuvent rester. La coopération extérieure au Nicaragua en 2007 était de 553 millions de dollars américains. À la fin du mois de mai 2008, 115 millions de dollars américains ont été alloués au Budget Général de la République par le Grupo de Apoyo Presupuestario (Groupe d’aide budgétaire) formé par 7 pays européens, la Banque Mondiale et la commission européenne.
Le Président est également critiqué par la communauté internationale pour avoir donné asile à deux jeunes Colombiennes et à une Mexicaine, membres de la FARC (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia), qui ont survécu à l’attaque de l’armée Colombienne en Équateur contre ce groupe. Selon l’ambassadeur colombien au Nicaragua, l’appui à ces membres de la FARC est une offensive au peuple colombien. En effet, selon l’ambassadeur, les Colombiens rejettent à 99 % les activités de ce groupe qualifié de groupe terroriste par la majorité de la communauté internationale.
En réaction à cette situation, plus de 10 000 personnes ont marché pacifiquement vendredi dernier à Managua. En effet, environ 200 organisations civiles du Nicaragua ont participé afin de protester contre les politiques du gouvernement d’Ortega, la faim, le coût élevé de la vie et la dictature institutionnelle. Selon ces organisations, la démocratie, les intérêts et les droits humains de la société civile nicaraguayenne sont plus que jamais menacés par ce gouvernement.
L’inflation des prix
Selon un économiste interrogé par La Prensa, au mois de juin 2008 au moins 98 % du salaire moyen des Nicaraguayens était absorbé par le prix des aliments. Le poids de cette inflation se fait naturellement sentir plus fortement chez la population la plus pauvre du Nicaragua. Plusieurs facteurs sont en cause dont les salaires réels diminuant et les avancés pour le développement ne font que reculées. De plus, la majeure partie des emploies du pays sont dans le secteur agricole et celui-ci n’est pas régi par des politiques de développement agroindustriel nationales permettant une réelle avancée du secteur. L’inflation de 16.88 % accumulée pendant l’année 2007 est la plus élevée des 9 dernières années au Nicaragua et la plus élevée en Amérique Centrale cette année.
Des citoyens nicaraguayens consultés sur la gestion et la transparence des gouvernements municipaux
Le Groupe Civico Ética y Transparencia interrogera 50 000 citoyens de 150 municipalités des 153 municipalités du Nicaragua afin de connaître leur opinion concernant la gestion et la transparence des gouvernements municipaux. En effet, depuis le 21 juin 2008 jusqu’à la fin de juillet, les membres du groupe feront remplir des questionnaires aux citoyens dans différents endroits publics soient les centres commerciaux, les églises ou encore les terminus d’autobus. Les résultats de cette consultation seront connus au mois d’août et permettront de connaître le niveau de confiance des citoyens face au Conseil Suprême Électoral (CSE) et leurs attentes face aux prochaines élections municipales qui auront lieu en novembre prochain. Les résultats risquent d’être forts intéressants…
Trois jours, trois nuits
Jeudi, le 19 juin 2008
Keur Gbeul, Sénégal
9h50
À 120km de la frontière du Mali, l’autobus roule à environ 40km/h dans un chemin accidenté de terre battue. Si tout va bien, nous en avons pour 36 heures afin de parcourir les 1250 km séparant Dakar de Bamako (capitale du Mali).
Nous sommes partis hier, mercredi, à 18h de Dakar.
Mon intention initiale était d’emprunter le train mythique reliant ces deux villes avec l’intention d’effectuer un reportage chemin faisant. Suite à une discussion avec le chef de gare, j’ai acheté mon billet le mardi pour le mercredi 13h50. Arrivée à la gare à l’heure d’embarquement, ah non le train ne part pas aujourd’hui. Revenez demain, même heure, me dit le préposé au guichet. Suite à une nouvelle discussion avec le chef, je décide de me faire rembourser et me voici ainsi dans le bus bien bondé. Même les places de l’allée sont occupées. Nous sommes, attendez je compte les rangées (12 x5) 60 dans ce vieux bus à la suspension solide.
Les bagages sur le toit doivent faire 2 étages. Beaucoup de marchands traversent les frontières afin de vendre leurs marchandises de l’autre côté de la frontière.
Un spectacle nocturne se déroule de minuit à 7h du matin. Cordés comme des sardines chaque humain doit combler son besoin primaire de dormir. Cependant, il n’y a pas d’espace pour appuyer sa tête. Les têtes se promènent donc dans une chorégraphie avant-arrière, gauche-droite incessante.
Nous sommes comme des cousins qui dorment tous ensemble dans le lit d’une tante à Noël. Les gens font les choses tous ensemble. Il y a une symbiose qui unit ce mouvement.
Jeudi, 5h du matin
A 5h cette nuit, l’autobus arrête au milieu de nulle part, dans la savane du Sahel. Milieu semi-désertique qui varie en fonction des pluies. Actuellement en période d’hivernage, il s’agit de quelques averses et le paysage se transforme. À la grande joie des troupes de buffles, de chèvres et d’autres animaux d’élevage qui peuvent brouter tranquillement cette verdure naissante et rapidement abondante.
5 heures du matin, donc, pouf! Crevaison dans ce décor dépourvu de vie humaine. Mon voisin Ivoirien, me sort de mon demi-sommeil en me disant que nous avons crevé. Allons voir. Le calme plat de la nuit et la brise fraiche caresse la peau gentiment. La pleine lune ajoute à l’ambiance surréaliste du paysage.
Trois hommes observent le pneu crevé, le responsable du bus et les 2 mécanos armés d’un petit outil et d’une bonbonne permettant de souder au besoin. Cinq messieurs font pipi à quelques mètres dans la savane, les femmes peu nombreuses restent dans le bus. Des lumières au loin, un camion passe et continue sa route. Ce qui nous arrive semble normal. Tout le monde est détendu. Trois hommes sont étendus au bord de la route en avant du bus. Position précaire à mes yeux, mais quelle bonne idée que de profiter de cette malchance pour s’étendre à la belle étoile. Un homme voulait me laisser sa chemise sur laquelle il s’était étendu. Non merci ca va ainsi. Nous sommes restés ainsi une trentaine de minutes à sommeiller tout doucement dans la savane à la pleine lune. D’autres sont venus nous rejoindre au sol en avant du car. Tous partagent les mots du silence.
Jeudi, 14h16
Tout allait bien, l’autobus filait à environ 45 km/h depuis 5 minutes, les trous se faisant moins nombreux. L’équipe à l’avant se met à parler en wolof, mon voisin ivoirien me dit qu’ils trouvent que ca sent bizarre. Puis PAF, un bruit sourd retentit et l’autobus penche soudainement du côté gauche. La suspension vient de prendre congé.
En moins de 2 minutes, l’ensemble des passagers est regroupé tranquillement en dessous des arbres en bordure de la route. Il est 14h, nous sommes au plus chaud de la journée. Il doit faire 45 degrés à l’ombre me lance calmement mon éternel ami et voisin ivoirien qui me suit partout. Même si je vous écris ou lis un livre, sa belle présence sereine m’accompagne.
Pendant ce temps, les mécanos nous fournissent une douce musique métallique. En moins de 2 heures, ils retaperont la suspension. Soudure et tout ce que cela implique…
Jeudi, 19h48
Elle est moins drôle celle-là.
Je dormais paisiblement et profondément lorsque soudain la poussière pénétrant dans le bus me réveille. L’autobus arrête. Tous dehors une autre fois, j’apprends en écoutant les camarades que nous avons frôlé la catastrophe. Roulant à toute vitesse, environ 100km/h, sur une route enfin belle, le pneu arrière droit s’est désintégré. Gardant péniblement la route, le chauffeur a évité le pire. Lors du bris de l’après-midi mon ami ivoirien avait parle au chauffeur du pneu fissure. Rien ne fut fait.
Pour les Africains, il y a un ordre invisible qui contrôle le monde. Ainsi, nos nombreux problèmes mécaniques furent attribués à une passagère d’une vingtaine d’années. Tout récemment mariée, elle n’a pas respecté une tradition qui veut qu’une jeune femme se lave d’une façon spécifique. Pendant que les mécanos réparaient le véhicule, encore une fois, la jeune femme s’est donc lavée pour ensuite entrer la première dans le car. Ainsi, le fait d’avoir un véhicule mal entretenu, des pneus fissurés en plus d’être ‘’sur » surchargé, n’a rien avoir avec nos déboires.
Samedi, 21 juin
9h45
Encore sur la route…
Trois jours et trois nuits dans l’autobus à la belle étoile, nous voilà à la porte de Bamako. Environ 120 km à faire. La joie est de retour puis boum… un 9e ou 10e bris mécanique. Jusqu’à maintenant, les mécanos ont résolu la suspension, remplacé 2 pneus désintégrés, changé la courroie, chargé la batterie. Cette fois-ci?
Tout comme les autres fois, le groupe sort du véhicule avec calme et sérénité.
Encore l´eau…
Bonjour,
Apres, un rapide séjour de 10 jours au Honduras et au Nicaragua pour filmer mes reportages 6 et 7, je suis de retour au Nicaragua. J´ai la chance de couvrir un territoire assez petit. Pour moi c´est une chance, car mon estomac supporte assez mal les longs voyages d´autobus.
Cette semaine, je suis a l´Ile d´Ometepe pour filmer mon 8e reportage qui porte justement sur le projet pour lequel travaille ma collegue « Manager Sans Frontieres » Louise Genest.
Mon 5e reportage, portait sur le 1er projet de la fondation One-Drop; fondation mise sur pied par Guy Laliberté du Cirque du Soleil. Il est co-financé et exécuté par Oxfam-Québec.
Durant les 3 dernières années, le projet a permis la construction de 1200 jardins familiaux, 30 jardins scolaires, 4 serres et 120 réservoirs d’eau pour les grands producteurs.
Dans quelques communautés de la région d´Esteli, afin de donner une sécurité alimentaire aux familles et une source de revenu supplémentaire, des jardins ont été construits. Ils comportent des légumes, des arbres fruitiers et un petit poulailler. Majoritairement, ce sont les femmes qui sont en charge du jardin.
Les produits du jardin servent en 1er lieu à nourrir la famille. Par contre, certains jardins ont produit des surplus… Un marché a donc été créé afin de permettre aux femmes de vendre leurs surplus et d´avoir un revenu supplémentaire.
Dans la communauté de San Juan de Limay, tous les mercredis et samedi matin, une cinquantaine de vendeuses (et quelques vendeurs) se rendent au marché pour offrir aux villageois leurs fruits, légumes et oeufs frais. Le marché est un succès! Les villageois arrivent même avant les vendeurs afin d´avoir le meilleur choix possible. Pour certaines de ces femmes, la vente de ces produits leur permet d´avoir un revenu d´environ 700$ par année. C´est beaucoup, car pour ces familles rurales, le revenu moyen est d´environ 1$ par jour…

Certaines d´entre elles ont l´âme entrepreneure. Elles ont donc profité de leurs premières ventes pour rembourser le prêt qu´il leur avait été accordé pour la construction du jardin. Ensuite, elles ont décidé d´agrandir leur jardin!
D’une grandeur initiale de 20 m par 20 m, le jardin est doté d’un système de distribution de l’eau goûte a goûte. Cela permet une économie d’eau pouvant aller jusqua 500 litres d’eau par semaine. Dans cette région où l’eau se fait parfois très rare, ce système est plus que nécessaire.
Le succès du projet vient surtout du fait que des organisations locales sont impliquées. En fait, se sont elles qui interagissent avec les bénéficiaires. Les organisations locales ont construit les jardins et ont donné des cours de cuisine, de marketing, de gestion aux nouvelles femmes d´affaires. Les organisations locales sont formées par Oxfam-Québec, qui supervise le projet.
Une autre partie du projet est la construction de 30 jardins scolaires. L´objectif est de se servir de ces jardins comme moyen éducatif sur la sécurité alimentaire.
Les 120 réservoirs d´eau qui ont été construits ressemblent à de petits lacs. Ils sont aussi dotés d´un système d´irrigation goûte a goûte. Lorsque vient la saison des pluies, le réservoir se remplit. Lorsque la saison sèche sévit, le réservoir est alors utilisé pour irriger les terres. Ce système est vraiment utile pour ces producteurs. Il leur permet de passer de 1 ou 2 récolte par année a 3 ou 4… Cela a un impact majeur sur leur revenu.
De plus, afin d´aider les grands producteurs à augmenter leur efficacité, 4 serres ont été bâties. Ces serres permettent de faire croître des plants de poivrons et de tomates pendant les 1ères semaines de leur vie. Il s´agit de la période critique durant laquelle les plants peuvent être attaqués par les insectes.
Je suis allée filmer au marché du mercredi matin à San Juan de Limay et c´était vraiment beau de voir toutes ces femmes vendre leurs fruits et légumes à la population. Ce projet, en plus de bénéficier aux familles qui ont maintenant un jardin, est très pratique pour toutes les communautés qui ont maintenant accès a des produits frais et variés à des prix compétitifs. Avant, les villageois qui désiraient des fruits ou légumes devaient se rendre a Esteli, qui est a une bonne heure et demie d´autobus…
Il ne reste qu´a espérer que ce projet pourra en inspirer d´autres et servir d´exemple.
Catherine







