Archive pour mai 2008
Sango nini ? (lingala: quoi de neuf?)
Au Congo cette semaine :
Le chef de l’opposition Jean-Pierre Bemba a été arrêté en Belgique, il était inculpé de crime de guerre par la cour pénale internationale (CPI) commis en République Centrafricaine entre 2002 et 2003. Mais au Congo, nombreux restent les supporters du MLC (Mouvement pour la Libération du Congo) qui voient dans cette arrestation une justice sélective. Bemba est accusé d’être responsable de meurtres et de viols systématiques commis par sa milice qui s’était alliée aux rebelles de Ange Félix Patassé, président élu démocratiquement mais évincé du pouvoir par le coup d’État de l’actuel président de l’Afrique Centrafricaine, le général François Bozize. C’est ce dernier qui a demandé l’aide internationale pour faire comparaître Bemba et Patassé en CPI. Le gouvernement congolais a quant à lui accusé Bemba de haute trahison pour avoir entretenu en tant que sénateur une milice privée.
Des manifestations ont eu lieu cette semaine en ville, et par mesure de sécurité, on a recommendé aux expatriés de se tenir loin du centre. Toutefois, on ne rapporte pas de violence, et les manifestants ont été vite dispersés. Dans un pays pays fatigués par l’un des plus gros conflits ayant connu l’Afrique, deux hypothèses : soit le combat des opposants de Kabila s’essoufle, soit il prend une nouvelle forme plus politique que militaire.
Côté boulot, cette semaine première semaine a été riche en expériences. En effet, se retrouver au sein de l’équipe logistique d’un organisme humanitaire employant près de 300 personnes, c’est comme vouloir prendre un train qui ne fait jamais d’arrêt. J’avais convaincu notre équipe de faire un petit briefing de planification lundi entre 8h00 et 8h30. Après 5 minutes, les quatre téléphones du bureau sonnaient, et après 7 minutes, mes deux confrères étaient partis de leur côté. J’avais quelques tâches devant moi avec aucune idée du comment faire. Notre logisticien (congolais) est une machine à régler des problèmes. Il n’est pas rare de le voir avec un téléphone sur chaque oreille. Bien sûr, l’équipe logistique a du mal à fournir.
Au Congo, faire exécuter une tâche n’est jamais simple, même entre congolais. Il faut constamment contrôler. Les Kinois (les congolais de Kinshasa, à ne pas confondre avec la céréale aztec), tentent toutes les occasions pour gagner (ou ne pas perdre) un centime de plus. Normal, dans une ville où le coût de la vie est aussi cher qu’à NY, mais le revenu par habitant au niveau national est 30 fois plus faible. Est-ce que des émeutes de la faim éclateront ici également ? Nous sommes peut-être dans l’œil de l’ouragan ?
Comment mourir de faim dans le paradis terrestre ? Car en RDC, très arrosée, toujours chaude, avec peu de vent, tout pousse, même sur les murs de bétons ! Mais il ne suffit pas de produire, il faut vendre. Ici, les routes sont chaotiques, le prix de l’essence, exorbitant. Et finalement, il faut des institutions capables de répondre aux besoins de sa population, ce qui demanderait de mettre la main sur ces richesses du sous-terrains qui profitent présentement à d’autres (l’industrie minière canadienne,par exemple) . Peut-être est-ce une raison pour laquelle la communauté internationale offre beaucoup d’aide ici ? Il y a beaucoup à gagner. Pour l’instant, les revenus et les prix ne suivent pas la même route.
Lobi lisousu ! (A+)
Integration culturelle…
Bonjour mes chers lecteurs, j’aimerais rajouter ce “post” afin de parler un peu de mon integration culturelle ici en Thailande depuis que je suis arrive. J’en avais pas vraiment parle dans mon premier post, alors j’en profite pour le faire maintenant.
Au tout debut de mon voyage, j’ai rencontre des Quebecois a Bangkok. Un d’eux etait deja mon ami alors ca l’a grandement facilite mon “integration culturelle” (Merci a Philippe Gagnon.). Il avait deja habite en Thailande pendant environ 1 an auparavant et il parle maintenant tres bien le thai. Il fait reellement preuve d’un veritable genie linguistique. Tout est facile a ses cotes. Pas besoin de se forcer pour commander au restaurant ou pour tenter d’expliquer notre destination au chauffeur de taxi. J’ai tout de suite vu la difference quand je me suis retrouve tout seul. D’ailleurs meme a ce jour, je me demande souvent si les chauffeurs de taxi comprennent ce que je dis ou s’ils font semblant de comprendre et m’amenent n’importe ou. A cause de la barriere du language, sans mon precieux interprete, je suis a nouveau un touriste avec de l’argent, facile a berner. Mon ami Philippe est vu comme un farang par les Thais tout comme moi (C’est le surnom qu’on donne ici aux blancs. C’est aussi le nom de la goyave, un fruit qui est blanc a l’interieur.), mais vu qu’il parle bien la langue, les gens sont plus susceptible de lui offrir les prix dont beneficient les locaux. Vous comprendrez que c’est loin d’etre mon cas. Malgre tout ca, j’essaie de ne pas me sentir victime. Il faut se mettre dans la peau de l’autre et comprendre quelles sont ses motivations et ses besoins. Avec un peu de compassion, on se sent mieux et les quelques dollars perdus (ou le temps perdu dans le cas des taxis qui decident de faire un tour de la ville, ou encore les Tuk Tuk qui s’arretent voir le “tailor”…) prennent aussitot beaucoup moins de valeur. Bien sur, il faut faire de son possible pour ne pas se faire avoir non plus, par respect pour soi meme. Il faut negocier un peu. Comme j’ai mentionne plus haut, j’ai rencontre plusieurs Quebecois ici, dont un qui a fait partie de managers sans frontieres des la premiere annee que ca la debute. Si je me rapelle bien, son nom est Jean-Francois Grenon. Il transmet ses salutations a Christian et Melissa!
J’ai remarque que les Thais accordent beaucoup d’importance au respect de la royaute (La Thailande est une monarchie constitutionelle.). C’est un symbole tres important. J’ai vite compris qu’il ne fallait pas parler du Roi ou de la famille royale a la legere. Une anecdote m’a ete raconte ou un touriste avait pose une question a un Thai: “Qu’est ce qui arrive si le Roi meurt?” Aussitot dit, certains Thais qui avaient entendu la question se sont enerves et voulaient se battre avec lui. Resultat, le touriste s’est fait sortir du bar. Meme si la question n’avait pas necessairement de mauvaises intentions cachees derriere, le seul fait de penser a quelque chose qui pourrait avoir une connotation negative envers la famille royale semble equivaloir a une profonde marque d’irrespect. Tout ce qui entoure la securite de la royaute est pris extremement au serieux. A chaque fois qu’un membre de la famille du Roi passe en voiture dans les rues, les policiers bloquent totalement la circulation, et ce meme la circulation pietonniere (specialement sur les ponts au dessus du passage de la voiture. Ils ont probablement peur des “snipers” j’imagine…). Il y a une autre particularite interessante que j’ai remarque quand je suis alle une soiree au cinema avec mes nouveaux amis quebecois et thais. A chaque debut de film, il faut se lever et indiquer notre respect envers le Roi pendant que l’hymne nationale de la Thailande joue en accompagnant des photos du Roi sur l’ecran geant. Je m’imaginais au Quebec, au cinema Charest, entrain de me lever en signe de respect pour la Reine. Un bref sourrire s’est affiche sur mon visage en constatant l’impossibilite d’une telle chose aujourdhui au Quebec.
Timur avec une amie thai, Natanisha
(Natanisha est la coiffeuse de mon ami Philippe et je l’ai rencontre a Bangkok grace a lui.)
J’ai de la misere a utiliser le terme choc culturel quand je parle de choses ou des differences qui captent mon attention lors de ce voyage car je ne me sens pas en etat de choc, du moins pour l’instant. Disons que je m’attendais a voir des differences et que je me permet tout simplement de les enregistrer dans ma memoire comme elles sont, sans qu’elles viennent necessairement avoir un impact sur mon etre sensible. J’essaie d’etre detache comme dirait les bouddhistes. Mon experience jusqu’a maintenant demeure tres profitable en ce qui concerne l’epanouissement de ma personne. J’apprend beaucoup sur la culture thai, sur l’organisation du temps, sur la facon de faire des reportages, de faire des entrevues, de communiquer avec les gens meme si on ne se comprend pas toujours parfaitement, etc.. Si j’avais a etablir un pont interculturel entre nos 2 cultures, je pense que j’adopterais la patience et la bonne humeur thai. C’est rafraichissant de voir une nouvelle facon de voir les choses, ou toutes les reponses semblent se finir par un sourrire. Meme dans une grosse ville comme Bangkok, ou l’urbanisation occidentale semble s’etre repandu autant que le pop rock dans les radios thailandaises, les gens semblent ne pas trop se stresser. Je n’ai pas encore vu un seul Thai s’enerver encore.
Lorsqu’on entend parler de la Thailande, un sujet ressort souvent: la prostitution. En effet, le tourisme sexuel est une des formes de tourisme les plus rentable au pays. Il y a eu un gros resserrement sur la drogue en Thailande recemment pour nettoyer le pays des contrebandiers. Etrangement, quelquun m’a demande pourquoi le gouvernement thai ne faisait pas la meme chose pour la prostitution. Comme si j’etais qualifie pour repondre a cette question, hehe… Toutefois, en y reflechissant, on constate que tellement d’argent se fait indirectement avec la prostitution que le gouvernement considere peut-etre qu’il ne peut pas se permettre de prendre des mesures pour la diminuer. Il y a enormement de touristes qui paient des hotels, des restaurants, des services de transport, etc.., tout simplement parce qu’ils veulent avoir des rapports sexuels avec des prostitues thais. Je me souviens quand je me promenais sur la “rue des touristes” a Kanchanaburi, le nombre de filles qui m’interpellaient sans cesse etait d’une quantite assez incroyable. Je peux sincerement dire que je ne me suis jamais fait autant “cruiser” de toute ma vie. A tout les 10 metres, il y a un groupe de filles, et meme parfois de garcons, qui disent en unison: “Hello, come here! Why don’t you come here?” Dans le coin, on les apelle les bar girls. Elles ne se font pas payer directement pour des services sexuels, mais elles habitent avec le touriste, se font payer le restaurant par le touriste, etc.. C’est en quelque sorte de la prostitution indirecte, si je peux me permettre de qualifier la chose ainsi. Une fille thai, qui avait surement au moins 15 ans de plus que moi s’est mise a pleurer quand je l’ai “rejete” poliement. Elle me disait: “I hope you will come back. Why you dont like Thai girl?” Lorsque c’etait clair que je n’etais vraiment pas interesse, elle est meme venue “m’agripper” afin d’attirer mon attention. Je vous comprend maintenant les filles quand vous vous plaignez de vous faire sifler constammant dans certains pays! Hahahaha, il faut bien en rigoler un peu!
En ce qui concerne la nourriture, je peux dire que la “bouffe” thai, c’est vraiment bon. J’aime pas mal la nourriture asiatique a la base alors ca aide beaucoup, mais je serais surpris d’entendre quelqu’un me dire qu’il n’aime vraiment pas aucun plat thai. Je dois avouer que les salades sont a eviter si on est sensible a tout ce qui est epice. En effet, les salades sont assez dur pour la gorge. Il y a une annonce qui passe souvent ici a propos d’un film thai. Dans ce film, il y a un gros occidental muscle qui, a chaque fois qu’il mange cette salade epice dont je vous parle, vire tout rouge et devient en quelque sorte, un hulk incontrolable qui detruit tout sur son passage. Sa potion magique, c’est la salade de papaye bien epice. Je peux en temoigner, c’est pas tant exagere ce film..
Maintenant, devinez quel a ete mon dernier plat en quittant Bangkok? mmmm… du bon PFK thailandais! Et oui, vous avez le droit de m’ecoeurer! Le pire c’est qu’a Quebec j’en ai peut-etre mange 3 ou 4 fois seulement… C’est definitivement moins gras le PFK thailandais en tout cas.
Je suis presentement en session de tournage dans la ville de Mae Sot. Mon reportage portera sur le “children development center” et l’education qu’ils offrent aux enfants de la region, dont la plupart sont des refugies birmans. Cette ecole est sous la direction de la clinique Mae Tao et est finance par CUSO. Au debut je voulais faire un reportage sur la clinique en tant que tel, mais on dirait que les responsables de la place preferent que je filme leur ecole. Ca ne me derange pas du tout car l’ecole contribue enormement en ce qui concerne l’acces gratuit a l’education primaire (objectif 2 du millenaire). Demain j’ai une entrevue avec Nisha, une Canadienne de Montreal qui s’occupe d’un programme d’immersion anglaise pour les refugies et les immigrants. Elle dit que c’est un programme de 2 ans de tres haut niveau qui fournit plusieurs competences qui permettent aux etudiants de trouver des emplois plus facilement. Apres un an d’etude, les etudiants prennent des stages avec differentes ONGs a Mae Sot et partout le long de la frontiere de la Birmanie.
Prenez tous soin de vous,
Timur
Une question de securite
Thilene
Samedi 24 mai 2008, 18h05
Actuellement au nord du Senegal dans un village situe a environ 40 km au nord de St-louis, ancienne capitale du pays, j’attends Alioune. Ce producteur de riz sera au coeur de mon 1e reportage sur les Objectifs du millenaire.
Ayant tourne des images cet apres-midi au soleil eclatant de midi, je suis debarque seul (dans ce village ou je ne connais personne et qui m’est totalement etranger) a 16h extenue et amorti par ce soleil puissant. Les cloches d’eau entourant mes chevilles et mes mollets s’eclatent au max.
Les sympathiques membres de la federation d’agriculteurs m’accueillent chaleureusement a l’image de la temperature exterieure. Ils me montrent la piece arriere du batiment. Les matelas au sol, destines principalement a la priere (5 fois par jour chez les musulmans les plus fervents), me sautent aux yeux. Le couloir commencant a tourner joyeusement, je dois m’allonger de tout mon long, d’autant plus qu’Alioune par telephone annonce etre en reunion. J’y serai dans 30 minutes, dit-il… Il etait alors 16h30, il en est 18h15 actuellement. Ah! Un instant…
18h18, il vient d’arriver.
Une question de securite
L’enjeu de la securite alimentaire se situe au coeur de la sante et de la vie d’un peuple. Encourage par les institutions monetaires internationales a se specialiser et a acheter, principalement, les produits agricoles des pays developpes (grandement subventionnes), un grand nombre de pays pauvres ont delaisse leur propre agriculture. Ils deviennent ainsi vulnerables aux fluctuations du marche international tout en perdant un nombre important d’emplois dont ils ont pourtant bien besoin.
La jeunesse et l’espoir
Avant de debarquer dans ce petit village rural de 1000 habitants, j’ai assiste a l’assise annuelle des etudiants en administration, economie et comptabilite des lyces et universites senegalaises.
Discussions articulees et profond desir d’ameliorer le sort de l’Afrique pauvre.
Dimanche 25 mai 2008, 13h40
Le tournage dans le champ de riz a Alioune s’est deroule ce matin. Alioune a entretenu son champ et l’a defendu contre les oiseaux. Eux-aussi ont besoin de se nourrir de cereales, peut-etre meme plus que nous, me dit-il. Il doit tout meme se contraindre a les effrayer, en criant et en tapant sur une chaudiere, afin de nourrir sa famille, les membres de son village et si possible a vendre les surplus sur le marche senegalais.
Une grande famille
Les 1000 habitants de Thilene sont tous lies par une filiation commune (freres, tantes, cousins, neveux). Ce qui est plutot rare pour une village de cette taille, me lance-t-il.
Au retour du champ, nous attend un delicieux repas (riz local avec sauce aux oignons et boeuf) que les femmes ont prepare soigneusement toute la matinee.
Travail physique dans les champs pour les hommes et la cuisine pour les femmes. La complementarite… Ensemble ils arrivent a nourrir et a subvenir aux besoins des 4 enfants vivant avec eux.
Dakar
Lundi, 26 mai, 22h35
Retour a la maison
Apres 5 jours passes en milieu rural, je reviens a Dakar avec le sentiment d’etre a la maison. La joie de retrouver son monde, son chez-soi et ses reperes.
Ce sejour a la campagne m’a aide a mieux comprendre la societe senegalaise. Par sa perennite, la vie en campagne contient l’essence meme d’une societe, les cles qui permettent d’acceder a ses racines.
Arrive a Dakar, recherche des prochains sujets. Un reportage par semaine, le rythme est effrene mais quelle aventure!!!
Senegal
David Tousignant