Thilene
Samedi 24 mai 2008, 18h05
Actuellement au nord du Senegal dans un village situe a environ 40 km au nord de St-louis, ancienne capitale du pays, j'attends Alioune. Ce producteur de riz sera au coeur de mon 1e reportage sur les Objectifs du millenaire.
Ayant tourne des images cet apres-midi au soleil eclatant de midi, je suis debarque seul (dans ce village ou je ne connais personne et qui m'est totalement etranger) a 16h extenue et amorti par ce soleil puissant. Les cloches d'eau entourant mes chevilles et mes mollets s'eclatent au max.
Les sympathiques membres de la federation d'agriculteurs m'accueillent chaleureusement a l'image de la temperature exterieure. Ils me montrent la piece arriere du batiment. Les matelas au sol, destines principalement a la priere (5 fois par jour chez les musulmans les plus fervents), me sautent aux yeux. Le couloir commencant a tourner joyeusement, je dois m'allonger de tout mon long, d'autant plus qu'Alioune par telephone annonce etre en reunion. J'y serai dans 30 minutes, dit-il... Il etait alors 16h30, il en est 18h15 actuellement. Ah! Un instant...
18h18, il vient d'arriver.
Une question de securite
L'enjeu de la securite alimentaire se situe au coeur de la sante et de la vie d'un peuple. Encourage par les institutions monetaires internationales a se specialiser et a acheter, principalement, les produits agricoles des pays developpes (grandement subventionnes), un grand nombre de pays pauvres ont delaisse leur propre agriculture. Ils deviennent ainsi vulnerables aux fluctuations du marche international tout en perdant un nombre important d'emplois dont ils ont pourtant bien besoin.
La jeunesse et l'espoir
Avant de debarquer dans ce petit village rural de 1000 habitants, j'ai assiste a l'assise annuelle des etudiants en administration, economie et comptabilite des lyces et universites senegalaises.
Discussions articulees et profond desir d'ameliorer le sort de l'Afrique pauvre.
Dimanche 25 mai 2008, 13h40
Le tournage dans le champ de riz a Alioune s'est deroule ce matin. Alioune a entretenu son champ et l'a defendu contre les oiseaux. Eux-aussi ont besoin de se nourrir de cereales, peut-etre meme plus que nous, me dit-il. Il doit tout meme se contraindre a les effrayer, en criant et en tapant sur une chaudiere, afin de nourrir sa famille, les membres de son village et si possible a vendre les surplus sur le marche senegalais.
Une grande famille
Les 1000 habitants de Thilene sont tous lies par une filiation commune (freres, tantes, cousins, neveux). Ce qui est plutot rare pour une village de cette taille, me lance-t-il.
Au retour du champ, nous attend un delicieux repas (riz local avec sauce aux oignons et boeuf) que les femmes ont prepare soigneusement toute la matinee.
Travail physique dans les champs pour les hommes et la cuisine pour les femmes. La complementarite... Ensemble ils arrivent a nourrir et a subvenir aux besoins des 4 enfants vivant avec eux.
Dakar
Lundi, 26 mai, 22h35
Retour a la maison
Apres 5 jours passes en milieu rural, je reviens a Dakar avec le sentiment d'etre a la maison. La joie de retrouver son monde, son chez-soi et ses reperes.
Ce sejour a la campagne m'a aide a mieux comprendre la societe senegalaise. Par sa perennite, la vie en campagne contient l'essence meme d'une societe, les cles qui permettent d'acceder a ses racines.
Arrive a Dakar, recherche des prochains sujets. Un reportage par semaine, le rythme est effrene mais quelle aventure!!!
Senegal
David Tousignant






Salut David! Te voilà rendu en Afrique avec Managers sans frontières (Je connais également Catherine Benoit - elle qui est en Amérique centrale). J'ai bien hâte de voir tes reportages. Un autre chapitre de ton amour pour l'afrique s'écrit (... et se filme). Félicitations David! Au plaisir de te suivre dans tes aventures africaines. Prends soin de toi! Patrick
Bonjour David,
Très beau reportage à TVA vendredi dernier ; les images vraiment excellentes.
Bonne continuation,
Amra Ridjanovic
Je seconde... Ton reportage est excellent: La voix, le storyline, les enchainements et les images. Bravo David! Continue ton bon travail et tes belles découvertes.
À+ Pat :)
J’ai aimé ces extraits de ton journal. Ça me rappelle que l’expérience à l’étranger est bien réel et que quotidiennement nos limites sont repoussées. Étourdissements, nausées, soif, faim, sommeil.
À la 8ème semaine, ma course effrainée entre le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie se compare difficilement à mon séjour en village au Mali. Je l’admets. Bien que l’expérience actuelle me présente son lot de défis et de complexités, les villages de l’Afrique de l’Ouest sont unique par leur dureté – du moins à mes yeux.
« J’arrive dans 30 minutes »
De Arusha, Guillaume